La dynamique de l'air du temps congolais : stratégies
mortifères à l'est
À lire les dépêches et surtout les
articles de la presse de Kinshasa, à consulter les sites webs des grandes
ONG comme Human Rights Watch, on finira par croire que la transition s'est
transformer du compromis bancale créé à l'arraché par les
médiateurs sud-africains et autres, en mécanisme sacré de salut
national. Pas un mot de critique ou alors à peine sur les affres qui ont
accompagné (à nouveau) le débat sur la citoyenneté. Pas une
critique sur la gestion catastrophique du pays...
19 octobre
2004
À lire les dépêches
et surtout les articles de la presse de Kinshasa, à consulter les sites
webs des grandes ONG comme Human Rights Watch, on finira par croire que la
transition s'est transformer du compromis bancale créé à
l'arraché par les médiateurs sud-africains et autres, en
mécanisme sacré de salut national. Pas un mot de critique ou alors
à peine sur les affres qui ont accompagné (à nouveau) le
débat sur la citoyenneté. Pas une critique sur la gestion
catastrophique du pays, comme si le non-paiement des salaires constituait la
normalité, comme si la poursuite du pillage et du détournement des
ressources faisait partie de l'air du temps. Pire les victimes du massacre
génocidaire de Gatumba ont été passé par pertes et profits
grâce à la paranoïa distillée pendant des années autour
du fantômatique complot Hima-Tutsi qui n'en finit plus de renaître de
ses cendres sous d'autres noms et d'autres formes; la dernière en date
étant la publication par une nouvelle organisation de la société
civile de Bukavu, PEACE FOR AFRICA NOW (PFAN) qui est agitée dans les
médias congolais comme preuve en béton que ces événements
cache, encore une fois, la main du mal tutsi. Or la réalité est un peu
différente..
À force de
croire à la fiction des élections à venir (moins de huit mois
à courrir?) et à la fiction tout court du complot Hema-Tutsi, on en
arrive à une volonté d'aveuglement volontaire. Il faut dire que
l'exemple vient de haut et que la marche forcée imposée par les
Américains aux élections en Afghanistan et en Irak, sans compter
l'appui indéfectible de la France au démocratures africaines de son
ancien pré-carré, conçues dans l'exclusive logique d'une
légitimisation artificielle de régimes sans bases démocratiques
réelles, constitue une voie royale pour la réalisation d'exercices
semblables dans d'autres endroits catastrophés comme la RDC.
On peut donc se demander, dans cette
dynamique tant congolaise qu'internationale, à qui profite la
déstabilisation de l’est
Congo?
Depuis septembre 1996, la RDC
est en proie aux conflits armés caractérisés par deux dimensions
: interne et régionale. Depuis au moins quatre ans, l'Obsac n'a pas
cessé de marteler ce message. Pourtant, la communauté internationale
est demeurée complètement aveugle à cette réalité
stratégique et s'est obstinée à imposer des schèmes
largement inspirée de ceux qui ont présidé à la fin du
système d'apartheid en Afrique du Sud où pourtant la donne
stratégique était tout autre et où la classe politique avait
à coeur l'avenir du pays. Le Congo n'est pas l'Afrique du Sud et en tout
état de cause on y chercherait un Mandela ou un De Klerk qu'on n'en
trouverait pas.
La première
dimension stratégique est donc celle liée à la question de
sécurité physique (menace d’expulsion et d’extermination
depuis 1995) et légale (remise en cause perpétuelle de la
nationalité congolaise depuis 1981) pour les minorités ethniques de
l'est de la RDC (Banyamulenge, du Sud-Kivu, et Banyarwanda, du Nord-Kivu). La
deuxième dimension stratégique quant à elle est celle qui a trait
à la présence (voulue et entretenue par Kinshasa) sur le territoire
congolais des groupes armés rwandais responsables du génocide de
1994.
