Le virus de Marburg déroute les scientifiquesLa présente
épidémie du virus de Marburg en Angola soulève des questions
difficiles concernant ce pathogène énigmatique et ses origines. En
date du 5 avril les autorités sanitaires ont rapporté 181 cas de
fièvre hémorragique du virus de Marburg, dont 156 décès. La
présente épidémie de ce virus rare, mais mortel, est la pire
à être survenue. Autre fait inusité les trois-quart (75%) des
personnes infectées ont été des enfants de moins de cinq ans :
une tendance qui ne s'est jamais avérée au cours des
épidémies
précédente.
Voir aussi : La peur rôde dans les rues de Uige (AFP 9 avril 2005) qui en passant est un plagiat éhonté d'un article du quotidien Sud-Africain Mail And Guardian. Jugez vous mêmes : Fear stalks virus-hit Angolan town . Published online by Nature : 7 April 2005 ; |
doi:10.1038/news050404-12
Traduction adaptation d'un article parue le 7 avril dans la revue scientifique Nature
Le virus de Marburg déroute
les scientifiques
Le taux de mortalité anormalement élevé souligne le caractère énigmatique du virus mortel La présente épidémie du virus de Marburg en Angola soulève des questions difficiles concernant ce pathogène énigmatique et ses origines. En date du 5 avril les autorités sanitaires ont rapporté 181 cas de fièvre hémorragique du virus de Marburg, dont 156 décès. La présente épidémie de ce virus rare mais mortel qui cause de fortes fièvres et un effondrement du système circulatoire, est la pire à être survenue. La principale préoccupation des professionnels de la santé est le traitement symptomatique des personnes infectées et l'endiguement de la propagation. L'Organisation Mondiale de la Santé et d'autres groupes de spécialistes médicaux ont mis sur pied cinq équipes de surveillances mobiles dans la province de Uige, là où l'épidémie s'est déclarée, afin d'identifier de manière hâtive les nouveaux cas. Selon le porte-parole de l'OMS Dick Thompson qui est présent sur le terrain en Angola, « Tout le monde se concentre sur les cas qu'ils ont devant eux ». Les chercheurs qui s'intéressent à la maladie se concentrent sur des caractéristiques inhabituelles qui démarquent cette dernière épidémie. D'une part, le taux de mortalité de la maladie de Marburg, une fois qu'une personne est infectée, s'élève à plus de 85%, ce qui est supérieur aux épidémies précédentes. Au cours de la première épidémie connue qui avait été causé par des singes infectés importés d'Ouganda en sol européen, seulement 23% des personnes infectées étaient décédées. Un ennemi plus mortel Le taux élevé de mortalités est similaire à la seule autre épidémie importante qui avait éclatée en République Démocratique du Congo entre 1998 et 2000. Selon les analyses effectuées par Daniel Bausch et ses collègues de la Tulane School of Public Health and Tropical Medicine de la Nouvelle-Orléans, plus de 80% des patients infectés lors de cette dernière épidémie étaient décédés. Les raisons derrières ces variations du taux de mortalité d'une épidémie à l'autre ne sont pas claires. Certains scientifiques pensent que les différentes épidémies impliquent des lignées plus ou moins virulentes du virus de Marburg. le virus de l'Ébola, cousin du virus de Marburg, par exemple, est reconnu pour ses taux de mortalité fluctuants d'une épidémie à l'autre. Il est égalemeent possible, selon le Dr Bausch, que les patients infectés lors des différentes épidémies ont reçu des doses plus ou moins importantes du virus. Les patients ont peut-être aussi été infectés par des voies différentes, ou alors ceux qui ont été infectés en Afrique n'ont pas eu accès à des soins médicaux adéquats ou étaient déjà dans un état de santé précaire. Un autre casse-tête soulevé par l'épidémie en cours en Angola concerne le fait que les trois-quart (75%) des personnes infectées ont été des enfants de moins de cinq ans : une tendance qui ne s'est jamais avérée au cours des épidémies précédente. Ceci laisserait entendre qu'il y a effectivement une possibilité que l'épidémie angolaise soit causé par une lignée virale légèrement différente. Mais les experts accordent la faveur à une autre explication : que les enfants ont quelque chose en commun qui favorise leur infection par le virus. Ils auraient pu, par exemple être vaccinés avec des seringues réutilisées à de multiples reprises qui étaient contaminées par le virus. Chauves-souris coupables? La situation en Angola pourrait jeter un éclairage nouveau sur une des questions les plus déroutantes concernant les virus de Marburg et de l'Ébola : c'est-à-dire, où se cachent donc ces virus. Parce que le virus de Marburg ne s'est manifesté qu'en de rare occasion depuis sa découverte, les chercheurs ont eu peu d'occasions de l'étudier sur le terrain. Dans leur étude de l'épidémie congolaise (1998 - 2000), Bausch et son équipe ont retracé presque tous les cas d'infection à des personnes qui avaient pénétrées dans une mine d'or. Les chercheurs ont émis l'hypothèse que ces personnes ont contracté le virus d'animaux troglodytes, comme des chauves-souris qui serviraient d'animal réservoir à la maladie. Au cours de la présente épidémie, Bausch émet l'hypothèse que les enfants seraient peut-être également en contact avec des chauves-souris. Les enfants pourraient travailler ou jouer dans des grottes ou grimper dans des arbres fruitiers ou dorment des chauves-souris. Il ne sera possible de répondre à de telles questions qu'une fois la situation ramenée sous contrôle et que les enquêteurs des services de santé publique pourront commencer à remonter jusqu'à la source du virus. Les chercheurs seront alors capables d'effectuer le séquençage génétique du virus des personnes infectées, afin de déterminer si tous les cas remontent à un seul patient infecté. Ce genre d'enquête médicale devra cependant attendre, selon Bob Swanepoel du National Institute for Communicable Diseases de Sandringham en Afrique du Sud que la menace à la santé publique ait été neutralisée. Traduction de l'original d'un l'article de la revue Nature par Pierre Bigras Posted: Sam. - Avril 9, 2005 at 08:11 AM |
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