Volume 9, mai 2006

COMMUNIQUÉ
Front de la Solidarité et du Progrès (FSP)
La situation sociopolitique actuelle au Sud-Kivu à l’aube des élections en RDC
Mis en ligne :
20 mai 2006

1. Introduction

La situation sociopolitique et sécuritaire de l’Est de la République Démocratique du Congo en général et du Sud-Kivu en particulier est très préoccupante. Elle exige des solutions rapides et immédiates. Point n’est besoin de démontrer que, depuis l’avènement des régimes dits de libération, rien n’a changé dans les sens souhaités par les communautés locales. Au contraire, la situation s’est empirée non seulement dans cette partie du pays, mais aussi sur toute l’étendue de la République.

Le Pouvoir central actuel (comme les précédents), est incapable d’assurer la sécurité, de garantir la paix et par conséquent d’instaurer un système cohérent de développement susceptible de donner l’espoir à la population.

En effet, ce pouvoir est non seulement incapable de payer les militaires et les fonctionnaires, mais il s’évertue de façon notoire à protéger « les forces négatives » génocidaires qui se sont érigées en maîtres sur notre territoire, tuent impunément la population et menacent les pays voisins. Cette protection a comme conséquence, la non-intégration de l’armée dans cette partie du pays, dont le corollaire est la marginalisation tous azimuts des éléments ressortissant du Sud-Kivu, c’est à dire de la composante des militaires de la communauté Banyamulenge et des éléments maï-maï. En aucun point le pouvoir de Kinshasa tient compte de leurs revendications.

Il importe de signaler à ce sujet que, la région a particulièrement connu des évènements malheureux sans commune mesure à d’autres régions du pays, étant donné que toutes les guerres commencent dans le Sud-Kivu. Nous allons démontrer dans les pages qui suivent, comment depuis l’indépendance du Congo jusqu’à la dernière guerre de 1996 jusqu’à ce jour, toutes les rébellions ont élu domicile dans le Kivu. Ceci aux dépens de la volonté de la population locale, mais à l’instigation et la bénédiction du pouvoir central.

De façon générale, disons que les maux congolais sont profonds et exigent de grands remèdes. L’absence de l’autorité de l’État et d’un système formel dans tous les secteurs de la vie du citoyen congolais, ont été érigé dans le pays en circuits informels de corruption sous toutes ses formes, depuis le sommet de l’État jusqu’à la base. La concussion, la contrebande et les circuits informels sont désormais le lot quotidien du citoyen.

Dans ce manuscrit, nous décrivons brièvement l’historique de la situation politique de la région du Sud-Kivu. Ensuite, nous parlerons de la situation sécuritaire actuelle comprenant la problématique des réfugiés, les massacres et génocides perpétrés contre les Tutsis. Enfin, nous évoquerons le dossier du territoire de Minembwe ainsi que les doléances de la communauté Banyamulenge.

2. Historique et évolution politique au Sud-Kivu
Cet historique sera axé sur les événements malheureux qui ont frappé cette région. Ils seront présentés ici sous-forme d’un chronogramme depuis l’indépendance jusqu’à ce jour.

1960 : Année dite de l’indépendance.
Il importe de signaler que pas mal de politologues et d'historiens qualifient cette indépendance de parodie, car rien n’a vraiment changé dans le sens positif. Au contraire, même le peu de tissu économique que les colonisateurs ont laissé, s’est érodé. Du point de vue politique, on parle toujours de l’immaturité politique du Congolais, d’une absence criante, depuis la mort de Lumumba, d’un leadership patriote. Preuve que cette indépendance, a été mal préparée.

1960 à 1965
Période de turbulences politiques, les rebellions naissent et commencent sans objectifs, sans projet de société, avec des leaders politiques mal identifiés. Depuis lors le sud – Kivu est devenu le havre et le sanctuaire des guerres interethniques orchestrées par les leaders au pouvoir à Kinshasa et appuyées par certains politiciens véreux locaux. Le maquis de Hewa-bora de Kabila a vu le jour pendant cette période.

1963 – 1967
La guerre de Mulele (originaire du Bandundu) éclata dans le Bandundu, mais viendra s’installer dans le Sud-Kivu plus précisément à Fizi. Laurent Désiré Kabila (originaire du Katanga) fut le seigneur de la guerre du conflit muleliste.

1965
Mobutu prend le pouvoir, dirige le pays pendant 30 ans. Il s’identifie lui-même à l’État. Sous son règne, la dictature exerce une répression particulièrement féroce envers les ressortissants du Kivu (Sud – Kivu). La région du Sud-Kivu fut décrétée pendant à peu près deux décennies, zone rouge ou une zone opérationnelle.

1980
Année de l’objectif quatre-vingts où la population devait atteindre le sommet du développement socio-économique. Concrètement, l’objectif se révéla un fiasco, un slogan vide de sens, car au lieu d'une amélioration de la situation socio-économique, cette denrière n’a fait que se détériorer plus avant. Deux ans après, naquit l’Union pour le Développement et le Progrès Social [UDPS].

