De parrallèles et de longitudes
L'élection bidon du petit Faure Eyadema est
peut-être une indication de ce qui attend le peuple congolais après la
première période de prolongation de la transition, alors que les
acteurs politiques congolais seront finalement finalement poussés vers le
verdict des urnes. L'entourage de la présidence s'inspirera sans doute des
belles manoeuvres de récupération présentement
déployées par le fils d'Éyadéma pour neutraliser
l'opposition politique togolaise. L'offre de constitution d'un gouvernement
d'union national constitue une manoeuvre tellement flagrante de politique du
ventre que personne ne devrait tomber dans le panneau. Et pourtant... si cela se
passait au Congo, Faure aurait déjà son gouvernement d'union
nationale, tellement la classe politique congolaise n'a qu'un seul et unique
objectif : assurer sa survie, assurer sa
réussite.
Dans ce contexte, il
n'est donc pas certain que les "planqués" des accords de Pretoria
(députés, sénateurs et membres de l'espace présidentiel),
voudront accélérer le rythme des travaux à faire avant la tenue
des élections historiques qui mettront fin officiellement à la
transition. Ces élections constituent en effet une menace en soit pour la
rente politique si généreusement consentie par la communauté
internationale à tout ce beau monde. Le boum de la construction des villas
de luxe qui a cours en ce moment à Kinshasa témoigne de manière
éloquente de "l'aide économique" de la communauté internationale
aux "élus" de la transition.
Mais
par delà ce qui est visible il y a des raisons autrement plus fondamentales
derrière la cupidité et le manque de vision à long terme de la
classe politique congolaise. Certaines de valeurs culturelles dominantes de la
classe politique congolaise sont issues des habitudes inculquées au cours
du long règne de Mobutu Sese Seko. Issu d'un peuple de la forêt, les
Nbangui qui minaient cette dernière, abandonnant leurs champs lorsque la
fertilité de ces derniers faiblissait. Mobutu a implanté le même
genre de réflexe dans l'ensemble de la classe politique congolaise. En RDC
l'État moderne a donc remplacé la forêt et la classe politique y
puise sa rente, comme les Nbangui collectait la rente du sol forestier en
épuisant ce dernier sans ce soucier du lendemain, tant les ressources de la
forêt leur semblaient inépuisables (et aujourd'hui de l'État dans
les yeux des politiciens congolais). Cette aveuglement face à
l'enrichissement facile à tout prix pourrait être risible s'il ne
laissait pas entrevoir un manque total de responsabiltié vis-à-vis de
l'ensemble de la population congolaise
Posted: Jeu. - Mai 26, 2005 at 02:39 PM