Les institutions (boîteuses)
de la transition mises en place depuis le mois de juillet 2003 n’ont
apporté et ne pourront pas apporter une quelconque réponse à ces
deux principales causes stratégiques de la crise congolaise qui ont
débouché sur deux conflits régionaux depuis 1996. Il est
important de rappeler ici que les institutions de la transition sont issues de
l’Accord global et inclusif signé le 17 décembre 2002 à
Pretoria par les différents acteurs du paysage politique congolais, sous
forte pression de la communauté internationale représentée à
l’époque par les médiateurs onusiens et sud-africains. Cet
accord ne résulte donc pas d’une réelle volonté politique
de la part des ex-belligérants congolais pour mettre fin de manière
pacifique à l’actuel conflit armé, mais fut un accord
imposé à leur corp
défendant.
C'est dans ce contexte
qu’il faut compredre que l’administration parallèle mise en
place par le PPRD du président Joseph Kabila depuis la formation du
gouvernement de la transition est en train de déstabiliser l’est du
Congo, rendant surtout la province du Sud-Kivu
ingouvernable.
Le Kivu en
ébullition
Bien avant même la
formation de l’actuel gouvernement de la transition, le président
Joseph Kabila a pris soin de placer les secteurs clés de l’armée
et des services de renseignement sous le contrôle de la Maison militaire du
chef de l’Etat, qui est un service de la présidence de la
République qui bénéficie d'un financement généreux
grâce aux réseaux de pillage des resssources naturelles du pays qui
furent consolidés et approfondis par tous les belligérants au cours de
la deuxième guerre congolaise de 1998-2002. Aussi, en débarquant
à Kinshasa, le RCD, sensé gérer ces deux secteurs, n’a
trouvé que des ministères de la Défense et de la
Sécurité dépouillés de leurs fonctions essentielles (ou
stratégiques).
Jusqu’à
ce jour le contrôle de ces deux ministères échappe
complètement à l’ex-rébellion du RCD qui devait en assurer
le fonctionnement dans le cadre de l’accord global et inclusif. En termes
clairs, c’est une administration parallèle qui gère
l’armée et les services de sécurité, et c’est elle
qui conçoit et exécute le plan de guerre secrète mis en place
(déploiement d’environ 40 000 militaires, dont une grande partie
serait composée de groupes armés rwandais) dans l’Est du Congo,
afin de reconquérir militairement et politiquement cette partie du pays
(par l'entremise de la production directe et indirecte d'une propagande
anti-tutsi à outrance), autrefois sous le contrôle du mouvement
rebelle du RCD.
De toute évidence
cette double stratégie politique et militaire qui fut initialement
conçue comme parade au pat militaire face aux forces rwandaises bien
campé dans l'est du pays a porté fruit. Elle a permis à la fois
de ralier dans un élan de nationalisme la population congolaise durement
éprouvée par l'effondrement économique consécutif aux deux
guerres congolaise et, grâce à l'allié français, a permis
des avancés dans le processus de négociations qui a débouché
sur l'accord global et inclusif de 2002. C'est à partir de ce nouveau
terrain que les hommes du PPRD on jugé possible la poursuite de cette
stratégie pour mener une campagne dirigée cette fois contre ceux qui,
hier alliés de Kigali, doivent aujourd'hui être vaincu, comme on a
estimé avoir vaincu les
Rwandais...
Cependant, avec cette
nouvelle donne, le pays se retrouve à nouveau plongé dans une
situation politique semblable à celle qui prévalait entre 1994 et 1996
: sécurité compromise pour les minorités ethniques dans les deux
provinces du Sud et du Nord-Kivu, présence massive des forces
génocidaires rwandaises non loin des frontières de leur pays (Rwanda),
sans oublier la présence du FNL burundais. En d'autres termes on se
retrouve à la case départ des causes stratégique de la guerre de
l'AFDL en 1996. Comme on peut le craindre, cela risque de provoquer une nouvelle
conflagration régionale dont les victimes seront encore principalement les
populations locales, et non les politiciens manipulateurs de
Kinshasa.
L’implication des
forces congolaises dans le génocide de
Gatumba
Pour comprendre le danger de la
dynamique interne généré par cette volonté de poursuivre la
double stratégie du combat politique et militaire il faut retourner à
la nuit du 13 au 14 août 2004 dernier où le camp de réfugié
congolais qui abritait des banyamulenge et des membres d'autres communauté
du Sud-Kivu à Gatumba, au Burundi, est sauvagement attaqué par une
coalition d’assaillants venus de la RDC (forces congolaises, Interahamwe
et FNL) : 164 personnes sont tuées et plus 100 autres sont
blessées.