1990
Après le vent de la perestroïka, une Conférence Nationale Souveraine (CNS) a été organisée. Cependant, l’espoir de la population n’a pas tardé à être galvaudé, car les résultats furent chaotiques. Les désordres et l’exclusion, s’érigeant en systèmes à cause de la crise d’autorité de l’état. Malheureusement encore une fois, les souhaits et les espoirs de la population se volatilisant.

1993
Bien avant les pogromes rwandais, la communauté Tutsi notamment celle du Kivu fut expulsée, maltraitée et tuée au Congo sur ordre du gouvernement de Kinshasa.

1994
La guerre du Rwanda après la chute du pouvoir de Habyarimana, une partie de la population rwandaise s’est déversée dans le Kivu (Sud et Nord) avec armes et baggages. Cette population reprend la haine et l’idéologie du génocide, et pratique des tueries ciblées à l’Est du Congo. Une partie n'a jamais été expatriée et constitue actuellement un grand problème pour la population de l’est du Congo plus particulièrement, mais aussi pour son voisin le Rwanda. D’ailleurs, la communauté internationale reconnaît qu’elle constitue un grand problème pour la paix dans toute la région des grands lacs.

1996
Début de la rébellion d’AFDL à Lemera, au Sud-Kivu avec, à la tête du mouvement, Laurent Désiré Kabila. Ce mouvement avait inspiré l’espoir à la population, car les jeunes de toutes les ethnies du Kivu, sans distinction, se rangeront derrière cette rébellion. Juste après la libération du pays on s’est rendu compte que rien ne changera, étant donné que : le problème des interahamwe n’a pas été résolu et les attentes des différentes communautés dont les enfants étaient morts pour cette cause ne trouvèrent pas gain de cause. La situation ne changera guère et n’a fait que s’empirer davantage.

1998
À cause de ces conflits on assiste à la naissance du RCD, car Kabila avait noué une nouvelle alliance avec les interahamwe qu’il combattait et les a installé fortement au Kivu. Au même moment les ressortissants du Kivu ont été massacrés à Kinshasa. Utilisant la politique de diviser pour mieux régner, Kabila a instrumentalisé certains fils du Kivu pour faire revivre les divisions interethniques.

1999
Les accords du cesser le feu ont été signés à Lusaka, mais prendrons des années pour être mis en application. Une implication de plusieurs pays sera nécessaire pour qu’elles puissent aboutir.

2002
Signature des accords de Sun City, Pretoria, Addis-Abeba qui aboutiront à l’accord global inclusif.

2003 - jusqu`à ce jour
Début de la période dite de transition. Cependant, on peut se rendre compte que la situation des interahamwes, aujourd’hui FDLR n’a jamais été résolu. Au contraire, on note malheureusement que la pouvoir de Kinshasa n’a absolument pas un agenda pour le désarmement de ces forces dites négatives. Dès lors, la situation s’est détérioré davantage et s’est aggravée plus que les années précédentes. Force est de constater donc que tous ces conflits sont orchestrés, entretenus et pérennisés par le pouvoir central et certains Kivutiens et pourtant ce sont les communautés locales qui paient le lourd tribut, avec des crimes et des exactions jusque là non éclaircis, des massacres à grande échelle (e.g : Gatumba, et Kalehe) et des conflits meurtriers.

Dans cette optique, on peut conclure amèrement que le pouvoir central n’a jamais souhaité l’intégration du Sud-Kivu en particulier et du Kivu en entier. Cela se manifeste à travers une politique de division, d’entretien de la haine entre les différentes communautés et d’étouffement de toute émergence d’un leadership local digne de ce nom. Ce pouvoir monte toutes les autres communautés du Kivu contre la communauté Banyamulenge en particulier et la communauté rwandophone en général.

Bien qu’on doive de reconnaître qu’après la rébellion muleliste le pouvoir en place (i.e. : celui de Mobutu) avait réussi vraisemblablement à réunifier le pays, en réalité depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, le Kivu n’a jamais connu une période d’accalmie. Il demeure que, un climat de tension, des conflits interethniques et d’exclusions ont été érigés en forme de projet de société. Curieusement tous les régimes qui se sont succédé à Kinshasa ont su l’exploiter en leurs guises et pour leurs intérêts. Dès lors, le Kivu constitue le bastion des forces négatives nationales et par conséquent le refuge de s forces négatives étrangères. Ces forces constituent une menace pour les Banyamulenge en particulier et pour les rwandophones en général.

3. La situation sécuritaire des TUTSIS en RDC de 1996 à nos jours
En premier lieu, rappelons que la présence des interahamwes à l’est de la RDC après le génocide de Tutsis en 1994 au Rwanda a semé une insécurité à l’égard des personnes de la communauté Tutsie de la République Démocratique du Congo. Cette insécurité a été exacerbée par les discours des personnalités politiques de la province du Sud-Kivu, sur instruction du Président du Haut Conseil de la République, Parlement de Transition (HCR/PT) de l’époque, en la personne de Monsieur ANZULUNI BEMBE ISILONYONYI. En complicité avec le Vice-gouverneur du Sud-Kivu LWABANJI et du commissaire de zone SHWEKA MUTABAZI. Des discours incendiaires ont été prononcés et des meetings populaires ont été également tenus contre les Banyamulenge dans le Sud-Kivu. Des messages haineux visant leur extermination, leur expulsion et le pillage systématique de leurs biens furent lancés dans les marchés, les stades, les écoles et dans les églises à Fizi, Baraka, Bibokoboko, Uvira, Kamanyola et Bukavu. Ces discours ont été diffusés sur des radios locales. Cette situation est connue de tous.

