OBSERVATOIRE DE L'AFRIQUE CENTRALE
Volume 7, numéro 5 du 19 au 25 janvier 2004

MONDE
Le Pentagone met Bush en garde :
le réchauffement de la planète nous détruira tous!

22 février 2004

Le quotidien britannique The Guardian vient de révéler l'existence d'un rapport secret du Pentagone sur les changements climatiques qui contredit totalement les politiques mises de l'avant par l'administration du président George W. Bush. On se rappellera que ce dernier affirmait, peu de temps après son élection en novembre 2000, que rien ne prouvait l'existence d'un réchauffement climatique de notre planète, signalant ainsi la volonté de l'administration américaine de ne pas signer le traité de Kyoto et de donner carte blanche à l'industrie pétrolière américaine. Le rapport du Pentagone confirme donc, non seulement l'existence du phénomène de réchauffement de la planète, mais affirme que les conséquences de ce dernier seront beaucoup plus dramatiques et rapides que ne l'affirme les rapports des groupes d'experts mandatés par l'ONU. Ainsi, selon le haut commandemant américain, le climat du Royaume-Uni deviendra "sibérien" d'ici à 2020. L'Europe continentale n'échappera pas non plus aux conséquences et sera frappée d'un refroidissement moyen de 6 degrés farenheit (env. 3 C); adieu grands crus du bordelais, bonjours l'angoisse... et les vins de glace.

Blague à part, cela signifierait la destruction d'une grande partie de la Hollande, dont les digues auront beaucoup de mal à résister à la montée du niveau des mers. L'hystérie européenne contemporaine à l'encontre des flux d'immigrants illégaux venus d'Afrique et d'ailleurs se transformera en paranoïa totale et mènera à la création de contrôles frontaliers draconiens pour endiguer les hordes de personnes fuyant de vastes zones africaines (et autres) dévastées par une sécheresse persistante. Une forteresse europe en somme où on imagine bien que les solutions d'un Jean-Marie Le Pen auraient de bien meilleures chances de faire école...

Le Pentagone affirme même que de nombreux pays comme l'Allemagne, le Japon, la Corée du Sud, celle du Nord (évidemment), l'Iran et bien d'autres n'auront d'autres choix que de se doter de l'arme atomique pour défendre leurs ressources hydriques ou pour tenter de s'emparer de l'eau de leurs voisins. On imagine bien qu'Israël, un pays étant déjà engagé dans une guerre froide avec les palestiniens et ses voisins arabes immédiats pour le contrôle de l'eau de la région, sera particulièrement à risque d'être impliqué dans une guerre atomique régionale.

En ce qui concerne l'Afrique The Guardian mentionne peu ou pas de détails. L'Obsac soupçonne que l'étude du Pentagone ne devait pas s'attarder outre mesure sur l'Afrique sub-saharienne, sauf en tant que source menaçante de hordes de réfugiés climatiques aux portes de la vieille Europe (sic). De toute évidence, ne serait-ce qu'à cause de son manque chronique de capitaux financiers, le continent africain et, en particulier sa région sub-saharienne seront particulièrement mal équippés pour faire à un basculement brutal des conditions climatiques. Pourtant, il y a lieu de penser que mêmes si les conséquences du réchauffement planétaire seront ici aussi inexorable, elles se feront sentir plus lentement dans cette région du monde. En effet, le déclenchement brutal d'un déséquilibre climatique en Europe est essentiellement dû à l'interruption d'un mécanisme intrinsèquement fragile : le grand courrant de l'atlantique (a.k.a. : the atlantic escalator). En d'autres mots, il y aura une interruption brutale du courrant chaud du Gulf Stream, à cause de l'arrêt du courrant froid de retour qui cour sur le fond de l'Atlantique pour boucler la boucle en direction sud. Ce courrant de retour peut être interrompu par l'effet de la fonte accélérée des glaces et glaciers de l'arctique. Cette fonte accélérée des glaces de l'arctique, composées d'eau douce, diminue la salinité de l'eau refroidie du Gulf Stream au terme de son périple (et donc sa densité), ce qui l'empêche de s'enfoncer au fond de l'océan et d'entâmer son lent retour vers la zone sub-tropicale du Golfe du Mexique via les fonds marins. La circulation du Gulf Stream dans l'atlantique s'en trouve interrompu presque instantanément (enfin, ça prendra tout de même quelques mois). L'Europe se trouvera ainsi privée de l'immense apport énergétique qui explique la douceur de son climat et retrouvera donc son "véritable" climat de zone nordique.

Il suffit en effet de regarder une carte du monde pour comprendre à quel point le climat européen est dépendant de ces masses d'eau chaude en provenance du Golfe du Mexique. La ville de Paris, située au Nord de Montréal a des hivers qui ressemblent à la fin des automnes montréalais et des étés qui, jusqu'à récemment, étaient beaucoup moins chauds que ceux de Montréal. Autre exemple, Glasgow, la capitale de L'Écosse est situé à une lattitude nordique (Lat. 55. 83N) où la végétation du Québec se résume à une taïga d'épinettes noires. À peine trois degré de latitude au nord de Glasgow on trouve de ce côté-ci de l'Atlantique Kuujjuak, la capital du Nunavik québécois, située aux portes de la tundra arctique (Lat. 58. 17N). Il est donc facile de comprendre que les changements climatiques engendrés par le réchauffement de la planète pourront être particulièrement brutaux en Europe. La bonne nouvelle dans tout ça, c'est que l'impact du réchauffement climatique tardera davantage à se faire sentir en Afrique. À terme, évidemment, ils ne seront pas moins dévastateurs et leur impact sera d'autant plus grave que l'Afrique manque cruellement de moyens économiques lui permettant de trouver et de mettre en oeuvre des solutions technologiques ou des plans d'urgence pour venir en aide à sa population.

