Quant à la primature, nen déplaise au « chairman » Jean-Pierre Bemba, elle reviendrait à Olivier Kamitatu. On comprendra ici quil sagit-là très probablement de la vraie cause de la rupture entre ces deux anciens potes du maquis de Gbadolite.
En ce qui concerne les autres acteurs de la transition ils devront se contenter des quelques cacahuètes qui resteront dans le panier des parrains occidentaux du Congo que sont Chichi et Michel. Pour certains ce sera lexil à lONU, pour dautres lUnion Africaine et pour dautres encore un retour au privé.
Mentionnons au passage que cette opération politico-mafieuse est largement occultée par certains journalistes français et belges qui sont parfaitement au courrant de ce qui se prépare mais qui veulent nous faire croire que tout se passe pour le mieux au Congo-Kinshasa. Ce nest plus du journalisme, mais plutôt de lengagement politicien de leur part
Pourtant des organisations comme l'International Crisis Group (ICG) et Human Rights Watch ont récemment tiré la sonnette d'alarme.
Un groupe de cancres imposé à la tête du pays
Ce qui étonne et qui est insultant pour la population congolaise dans toute cette histoire, cest que les Occidentaux considèrent que Kabila et son gouvernement sont un groupe de cancres incapables de payer la solde de 150,000 militaires (ou miliciens ?) congolais (cette solde sera désormais payée par lUnion Européenne), mais au même moment ils estiment que Joseph Kabila est le mieux placé pour présider à la destinée de 60 millions de Congolais. Allez comprendre !
Partant du principe quune armée nobéit quà lautorité du souverain qui la paye, on peut se demander si les FARDC peuvent encore être considérées comme une armée nationale congolaise. Ça commence plutôt à ressembler drôlement à un groupe de mercenaires à la solde de lUnion Européenne et plus spécifiquement de la France et de son petit cousin belge.
Rappelons que ces mêmes Occidentaux qui « privatisent » les FARDC ont également contribué à lexclusion des vrais partis politiques congolais comme lUDPS et le PALU des institutions de la transition. En dautres termes, ce faisant, on les excluait du paysage politique congolais, on minait leur chances de faire élire leurs représentants au parlement et à la présidence du pays. Que serait le paysage politique belge et français si, dans ces deux pays, les partis socialistes étaient exclus dune participation à la vie démocratique du pays ? Ce qui est anti-démocratique pour les Français et les Belges peut-il être bon pour les Congolais ? Évidemment, la corruption qui règne au sein de la classe politique (il n'y a qu'à lire l'article de Jason Stearn de l'ICG publié dans les pages virtuelles de AllAfrica.com pour s'en convaincre) est l'excuse parfaite pour que le "Nokos" s'invitent à la table.
CONCLUSION
La situation politique congolaise est véritablement un cas de conscience pour lAfrique. On sétonne que les grands militants de lANC, qui ont tenu tête au système raciste dapartheid en Afrique du Sud qui voulait utiliser lInkhata Freedom Party de Buthelezi pour les exclure du jeu politique, demeurent silencieux et même participent à cette tragédie politique. Apparemment, les anciens combattants de la liberté dAfrique du Sud sont devenus des apôtres de la mondialisation : adieu veaux, vaches, cochons et tous les beaux idéaux et bonjour au business sans limite (il ny a quà voir toutes ces grandes commissions économiques mises en place par Kinshasa et Pretoria).
Cette remarque sadresse aussi à la Commission de lUnion Africaine, notamment à son président Alpha Omar Konaré et aux autres principaux dirigeants africains, comme Olesugun Obasanjo, Muammar Khadafi, Abdoulaye Wade, etc. Ce qui se passe actuellement au Congo-Kinshasa risque, dans un avenir rapproché, de se produire chez-vous, si vous ny prenez pas garde. À vrai dire, la RDC est en train de basculer dans lère de lÉtat Indépendant du Congo, en dautres termes de redevenir la propriété privée occulte de Belges et de Français. Cette façon de « gérer » lAfrique ne laisse entendre rien de bon pour les générations futures dAfricains. Et ces derniers retiendront de vous que vous, présidents africains, avez failli à votre devoir dhéritiers des indépendances, souvent obtenues au prix du sang.
LObsac profite quand même de loccasion pour adresser ses vux les meilleurs au peuple congolais pour le Nouvel An 2006 et lencourage à ne pas se laisser emberlificoter par tous ses magouilleurs parisiens et bruxellois, « qui ne veulent que leur bien » (sic)et ce, en complicité avec les actuels dirigeants de la transition.
Le 29 décembre l'AFP annonçait qu'un des candidats à la prochaine élection présidentielle, Théodore Ngoy, avait été arrêté par une unité spéciale de la police congolaise au lendemain d'une demande d'annulation des résultats du référendum sur la nouvelle constitution déposée devant la cour suprème de RDC mercredi le 28 décembre. M. Ngoy comptait également parmi les 50 personnalités politiques congolaises qui ont déposé une plainte mardi contre le président Joseph kabila et d'autres personnalités de l'espace présidentielle, parce que ces derniers avaient continué de faire campagne après la date limite sur les ondes de différentes radios du pays. Théodore Ngoy avait déjà été arrêté le 16 décembre au cours d'une manifestation "non-autorisée" des partisans du NON, puis remis en liberté sans aucune conditions particulières, selon son avocat Me Richard Bondo.
Il semble assez évident, dans le contexte des deux plaintes concernant les irrégularités entourant le référendum constitutionnel, que certaines personnes des premiers cercles du pouvoir à Kinshasa redoutent ce genre de recours, au point d'être prêt à prendre le risque d'indisposer à la fois l'électorat congolais et la communauté internationale.