Les conséquences furent qu’une grande portion de la communauté Banyamulenge qui habitait dans ces centres a été massacrée et que les rescapés ont été obligés de se refugier dans les pays voisins notamment au Rwanda et au Burundi. Spécifiquement, soulignons cette histoire lugubre de Baraka où toutes les personnes de sexe masculin (trois cent) ont été massacrées, leurs femmes et leurs enfants du sexe féminin ont été pris en otage, violés et acheminés dans le camp des réfugiés congolais en Tanzanie par les autres réfugiés des communautés voisines ou ils sont gardés jusqu’à ce jour comme des prisonniers sexuels.

En second lieu, il y a lieu de signaler que depuis 1998 Monsieur YERODIA NDOMBASI actuel vice-président de la République démocratique du Congo, a tenu un discours génocidaire qui a mis la communauté Tutsie du Congo dans une situation catastrophique. En effet, rappelons que ce discours appelait le peuple congolais à l’extermination de la « vermine Tutsie». Ces derniers subirent des exactions sur tout le territoire congolais au vu et au su de la communauté internationale. Cette politique génocidaire reste jusqu’à ce jour impunie. Citons à titre d’exemple certains cas de ces massacres ciblés commis à l’encontre des Tutsis :

  1. À Kinshasa après ledit discours plus de 500 personnes militaires de l’armée régulière et civiles furent brulés vives à l’aide des pneus enflammés mis au cou au grand jour, aux yeux de la communauté tant nationale qu’internationale.
  2. À Vyura (dans la zone de Moba au Katanga) la communauté Banyamulenge fut massacrée et plus de vingt milles rescapés furent expulsés vers le Sud-Kivu.
  3. À Kamina plus de deux cents (200) jeunes militaires qui étaient en formation à l’école de Cadet furent massacrés et aucun d’entre eux n’a survécu. Leurs familles restent toujours affligées pour n’avoir pas pu enterrer leurs enfants.
  4. A Kalemie cent cinquante personnes ont été enterrées vivantes dans une fosse commune.
  5. Dans les villes de Lubumbashi, Kananga et Mbuji-Mayi, les Tutsis (étudiants, fonctionnaires et commerçants) furent massacrés juste après ledit discours du Vice-président YERODIA.

Troisièmement, on peut noter que la transition tendait vers la phase décisive de la cohésion nationale, cependant certains facteurs montrent que la cohabitation pacifique reste une chimère. En effet, les discours des politiciens tenus publiquement, dans les médias locaux et les meetings organisés par les cadres du PPRD (parti du président Kabila) en l’occurrence par Monsieur Vital KAMERHE, secrétaire général dudit parti, originaire du Sud-Kivu, n’augurent pas de bons lendemains. Ces discours tenus dans les médias de la haine ont abouti à des situations tragiques au vu et au su de la communauté internationale représentée par la MONUC au Sud-Kivu.

Voici ci-dessous quelques faits plus récents qui témoignent d’une planification ourdie suivie des faits dont les conséquences larvées présagent des lendemains chaotiques susceptibles de compromettre à court, moyen et long terme l’avenir de toutes les communautés du Sud-Kivu :