Selon les informations
détaillées et précises fournies par M. Minani, un combattant du
FNL arrêté à Bujumbura après sa participation à
l’attaque du camp de Gatumba et d’un officier congolais de haut rang
arrêté aussi à Bujumbura à la mi-septembre 2004, le plan de
l’attaque du camp des réfugiés Banyamulenge de Gatumba a
été conçu et exécuté par les hautes instances de
l’administration parallèle qui gère toutes les forces
basées dans le Sud-Kivu. Au cours de leur interrogatoire respectif, les
deux détenus ont donné la composition des assaillants lors de
l’attaque : le gros des effectifs était formé par des
éléments congolais suivis en importance numérique par les
Interahamwe, le FNL ne venant qu’en troisième
position.
Le principal but visé
par cette attaque était d’empêcher (ou de décourager) le
retour des réfugiés banyamulenge au Congo. Les manifestations
hostiles, organisées à Uvira par les autorités
politico-administratives et militaires nationale, provinciales et locales,
envers les rapatriés banyamulenge sont encore une preuve probable de
l’implication des forces congolaises dans les événements
sanglants de Gatumba. Il faut reconnaître que, dans le présent
contexte, le retour d’une partie des réfugiés banyamulenge qui
étaient basés au Burundi, représente un échec politique pour
Kabila et ses alliés extrémistes de l’est du Congo. Pour le
moment, les leaders banyamulenge ayant aidé et encadré ce retour sont
devenus personna non gratta à Uvira, surtout que certains d’entre eux
sont signataires du document « Réactions des Banyamulenge face au
rapport de Human Rights Watch sur le génocide de Gatumba »
publiés dans les pages web de l'Obsac le 19 septembre 2004. Pour rappel, ce
document a étalé sur la place publique des informations (de sources
fiables) impliquant directement les autorités militaires provinciales et
locales dans l’attaque du camp de Gatumba et dénonçant une
certaine complaisance de l'ONG américaine HRW vis-à-vis du
gouvernement de Kinshasa.
Le Sud-Kivu
ingérable
Depuis le mois de juin
dernier, le RCD a été évincé complètement du paysage
politique et militaire du Sud-Kivu. Mais à l’allure où vont les
choses le parti présidentiel (PPRD) est aussi en train d’y perdre le
contrôle. D’ailleurs ce parti ne s’est jamais politiquement
implanté dans cette province, c’est plutôt la haine ethnique qui
lui sert de base dubitative dans l’est du
Congo.
Au niveau du gouvernorat, les postes
sont réparties entre l’opposition politique (gouverneur titulaire),
la société civile (vice-gouverneur chargé de
l’administration) et le RCD (vice-gouverneur chargé des finances).
Quant au commandement de la 10ème région militaire, la
répartition est la suivante : commandant (PPRD), commandant-adjoint (RCD),
le MLC occupant le troisième rang dans la hiérarchie militaire
régionale.
Sur papier, la gestion
administrative et militaire de cette province devait être faite par les
différentes autorités énumérées ci-dessus, mais la
réalité semble tout autre sur le terrain. A vrai dire, la
présence massive des troupes issues de plusieurs groupes armés rend
quasiment impossible le contrôle administratif et militaire du Sud-Kivu. A
titre d’exemple, la partie sud du Sud-Kivu (notamment les territoires de
Fizi, de Minembwe et une partie d’Uvira) échappe complètement au
contrôle du gouvernorat. Et, au plan militaire, le commandant (proche de
Joseph Kabila) de la 10ème région n’a plus aucun contrôle
effectif sur les différentes milices Mai-Mai des communautés bashi,
bafulero et babembe.
A Uvira, le
commandant de cette ville, le lieutenant-colonel Mutupeke (très proche de
Kabila), qui est Mubembe, est en conflit ouvert avec le chef Mai-Mai Mufulero,
le colonel Nakabaka. Lors des opérations de rapatriement des
réfugiés banyamulenge, ces deux officiers, qui étaient au
départ opposés à ce mouvement de retour, n’ont cessé
de se disputer le premier rôle en ce qui concerne la couverture
sécuritaire qui devait être
assurée.