La brutalité des conséquences pour l'Afrique de l'impact du réchauffement climatique, tel que décrit dans le scénario du Pentagone, tiendra avant tout à l'interruption plus que probable des flux d'aide économique en provenance de l'Europe et de l'Amérique du Nord. De plus, on peut avancer, sans trop craindre de se tromper que l'eau et le potentiel hydroélectrique du bassin du fleuve Congo sera, dans un tel contexte, aussi convoité que le coltan et le diamant dans celui de la guerre régionale de 1998-2002.

Le Pentagone considère que les conséquences du réchauffement climatique représentent une menace grave à la sécurité nationale des États-Unis d'Amérique. Il est évident qu'il en irait de même pour la RDC qui ne peut espérer relever le défi d'une tel réchauffement climatique si l'appareil d'État de la RDC demeure une coquille vide qui ne répond qu'aux impulsions du gouvernail des voisins et des Nokos.

Or, si on se fie au scénario catastrophe du Pentagone, il resterait bien peu de temps aux Congolaises et aux Congolais pour édifier en Afrique centrale un État capable de prendre une place à la mesure de son poids géographique et démographique. Ce n'est pas avec des guéguerres entre des personnalités comme Bemba et Olenghankoi, ou l'immense et persistante méfiance envers les populations rwandophones de l'est qu'on forgera un État capable d'assurer l'avenir de la RDC dans un monde en surchauffe.

Pierre Bigras

  • Les guerres de l'avenir seront des guerres de survie plutôt que des guerres religieuse, idéologiques ou d'honneur national.
  • D'ici à 2007 de violentes tempêtes fracasseront les digues côtières de la Hollande rendant une grande partie du pays inhabitable. Des villes comme La Haye devront être abandonnée. En Californie, les digues des îles du delta de la rivière Sacramento seront rompues, détruisant ainsi l'aqueduc qui transport l'eau potable du nord au sud de l'État.
  • Entre 2010 et 2020 l'Europe sera la région la plus durement touchée par le changement climatique, avec une baisse moyenne des température de 6 degrés Farenheit. Le climat du Royaume-Uni deviendra plus froid et plus sec et ressemblera de plus en plus à celui de la Sibérie.
  • Les morts causées par les guerres et les famines se conteront par millions, jusqu'à ce que la population planétaire soit réduite à une échelle que les ressources de la terre pourront supporter.
  • Les émeutes et les conflits internes déchireront l'Inde, l'Afrique du Sud et l'Indonésie (NDLR Obsac : et la RDC? Elle ne sera pas déchirée par des émeutes et des conflits elle non plus. On peut raisonnablement penser que le bassin du fleuve Congo sera l'objet de biens des convoitise de la part de ses voisins, à la fois proches et distants...)
  • L'accès à l'eau deviendra une cause majeure de conflits. Le Nil, le Danube, et l'Amazone sont tous mentionnés dans l'étude du Pentagone, comme étant des zones à hauts risques.
  • Une 'baisse significative' de la capacité de la planète à maintenir la présente population humaine deviendra apparente au cours des 20 prochaines années.
  • Des zones riches comme les États-Unis et l'Europe deviendront virtuellement des 'forteresses' pour empêcher des millions de migrants d'y pénétrer après qu'ils auront été chassés de régions envahies par la mer ou incapables de produire des récoltes. Des vagues de boatpeople causeront des problème significatifs
  • La prolifération des armes nucléaire deviendra inévitable. Le Japon, la Corée du Sud et l'Allemagne développeront leur arsenal nucléaire, tout comme l'Iran, l'égypte et la Corée du Nord. Israel, la Chine, l'inde et le Pakistan seront continuellement à deux doigts d'utiliser l'arme atomique.
  • D'ici à l'an 2010 les États-Unis et l'Europe connaîtront 33% de jours de plus par année où les températures dépasseront 30 C. Avec la multiplication des tempêtes, des sécheresses et des canicules qui nuieront à l'agriculture, le climat devienra un facteur économique négatif.
  • La vie de plus de 400 millions d'habitants dans les zones subtropicales deviendra extrêmement précaire.
  • L'Europe devra faire face à de graves tensions internes causées par une arrivée massives de personnes qui tenteront d'y trouver refuge. Un grand nombre de Scandinaves chercheront à se déplacer vers un climat plus chaud dans le sud de l'Europe. Cette même Europe méridionale sera prise d'assaut par des réfugiés en provenance des pays africains les plus durement touchés.
  • Des méga-sécheresses affecteront les greniers à blé de la planète, y compris le Midwest américain, où des vents violents causeront l'érosion des sols. L'immense population chinoise et la demande en aliment de cette dernière rendra la Chine particulièrement vulnérable. Le Bangladesh deviendra presque inhabitable à cause de l'augmentation du niveau de la mer qui contaminera les sources d'eau douce de ce pays.