  1. Le 24 février 2004 : annonce fallacieuse à la radio Maria de la traversée des chars de combat de l’APR (que la MONUC n’a pas vus), et du pillage de la banque centrale par l’armée rwandaise en complicité avec les Banyamulenge (pillage jamais confirmé par cette banque).
  2. Le 25 février 2004 : Femmes et enfants Banyamulenge ou toutes personnes ressemblant à un TUTSI, sont malmenés, agressées en route et aux marchés. Plusieurs sont interdis de prendre place dans les taxis et bus suivant le message lancé par Monsieur Didace KANINGINI, Président de la société civile du Sud-Kivu. L’après-midi du même jour, au quartier Sine lac de Bukavu un enfant de 2 ans, fils du capitaine Muco de la garde présidentielle, est lapidé à cause de ses origines ethniques.
  3. Le 27 février 2004 : Au cours d’une réunion de la société civile de Bukavu, il a été décidé, entre autres, l’ouverture d'un compte bancaire en vue du recrutement de milices pour s’opposer à ce qui a été appelé « hégémonie BANYAMULENGE ».
  4. Le 28 février 2004 : La société civile fait une déclaration pour arrêter toute collaboration avec la MONUC car elle est considérée comme un obstacle aux visées diaboliques d’exterminer les Banyamulenge.
  5. Le 29 février 2004 : Dans un message radiodiffusé, Mgr MAROY, Vicaire de l’Archidiocèse de Bukavu et M. Didace KANINGINI appellent la population à barrer la route aux ennemis de la paix. Le lendemain, ce sont les membres de la communauté Banyamulenge qui en sont victimes par lynchage et autres voies de fait.
  6. Le 02 mars 2004 : Un tract en Swahili déclare : « Enfants du Sud-Kivu, ouvrons les yeux, le président Joseph KABILA vient de vendre le pays aux Rwandais ».
  7. Le 04 mars 2004 : Menace et tentative de déshabiller Mme Espérance NABEYI au marché central de Kadutu au motif qu’elle porte un tricot avec effigie du Vice-président Azarias RUBERWA. Etoile NTAGENGWA et Mwafrika NTEZIRYAYO, tous deux élèves de la 3ème année des humanités à l’EDAC ainsi que NEZA Chantal de la 5ème année Gardienne sont tabassés, humiliés et importunés à cause de leur appartenance ethnique.
  8. Le 06 mars 2004 : Perquisition sélective à la recherche d'armes et de munitions dans les habitations de la seule communauté Banyamulenge vivant à Nguba par la MONUC et quelques éclaireurs civils. Cependant, cette perquisition s’est révérée être un fiasco, car rien n’a été trouvé dans les maisons ciblées.
  9. Le 21 mars 2004 : À Nyamugo (Commune de Kadutu) chez le Prêtre Riccardo, un Abbé venu de Walungu a, au cours de la Messe de 7 heures, encouragé le comportement incidentaire et incivique du 08 mars 2004 contre la personne du Vice-président Azarias Ruberwa à Kinshasa. Avant de terminer sa Messe, il a tenu à se demander si à Bukavu il y a des hommes et des femmes dignes de ce nom tant qu’ils n’imitent pas le comportement du 08 mars 2004 contre les membres de la Communauté Banyamulenge. Les mêmes propos seront repris par le Pasteur Namegabe de la 8ème CEPAC dans un séminaire de l’ECC (église du Christ au Congo) tenu à PANZI le 30/03/2004, séminaire financé par l’Institut Vie et Paix.
  10. Le 26 mars 2004 : Six élèves sont triés parmi leurs collègues et molestés par des hommes en uniforme à l’IDAP/ISP. À la même date, l’étudiant Déon RUTURWA de G3 U.S.K.(Université Simon Kimbangu) échappe de justesse après d’énormes tortures lui orchestrés par des éléments en uniforme et la population du quartier.
  11. Le 27 mars 2004 : Monsieur Albert MUKIZA, chef de poste principal adjoint DSR (Service de Sécurité et Renseignements) à Kavumu est fortement brutalisé par le Capitaine Commandant de la 2ème Compagnie du 45ème bataillon infanterie parce qu’il parlait sa langue maternelle, sous prétexte qu’il communique avec ses frères rwandais en Kinyarwanda.
  12. Pendant cette période, une Radio clandestine qui se dit « patriote » émettant probablement à partir de Bukavu, le plus souvent à partir de 23heures en appelle aux populations de Bukavu à prendre lances, couteaux, machettes, … pour en finir avec les Banyamulenge.
  13. Toujours durant la même période, le commandant de 10ème région militaire donne l’ordre à toutes les troupes gouvernementales basées à Shabunda, Baraka, Kamituga et Bunyakiri (car ayant principalement servi au RCD) de dégarnir le terrain de l’intérieur de la province dans le but de laisser libre cours aux très cyniques milices Interahamwe , qui viennent de renouer alliance avec les Mai-Mai, pro-Kabila. Leur présence est déjà signalée à Bukavu, Uvira et leurs environs. Ils n’attendent désormais que le mot d’ordre pour passer à l’action.

Cette succession d’incidents malheureux prouve à suffisance qu’aucun d’entre eux ne doit pas être pris isolement ou considéré comme acte sporadiquement posé. Bien au contraire, ils sont issus des mêmes concepteurs, du même laboratoire et confiés à divers exécutants. ILs tendent tous au but d'isoler les Banyamulenges sur la scène tant nationale qu’internationale, les indexer ou les provoquer et les pousser dans une guerre dont le but est son effacement sur la carte nationale.

Finalement, dans cette logique ségrégative et stigmatisant les TUTSIS en général et des Banyamulenge en particulier sur tout l’étendu du territoire national, rappelons qu’au mois de mai/2004 le général BUDJA MABE a attaqué les positions de son adjoint le colonel Jules MUTEBUTSI, pour la simple raison qu’il est un Munyamulenge. Au même moment les Banyamulenge qui vivaient à Bukavu furent massacrés, les femmes violées, les maisons brûlées et saccagées par la population de Bukavu avec la complicité des forces de l’ordre. Plus de cent cinquante (150) personnes ont été tuées, les rescapés se sont refugiés dans la ville voisine de Cyangugu au Rwanda. Ce qui poussant le général Laurent NKUNDA à venir en aide aux troupes du Colonel MUTEBUTSI pour arrêter ce génocide. Lors de ces événements les militaires Banyamulenge qui étaient dans des garnisons lointaines et ceux qui étaient dans les troupes du commandant de la région (i.e. : général BUDJA MABE) furent tués par leurs compagnons d’arme sur l’instigation dudit commandant de la région. On peut citer à titre d’exemple, les troupes que commandait le Major NSANZABAGANWA qui furent massacrées avec le commandant lui-même malgré qu’elles fussent restées fidèles au commandant de la région. Aucun d’eux n’a survécu.