Mais au-dela des
problèmes déjà mentionnés, il faut aussi ajouter celui de
l’insubordination dirigés contre les différentes
délégations gouvernementales qui viennent en mission au Sud-Kivu de la
part des autorités administratives et militaires provinciales et locales
qui sont censés assurer la mise en oeuvre de la stratégie politique et
militaire des structures parallèles du pouvoir. Le cas le plus récent
est celui de la délégation gouvernementale conduite par le
vice-ministre de l’Intérieur, Paul Musafiri, venue spécialement
de Kinshasa pour faciliter le retour du deuxième groupe de quelques 1 600
réfugiés congolais qui étaient bloqués depuis cinq jours
dans la zone tampon entre le Burundi et le Congo (NDLR Obsac : il faut dire que
la présence d'observateurs de la MONUC et de casques bleus uruguayens
signifiaient qu'il était politiquement difficile de prolonger le blocage
à la frontière de ce deuxième
groupe).
Après avoir
rencontré les autorités burundaises, et visité les
réfugiés dans la zone tampon, cette délégation se rend
à Kavimvira afin de préparer l’accueil des réfugiés.
Dès la frontière, les militaires congolais qui y sont
déployés demandent à la délégation de ne pas avancer et
d’attendre les instructions du commandant de la ville, un
lieutenant-colonel des FARDC. Mais le vice-ministre Musafiri, originaire du
Sud-Kivu et qui se décrit souvent comme un ancien étudiant agitateur,
s’y oppose et ordonne à toute sa délégation de foncer vers
le camp militaire uruguayen (MONUC) où une réunion devait se tenir
afin d’arrêter les modalités pratiques d’accueil des
réfugiés. Après débat, et compte tenu de
l’insécurité, tout le monde (MONUC et délégation
gouvernementale) décide d’accueillir les rapatriés dans un site
proche de la frontière
congolaise.
Après la visite de ce
site et au moment où les techniciens chinois de la MONUC allaient commencer
les travaux, le gouverneur Bulaima, le lieutenant-colonel Mutupeke et
l’administrateur du territoire d’Uvira se détachent de la
délégation gouvernementale et se mettent à suggérer à
la population de s’opposer à l’installation des rapatriés
sur ce site. En moins d’une heure, des barricades sont érigées
sur la route vers Bujumbura et ce, en présence des éléments de la
police congolaise et de l’armée sans aucune réaction de leur
part. Avec cette tournure malheureuse des événements, la MONUC
décide de ramener la délégation gouvernementale et
l’équipe des humanitaires venue de Kinshasa dans son quartier
administratif de Kavimvira, et les deux groupes y resteront bloqués pendant
plus de 48 heures. Pendant ce temps, le gouverneur, Bulaima, et son adjoint,
Kaningi, abandonnent leur chef hiérarchique, le vice-ministre de
l’Intérieur, dans l’enclos de la MONUC sans lui dire un mot
pendant 12 heures.
Bref, cette
épisode montre à quel point l’absence de l’autorité
de l’Etat pose un sérieux problème dans la province du Sud-Kivu.
Même Kabila qui croyait l’avoir récupéré politiquement
et militairement ne contrôle pas la province. Pour preuve
supplémentaire, il n’a pas osé s’y rendre après sa
visite triomphale de la semaine dernière à Kisangan (NDLR Obsac :
soulignons tout de même que la GSSP avait désarmé tous les
militaires et officiers jugés trop proche du RCD et cantonné ces
derniers à l'extérieur de la ville. Le RCD a donc protesté et
exige maintenant une réunion d'urgence portant sur le processus
d'intégration des troupes issus des différentes composantes). Il y a
donc urgence pour un profond changement à la tête de cette province et
au niveau local, sinon cette dernière restera toujours
ingouvernable.
