Onana rides againJe n'ai pas encore tous les
détails, mais il semblerait que Charles Onana a frappé encore une
fois, cette fois-ci comme éditeur. Sans doute fera-t-il mieux avec la
publication du livre de Booh Booh,
Le patron de Dallaire
parle et, en
sous-titre,
Révélations sur les dérives d'un général de l'ONU au
Rwanda
qu'il n'avait réussit avec
son propre ouvrage bidon sur Kagame. Nous y reviendrons. en attendant, il
suffira de lire ce que Jacques Castonguay avait à dire dans la page "libre
opinion" du journal Le
Devoir...
Je n'ai pas encore tous les détails, mais
il semblerait que Charles Onana a frappé encore une fois, cette fois-ci
comme éditeur. On se souviendra en effet que M. Onana avait publié un
ouvrage sulfureux qui accusait l'actuel président du Rwanda, Paul Kagame,
d'être le responsable de l'attentat contre l'avion de la présidence
rwandaise. Le problème avec cet ouvrage, comme nous l'avions souligné
à l'époque, tenait avant tout à son manque d'originalité
(c'est peu dire) et sa malhonnêteté : de larges pans consistants en
des copies-collés trouvés ici et là sur l'internet. Onana avait
entre, dans une section de son livre consacré aux Banyamulenge,
carrément copié un texte de mon collègue Étienne Rusamira.
Sans doute fera-t-il mieux cette fois avec la publication du livre de Booh Booh,
Le patron de Dallaire
parle et, en sous-titre,
Révélations sur les
dérives d'un général de l'ONU au
Rwanda. Nous y reviendrons.
En attendant, il suffira de lire ce que Jacques Castonguay avait à dire dans la page "libre opinion" du journal Le Devoir : Libre opinion: Le
rôle joué par le patron du général Dallaire au
Rwanda
Jacques Castonguay
Ancien recteur au Collège militaire
royal de Saint-Jean et auteur du rapport officiel de la participation des Forces
canadiennes aux missions de l'ONU au Rwanda et des ouvrages Rwanda (Art Global,
Montréal, 2005) et Les Casques bleus au Rwanda (L'Harmattan, Paris,
1998)
Le Devoir Édition du jeudi 7 avril
2005
Je viens de prendre connaissance de la nouvelle de la
publication du livre intitulé Le patron de Dallaire parle et, en
sous-titre, Révélations sur les dérives d'un général de
l'ONU au Rwanda. Ayant moi-même séjourné au Rwanda pour
écrire le rapport officiel de la participation des Canadiens à la
Mission des Nations unies au Rwanda et, dernièrement, un volume simplement
intitulé Rwanda, j'ai fréquemment entendu parler de M. Booh
Booh.
Ce n'est pas mon intention de faire des
révélations à son sujet. J'aimerais néanmoins faire quelques
observations sur cet étrange diplomate qui fut ministre des Affaires
étrangères du Cameroun avant de passer au service de l'ONU.
Les Nations unies n'avaient pas la réputation de
réagir rapidement et de façon ordonnée aux demandes qui leur
étaient faites en 1994. Lorsque les parties impliquées dans la crise
rwandaise demandèrent l'intervention de l'ONU au Rwanda, le Conseil de
sécurité, à la demande du secrétaire général,
nomma dès le 30 juin 1993 le général Dallaire chef des
observateurs militaires de la mission envoyée à la frontière
Rwanda-Ouganda.
Plus tard, soit le 5 octobre, lorsque l'ONU approuva
cette fois-là l'envoi d'une mission de maintien de la paix au Rwanda
même, elle nomma de nouveau le général Dallaire responsable de la
force de cette nouvelle mission. À la demande du secrétaire
général, l'ONU convint cependant d'envoyer aussi cette fois-là un
chef de mission dans ce pays. Or ce chef, Jeacques Roger Booh Booh, n'arriva au
Rwanda qu'au mois de novembre 1993.
Le général Dallaire y était depuis le
mois d'octobre et n'avait pas attendu que la situation se désagrège
davantage avant d'agir. À toutes fins utiles, il agissait en chef de
mission, ce qui ne manqua pas de créer par la suite des tensions et des
frustrations que reconnut plus tard l'ONU lorsqu'elle entreprit l'étude des
leçons qu'elle pouvait tirer de cette opération au Rwanda. On ne
saurait vraisemblablement pas lire le livre de M. Booh Booh sans prendre ce fait
en compte.
Efficace ?
Comment M. Booh Booh a-t-il assumé ses
responsabilités de représentant spécial du secrétaire
général de l'ONU ? Les témoins que j'ai interrogés sur
le terrain ne gardaient certainement pas un bon souvenir de lui. Pour le premier
ministre Faustin Twagiramungu, un Hutu modéré que j'ai longuement
interviewé, il est certain que le général Dallaire aurait pu
faire beaucoup plus que ce qu'il a fait si M. Booh Booh n'avait pas
été là. À ses yeux, ce haut fonctionnaire était
inefficace.
Au bureau du général Paul Kagamé, un
Tutsi aujourd'hui président du Rwanda, j'ai rencontré le colonel
Andrew Rwigama, un personnage influent du régime, qui a tenu des propos
semblables à ceux du premier ministre. On raconte que le représentant
spécial du secrétaire général était un personnage
discret, voire inquiet, qui se tenait le plus loin possible du danger. Il quitta
finalement le Rwanda pour Nairobi, au Kenya, dès le 1er juillet 1994, avant
même la fin de la guerre. Le général Dallaire demeura quant
à lui à la barre jusqu'au milieu du mois d'août et, cette fois,
sous la direction d'un diplomate de carrière pakistanais, Shahryar Khan. Ce
dernier ne tarissait pas d'éloges à l'endroit du général
Dallaire.
Au mois de décembre 1996, quand le temps arriva
à l'ONU de déterminer les leçons à apprendre de sa mission
au Rwanda, M. Booh Booh était absent. On disait qu'il avait été
démis de ses fonctions au Rwanda. Mais Shahryar Khan et le
général Dallaire y étaient. De même que l'auteur des
observations qui précèdent.
Posted: Ven. - Avril 8, 2005 at 06:11 PM |
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