Pour clore, ce chapitre force est de constater étonnamment qu’aucune arrestation n’a été opérée. Pouvons-nous déduire que les TUTSIS sont considérés comme des citoyens de la seconde zone en RDC ? Qu’ils doivent subir des supplices, des massacres qui ne soient pas punis ? Que par conséquent celui qui ose décrier ou lutter contre ces comportements inciviques est celui qui doit être puni au contraire ? En effet, amèrement nous pouvons relever que le général Laurent NKUNDA et le Colonel Jules MUTEBUTSI qui sont intervenus pour arrêter ce génocide ont été accusés de tous les maux jusqu’au point d’être mis sous mandat d’arrêt international pour la simple raison qu’ils ont lutté contre un massacre planifié contre les membres de leur communauté comme le prouvent les faits relatés ci-haut. Les commanditaires roulent agréablement carrosse et/ou ont été promus à des fonctions supérieures.

3. Le génocide de Gatumba.
3.1. Des signes avant coureurs du génocide

  1. A l’arrivée du Vice-Président, Azarias Ruberwa, dans le but de sensibiliser les réfugiés à regagner le pays, des affrontements sanglants surgirent à l’aéroport de Kavumu (30 km au Nord de la ville de Bukavu) entre les éléments de la 10ème région militaire et ceux de la garde rapprochée du Vice-Président en majorité rwandophones. Il y eut officiellement 4 morts et plusieurs blessés.
  2. Deux jours après, le Vice-Gouverneur du Sud-Kivu, M. Kaningini issu de l’entité Société Civile, déclare à la radio qu’il ferait objet de menace de la part des militaires de la garde du Vice-Président Azarias Ruberwa, qui auraient attenté à sa vie dans sa résidence. Une façon d’inciter la population à se retourner contre les rwandophones.
  3. Un document annonçant l’attaque du camp des réfugiés avait été déposé à la MONUC (Mission des Nations Unies au Congo) à Bukavu, trois jours avant l’opération.
  4. Des tracts hostiles au retour des Banyamulenges et incitant la population contre eux ont été distribués dans la ville d’Uvira au lendemain de l’acceptation par quelques réfugiés de retourner au Congo.
  5. Le communiqué de la Présidence de la République qui désavouait toute démarche entreprise par le Vice-Président au nom de l’Etat congolais, d’un côté affirmait l’hostilité du gouvernement au retour des réfugiés, de l’autre réconfortait les assaillants et facilitait leurs opérations.
  6. Le vendredi 12 août 2004, la veille des massacres, trois personnes membres du Front National de Libération (FNL) qui convoyaient deux véhicules transportant armes et munitions, après qu’elles avaient été arrêtées et remises au commandant de la 60ème Brigade, ont été libérées et sont portées disparues jusqu’à présent.

3.2. L’Exécution
Dans la nuit du 13 au 14 août 2004, un génocide planifié a été perpétré de façon systématique contre les membres de la communauté Banyamulenge réfugiés à la presqu’île de Gatumba. Ce génocide a été planifié et exécuté par certaines autorités et des éléments militaires des FARDC (ex-Maï-Maï) en coalition avérée avec les forces négatives (Interahamwe, ex-FAR rwandais et FNL burundais). Partant de plusieurs sources dignes de foi, la responsabilité pleine et entière d’officiers généraux et supérieurs de l’armée nationale congolaise basés dans la province du Sud-Kivu est établie.

En effet, la planification de ce génocide part d’une réunion tenue à Bukavu, présidée par le général Mbudja Mabe, commandant de la 10ème région militaire. Lors de cette réunion, il a été conçu deux attaques, l’une contre le camp de Gatumba, et l’autre contre la population Banyamulenge de Bibokoboko. Le colonel Dunia, le colonel Nakabaka, le lieutenant-colonel Kayamba, tous Maï-Maï appartenant à la 10ème région militaire, ont pris part à cette réunion. Le premier (le colonel Dunia) qui s’était investi dans la dynamique de la cohabitation pacifique n’a pas mis en exécution son plan d’attaque qu’il devait faire à Bibokoboko. L’exécution du plan de Gatumba a été confiée au commandant Fujo Zabuloni, adjoint du colonel Kayamba et au major Ekofo, adjoint du colonel Nakabaka. Pour le compte des Interahamwe, l’opération avait été confiée au major Félicien Kanyambi, assisté du capitaine Faustin Nguba. Le commandant de chaque groupe était à la tête d’une compagnie de plus ou moins 120 hommes de troupe. Est aussi cité le nom du colonel Baleke aux arrêts à Bukavu, au moment des faits il aurait été libéré en vue de ces opérations. Le suivi de ces opérations était confié par le général Mbudja Mabe de la 10ème région militaire au capitaine Claude, non autrement identifié.