Le Nord-Kivu dans le
mire de Kabila
Au Nord-Kivu, la situation
demeure aussi confuse, surtout après la reconquête de Kalehe et Minova
par les troupes de la 10ème région militaire, avec comme
conséquence immédiate la fuite de la population rwandophone habitant
ces zones. Il y a eu une contre-offensive au terme de laquelle les hommes du
général dissident Nkunda ont récupéré quelques
localités, notamment celle de Minova, mais cela n’assure pas le
retour des déplacés internes (notamment les Rwandophones).
L’administration parallèle de Kinshasa envisage toujours de
reconquérir militairement et politiquement le Nord-Kivu, comme elle l'a
déjà fait avec le Sud-Kivu. Ce qui, en réalité, revient
à dire que les affrontements militaires entre les forces loyales au
président Kabila et les hommes du général dissident Laurent
Nkunda demeurent toujours possibles.
De
plus, il existe, au Nord-Kivu, une nouvelle stratégie montée par
Kinshasa pour diviser les Hutu et les Tutsi. Les Hutu qualifiés
d’extrémistes (entre autres le sénateur Nyabirungu et le
député Sekimonyo) qui sont membres du PPRD auraient été mis
à contribution afin de convaincre leurs frères de se
désolidariser avec les Tutsi. De même, le dernier séjour (en
mission officielle) à Goma du général Sylvain Buki a suscité
beaucoup d’interrogations au sein de la communauté Tutsi. En termes
clairs, il a été carrément accusé d’être aussi
venu semer la division entre Hutu et
Tutsi.
Par ailleurs, le clivage entre
le Nord et Sud-Kivu ne fait que s’aggraver et ce à deux niveaux
:
Entre les Banyarwanda et les Bashi,
notamment les membres de ce groupe ethnique qui habitent Goma
;
Entre les Banyarwanda et les Banyamulenge.
Cet antagonisme remonte à l’époque de l’AFDL et
s’est accentué durant le règne du RCD : les Banyarwanda ont
toujours accuser les Banyamulenge d’occuper tous les postes importants
réservés à la communauté tutsi, alors que la capitale de ces
deux mouvements rebelles a été toujours basée dans leur fief de
Goma au Nord-Kivu.
Avec la mise en
place des institutions de la transition, les Banyamulenge accepteront de se
rendre à Kinshasa et d’occuper leurs postes, ce qui n’est pas
nécessairement le cas avec les parlementaires banyarwanda. Ces derniers
vont jusqu’à accuser les Banyamulenge d’avoir composé avec
Joseph Kabila et ses alliés extrémistes de l’est du Congo. En
réponse, les Banyamulenge, en dépit de leurs profondes divisions
internes, estiment qu’ils ont toujours une position très claire dans
les affaires congolaises, contrairement aux Banyarwanda qui se regardent
d’abord dans le miroir rwandais avant d’exprimer un quelconque point
de vue sur un sujet.
En
conclusion
La forte concentration dans
l’Est du pays de troupes loyales au président Kabila, avec, comme
facteur aggravant, une importante présence d’Interahamwe, ex-FAR et
FNL, pose un double problème : d'une part ils sont une source
d'insécurité pour les minorités ethniques et, d'autre part, ces
forces constituent un acte de menace (ou de provocation) pour les pays voisins
(Burundi et Rwanda).
Plus
concrètement, on se retrouve dans une situation similaire à celle
ayant conduit au déclenchement de la première guerre en septembre
1996, avec tous les risques d'une nouvelle conflagration régionale que cela
implique.
D’autre part, cette
présence massive de forces issues de différents groupes armés et
ne répondant pas à une hiérarchie commune (ou unique) rend de
plus en plus ingérable (ou ingouvernable) la province du Sud-Kivu. Le PPRD,
qui croyait avoir ainsi récupéré politiquement et militairement
l’est du pays des mains de son rival RDC, est maintenant en train de
perdre le contrôle sur la dynamique qu’il a enclenché.
Dans ce jeu de politiciens en mal de
positionnement, le grand perdant demeurent toujours la population locale et
l'unité nationale du Congo-Kinshasa. En termes clairs, la double
stratégie de déstabilisation du Kivu ne profite à personne, elle
compromet plutôt la paix au Congo et dans la région des Grands
Lacs.
La rédaction
Posted: Mar. - Octobre 19, 2004 at 07:40 AM