Dans la nuit du 12 août 2004, ce capitaine Claude a pris part à une réunion présidée par le lieutenant-colonel Mutupeke, commandant de la brigade d’Uvira, à la résidence de ce dernier. Assistaient également à cette réunion de dernier breifing, les quatre officiers appelés à conduire l’expédition. Les génocidaires, en deux colonnes, ont emprunté deux voies. La première colonne s’est frayée un passage du côté de l’usine de la Sucrière de Kiliba et l’autre est passée par Nyangara. Sur les lieux du crime, les assaillants ont, de façon sélectionnée, opéré leur forfait en n’attaquant que les tentes abritant les Banyamulenge alors qu’à 20 mètres, il y avait d’autres tentes dans lesquelles vivaient les réfugiés congolais d’autres ethnies. Ils ont tué par armes à feu et par armes blanches. Puis, ils ont incendié les tentes dans lesquelles les bébés, enfants, hommes et femmes dont certaines enceintes, ont été calcinés. Au cours de ce génocide 162 personnes, tous Banyamulenge ont été tués et 200 autres grièvement blessées. Il est utile aussi de signaler que Gatumba hébergeait deux camps de réfugiés congolais, l’un habité par des Bafuleru et l’autre habité par des Banyamulenge. Ce dernier a été le seul visé par cette attaque.

Il est regrettable qu’à ce jour aucune enquête objective sur ce génocide n’ait été réalisée et qu’aucune arrestation n’ait jamais été opérée. Au contraire, les commanditaires n’ont pas du tout été inquiétés et certains ont été même promus à des postes supérieures. Pire encore, le FNL qui fallacieusement a revendiqué ce génocide est reçu dignement dans certains pays limitrophes de la RDC et il n’y a aucune lueur d’espoir que les responsables seront jugés un jour. Pourtant, les familles des victimes exigent tout le temps d’avoir des éclaircissements et que justice soit faite. On peut se demander actuellement où est ce rapport ? Quels sont les résultats ? Qui sont les responsables de ce génocide ? Et, jusqu’à quand les criminels vont continuer à commettre des forfaits avec la bénédiction de la Communauté Internationale ?

Par ailleurs, concernant le problème de réfugiés congolais d’expression rwandaise dans les pays des grands lacs, il importe de signaler que la RDC a signé des accords de rapatriement de ses citoyens avec le HCR et les autres pays frontaliers, sauf le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda, sous prétexte que les réfugiés sont rentrés dans leurs pays d’origine. La preuve en est qu’après les massacres de Gatumba les rescapés qui voulaient rentrer dans leur pays ont été refoulés et ont du faire trois jours dans la zone neutre. En outre, avec amertume on peut noter qu’à chaque fois que les réfugiés Banyamulenge et les rwandophones qui se trouvent dans les pays limitrophes veulent rentrer dans leurs territoires respectifs (Sud et Nord Kivu), ils se heurtent à l’opposition farouche non seulement de certaines autorités administratives, mais également des autorités militaires pourtant censées assurer leur sécurité. Les exemples sont légion.

Enfin, signalons qu’aux deux frontières du Rwanda et du Burundi avec la région du Sud-Kivu en RDC des postes de passage spéciales sont réservées aux TUTSIS qui veulent rentrer ou qui veulent se rendre dans les pays limitrophes pour des raisons personnelles. Par conséquent, des traitements spéciaux; brutalité, raclée et autres traitements inhumains leurs sont infligés. À titre d’exemple, on peut citer cette pratique assez courante de les obliger à payer le double voire même plus des frais afférents au laisser-passer ou au passage à la douane.

4. Arrestations arbitraires des leaders et militaires qui prônent la cohabitation pacifique.

4. 1. Cas de général de brigade DUNIA LWENDAMA
Installé dans son fief de presqu’île d’UBWARI en territoire de FIZI dans le Sud-Sud de la Province du Sud-Kivu, ce combattant dirigeait plus au moins sept mille hommes. Aguerri et expérimenté, il a participé dans les différentes rebellions qui se sont succédées depuis les années d’après les indépendances.

Cependant, le Pouvoir central ne prend jamais en considération ses revendications et détourne régulièrement la Ration Convertible en Argent [RCA] de ses troupes, il ne reçoit pas l’équipement matériel d’une juridiction militaire de son rang, il n’est pas ravitaillé en vivres et médicaments.

Il fait tout le temps l’objet de pression à travers les discours incendiaires et divisionnistes du Pouvoir central dans le but de l’opposer aux Banyamulenge vivant dans le même territoire. Certains politiciens en mal de positionnement utilisent la fameuse maxime de division, en cultivant la haine pour mieux régner et gagner les élections. Étant donné qu’il n’obtempère pas à ces injections divisionnistes, les mêmes politiciens l’accusent – à tord bien sûr – de garder des mercenaires ougandais, Rwandais et Burundais pour préparer la troisième guerre. La pomme de discorde est que le général ne tolère pas la présence des forces négatives entretenues par ce pouvoir. Cette marginalisation est un cas de figure qui montre combien le pouvoir central n’a pas la bonne volonté de régulariser la situation dans le Sud-Kivu.

L’exemple typique est cette rocambolesque mascarade du mois de septembre 2005, lorsque le Général MADOAMADOA (Bembé comme le Général DUNIA) est venu le kidnapper. Sans ordre de mission, il est venu soi-disant envoyé par le gouvernement pour qu’il puisse aller avec le Général DUNIA à Kinshasa afin d’y recevoir une promotion. Ce dernier avait catégoriquement et énergiquement refusé cette proposition, étant donné qu’il suspectait cela comme un complot pour l’éliminer ou le bloquer à Kinshasa. Par contre, il demanda le général MADOA d’aller avec lui vérifier ensemble la présence des mercenaires dans son fief comme le prétend le Gouvernement.

N’ayant pas trouvé ces mercenaires, au retour s’en suivra une chaude discussion dont le pire fut éviter grâce à la présence et l’intervention de la MONUC. La MONUC pris à témoin, a fait remarquer au Gouvernement de laisser le Général sur place et de prendre en compte ses revendications pour éviter le trouble, car ses troupes sécurisent mieux les ONGS qui oeuvrent dans le territoire de Fizi. Cet exemple montre combien le pouvoir central ne contrôle pas la situation, méprise l’armée qui est au service de la population et aimerait travailler avec les gens qui acceptent la présence des forces négatives étrangères qui pullulent dans la région. Cet incident a rendu toute la population du Kivu en général mécontente qui condamne le Gouvernement de sa mauvaise politique militaire.

Bref, les conflits entre le Gouvernement et le Général DUNIA sont d’ordre général d’une part, mais particulièrement d’autre part, il est déconsidéré et ne reçoit rien du pouvoir central. De plus, il est soupçonné à tord. Toutefois, il importe de souligner qu’il est le général le mieux écouté de tous les chefs de guerres Maï-Maï sur toute l’étendue du territoire de la République.

Actuellement le Général DUNIA est appelé à Kinshasa par le pouvoir en place avec comme objectif d’inhiber cette dynamique d’entente entre les communautés voisines (Banyamulenge et Bembé) du Sud-Kivu dont il était parmi les initiateurs.

4.2. Cas du Pasteur AMISI AMIRADO
Le pasteur AMIRADO est un Bembé, président de la société civile du territoire de FIZI. Il est en outre militant et animateur des droits de l’homme, représentant d’une église à Baraka. Il est parmi les promoteurs de l’initiative de cohabitation pacifique entre les communautés du Sud-Kivu et luttait pour l’éradication de la haine et de la discrimination en RDC. Dans ses activités de sensibilisation de différentes communautés il a été enlevé au mois d’octobre 2005 à partir de Bujumbura, la capitale burundaise où il séjournait et acheminé à Kinshasa via Lubumbashi où il a été sévèrement torturé pour le simple fait qu’il faisait de la cohabitation pacifique des communautés du Sud-Kivu sfer de lance. Jusqu’à présent il est incarcéré à Kinshasa, sans jugement et dans des conditions infrahumaines. Il risque d’y laisser sa vie.

4.3. Cas des jeunes officiers militaires du Sud-Kivu arrêtés
Au mois d’août 2005 trois jeunes officiers dont un Munyamulenge, le colonel NGABO, un Mushi le colonel FATERNE et un autre officier Tutsi du nord Kivu ont été Kidnappé à partir de Minembwe par le Général NUMBI et acheminé à Lubumbashi à la prison de Bulowo où ils sont détenus jusqu’à ce jour, sans jugement. Le motif de leur détention est le simple fait qu’ils plaidaient pour la même cause de la cohabitation pacifique des communautés du Kivu.

Deux (2) jeunes officiers le capitaine BIGAYA et le sous-lieutenant KOFI de l’ethnie Bafulero du Sud-Kivu et leurs collègues qui avaient eux aussi entrepris la logique de la cohabitation pacifique ont été également arrêtés, leurs familles ignorent jusqu’à présent leur destination. Il en est de même pour deux jeunes officiers de l’ethnie Bashi, le Major BIYOYO et le Lieutenant Séraphin qui sont incarcérés dans les prisons de Bukavu pour les mêmes raisons.

4.4. Cas des jeunes étudiants Banyamulenge arrêtés.
En date du 23 mars 2006, 23 jeunes Banyamulenges étudiants au Burundi qui partaient en vacances de pâques chez leurs parents ont été arrêtés à UVIRA sous prétexte qu’ils sont des militaires rwandais qui veulent porter mains fortes aux 47 qui ont regagné leur territoire d’origine après un exil forcé lors des événements malheureux de Bukavu. Bien qu’ils aient clamé leur citoyenneté congolaise en bonne et due forme et qu’en plus, ils aient prouvé qu’ils sont de simples étudiants au Burundi, documents à l’appui, ils ont été emprisonnés pendant près d’un mois. Torturés, emprisonnés dans des conditions inhumaines ces jeunes ont eu la vie sauve grâce au refus de la MONUC qui s’est opposé à leur transfert à une destination inconnue.

5. La problématique du Territoire de Minembwe
Historiquement, les rapports de convivialité contemporaine entre les communautés voisines du Sud-Kivu ont commencé à se détériorer à partir de 1977. L'idée de la création des nouvelles entités administratives (spécifiquement du groupement de Bijombo) dans la zone d’Uvira, ainsi que la mauvaise interprétation de la nouvelle loi sur la nationalité de 1981 furent à l'origine de l'exacerbation des tentions interethniques dont les conséquences perdurent.

Ainsi, en 1982 et 1987, il y aura perturbation des élections municipales et législatives dans le Nord et le Sud-Kivu, suite au refus fait aux personnes d’origine Tutsi à pouvoir se présenter comme candidats. Du Nord au Sud-Kivu les rwandophones et les Banyamulenge ne pouvaient en aucun cas être des candidats éligibles à tous les échelons administratifs, cependant devaient être des électeurs. En conséquence, l’opinion se rappellera que, cette situation de tentions interethniques est l’une de nombreuses causes de la guerre de 1996.

En effet, pour remédier aux lacunes administratives de l’ère du mobutisme et pour mener une politique de décentralisation afin de rapprocher le pouvoir au peuple, en septembre 1999, par son arrêté n°001/MJ/DAT/ROUTE/MB/1999 Maître Mudumbi commissaire au département du territoire du RCD/Goma, créait les territoires provisoires de Minembwe, Bunyakiri et Kasha. Ces jeunes entités restent confrontées à des multiples problèmes d'ordre sécuritaire l'accessibilité par voie routière est pour le moment difficile et sont actuellement les sanctuaires des forces dites négatives (FDRL) entretenues par le pouvoir de Kinshasa.

De plus, signalons que lors des négociations et accords de Lusaka et de Sun City, il avait été convenu effectivement – du moins dans l’esprit des textes y efférents –que tous les actes administratifs posés par les différents belligérants dans l’espace politico-militaire qu’ils administraient pendant la guerre devraient être reconnus par le gouvernement de transition comme tels. Le territoire de Minembwe avait été érigé par le RCD/Goma comme c’est fut le cas dans d’autres provinces de la RDC qui étaient sous contrôle d’autres belligérants. À notre connaissance aucune de ces entités administratives n’a pas fait couler autant d’encre que de salive comme le territoire de Minembwe. Singulièrement, ce territoire a fait jurer le Président de la République et les membres de sa famille politique que les deux autres territoires seront reconnus tôt ou tard, sauf le territoire de Minembwe.

Il s’agit d’une nième tentative destinée à priver les Banyamulenge de leurs droits civiques et politiques. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, cette situation d’exclusion cavalière aura pour conséquence directe la frustration de cette communauté et éventuellement l’instabilité de la sous région et le développement d’une culture de violence caractérisée par l’injustice, le bannissement, la haine et le risque d’extermination de la minorité Banyamulenge.

Enfin, il est regrettable que la MONUC et les FARDC mènent depuis quelques mois une intense activité militaire en Ituri et au Shaba qu’elles ne les font pas dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Cette politique de deux poids deux mesures montre combien le pouvoir de Kinshasa a un agenda caché.

6. Conclusion
Considérant les faits relatés ci-haut, il importe de terminer ce manuscrit en signalant les préoccupations de la communauté Banyamulenge à l’aube des élections en RDC.

En effet, vu la discrimination dont la communauté TUTSI est victime il s’avère impérieux que la communauté internationale et l’opinion nationale prennent au sérieux cette situation de tueries et d’exclusions sélectives.

Par ailleurs, il est regrettable de remarquer que les efforts de réconciliation et de cohabitation pacifique qui ont été fournis risquent de ne pas produire les effets escomptés ni les résultats attendus. Au contraire! Nous nous retrouvons donc à la case départ où les communautés voisines du Sud-Kivu en particulier et du Kivu en général, vivant actuellement en situation de ni paix ni guerre, risquent de connaître une guerre aussi meurtrière que les précédentes.

De plus, nous regrettons que jusqu’à cette date les commanditaires et les acteurs du génocide de Gatumba ne soient pas encore identifiés, ni poursuivies et que le rapport d’enquête de ce génocide n’est toujours pas rendu public afin que les responsables soient traduits en justice. Pire encore, le FNL qui a revendiqué la responsabilité de ce génocide n’a jamais été poursuivi et ses leaders circulent partout dans la région des grands lacs au vu et au su de la communauté internationale.

Par ailleurs, nous décrions avec la plus grande énergie l’absence d’une politique favorisant le retour des réfugiés dans leurs territoires d’origine. Nous considérons que cette politique comporte d’énormes zones d’ombres qui entretiennent les agendas cachés.

Enfin, nous attirons l’attention de la communauté internationale et nationale sur le fait qu’un semblable climat n’est pas propice aux élections et qu’elles doivent tirer les conséquences qui en découleront. Ainsi, sans les territoires de Minembwe, de Bunyakiri et de Kasha il n’y aura donc pas des élections dans ces territoires et éventuellement dans les territoires environnant comme fut le cas en 1982 et 1987.

Pour le (FSP) Front de la Solidarité et du Progrès
KADAGE Benoît, Président
RUMENGE NT. Alain M.Sc., Vice-président