Observatoire
de l'Afrique centrale, 26 décembre 2000
FRANÇAFRIQUE
Ça commence à déballer sérieusement
21 décembre 2000
Jean-François
Mitterand qui de toute évidence ne doit pas beaucoup sourire
en ce moment, vient d'être placé en garde à
vue dans une affaire qui risque à terme de dévoiler
l'existence de liens intimes et coupables au sein d'une gigantesque
nébuleuse reliant la françafrique, le crime organisé,
la mafia russe, les filières diamantaires israëlo-russe,
les ventes d'armes à l'Angola, financées sinon
facilitées par de grandes sociétés pétrolières;
sans mentionner quelques apparitions dans des rôles de
soutien de présidents congolais et autres 'progressistes'
du genre Idriss Déby, Blaise Compaoré, Charles
Taylor et Omar Bongo et Co. qui faisaient et font toujours copain-copain
avec ces réseaux politico-financiers gauche-droite de
la France "profonde", sinon abyssale, qui entretient
et s'abreuve tout à la fois aux mamelles de la corruption
en Afrique et et de l'Hexagone.
Pour vraiment comprendre tous les liens
et associations qui existent il vous faudra vous abonnez à
la lettre mensuelle Billets d'Afrique rédigée
par François-Xavier Verschave (voir le site de l'organisation SURVIE). On trouvera en effet dans le supplément
du numéro 88 une magistrale synthèse sur les acteurs
et les événements qui secouent présentement
la classe politique française et qui risquent de connaître
de sérieux rebondissement dans les semaines qui viennent
- comme si les choses révélées à
date n'étaient pas gravissimes.
Ajoutons que Verschave est présentement
poursuivie
en justice par les trois zozos que sont Bongo-Sassou et Déby-le-débile, au terme du "délit d'offense"
qui ne lui laisse pas la possibilité de se défendre
(because, vieil archaïsme hérité de
la France d'avant la révolution qui correspond grosso
modo au crime de lèse majesté et qui sert encore,
au besoin, pour museler la vérité).
Bref, un mec et une organisation (SURVIE)
qui s'efforce de dévoiler la magouille d'affairistes en
tout genre et qui mérite un appui tangible de la part
de celles et ceux qui tiennent encore à la liberté
et à la vérité.
Mais auparavant vous pouvez toujours
commencer par constater l'ampleur du déballage qui est
en marche en réalisant que même Radio-Canada faisait une place à
la nouvelle. On trouvera évidemment
davantage de détails dans le quotidien parisien Libération. Libé nous offre aussi
un bref 'résumé' sur le personnage de 'Papamadit'.
On y retrouve également les feuilles de route de Pierre Falcone et d'Arcadi
Gaydamak qui sont au centre de ce déballage,
sinon de ce détournement de la République à
des fins privées, comme quoi la françafrique est
également un symptôme de la mondialisation.
Le scandale
ne frappe pas que des personnalité associées au
Parti Socialiste. Le juge Courroye est également 'tombé'
sur une piste qui conduit apparemment à Charles Pasqua,
l'ancien ministre de l'Intérieur qui lui est plutôt
du genre à droite.
Ce qui embête un peu Pasqua c'est
que Phillippe De Villiers son ancien bras droit (sic)
a promis de collaborer avec les juges d'instruction qui instruisent
le volet, disons pasquaesque de cette affaire, mis à jour
de manière aussi inattendu que le volet 'papamadit'
. Tout cela pour
vous dire que le juge Courroye s'approche de Pasqua...
Les deux hommes ne sont pas tendres
l'un envers l'autre, le premier accusant le second de délation,
alors que De Villiers se présente comme le 'Mister
Clean' qui veut faire de la politique dans la transparence
et non pas dans la magouille des financement occultes et de l'enrichissement
par la bande (ou grâce à la bande...au sens de gang!).
Quiqu'il en soit dans l'édition du 4 janvier de Libé on apprend que "le 10 janvier, Philippe
de Villiers, député de Vendée et ex-vice-président
du RPF, est attendu au pôle financier du palais de justice
pour y être entendu à titre de témoin dans
l'affaire Falcone. Le juge Philippe Courroye a décidé
de le convoquer après avoir tenté, en vain, début
décembre, de retrouver trace des contributions du marchand
d'armes dans les comptes du Rassemblement pour la France (RPF).
Le clan Pasqua apparaît avec récurrence dans le
dossier de vente d'armements conclu par Falcone et la firme slovaque
ZTS avec les autorités angolaises."
Le 1e janvier 2001, le système
juridique français rejoingnait la majorité des
pays occidentaux en matière de présomption d'innocence.
La barre s'élevait donc d'un cran pour justifier le maintient
en détention de Jean-Christophe Mitterand. La Cour d'Appel
lui octroyait finalement le 3 janvier une remise en liberté,
conditionnelle au versement d'une caution de près d'un
million de dollars US.
Par
Principe, nous dit son frère Gilbert (à droite),
il ne veut pas (et ne peut pas) payer la caution. Il restera
donc en prison...
Mais attention, il semblerait que le
juge Courroye (ci-dessous à gauche) qui est chargé
de l'instruction de l'affaire ait fait une toute petite erreur
de date dans un
des document déposé à la cour, ce qui faisait
dire à Me Campichi Versini, l'avocat de 'Papamadit' qu'il
s'agissait d'un faux document en écriture.
Qu'à cela ne tienne, selon Libération
le fisc français qui va à son tour s'emparer
de l'affaire reprendra la où le juge d'instruction a fait
un faux pas et Jean-Christophe qui sortira sans doute de prison
n'en sera pas pour autant sorti du bois...
ADDITIONNEL
22 décembre 2000 au 21 janvier 2001
Dans Le Soir de Bruxelles
: « Angolagate » : l'invité
surprise (rien de moins que l'Abbé
Pierre qui dès 1996 avait été mis au courrant
par deux évêques zaïrois des activités
de Papamadit...)
Le Monde brosse le grand portrait des hommes de «l'Angolagate»
13 janvier 2001
Un suicidé accidentel
?
Le Monde
10 janvier 2001
Thierry Imbot, ancien membre des services
spéciaux français, ce consultant international
a été rémunéré par la société
Brenco, spécialisée dans le commerce d'armes.Il
est mort, le 10 octobre à Paris, dans des conditions que
la brigade criminelle a qualifiées d'accidentelles. Accident, accident, lisez, il en restera toujours
quelque chose...
Ventes d´armes à l´Angola
: le PDG de la Sofremi accuse Pierre Falcone
Le Monde
NOTA BENE :
le lien ci-dessus renvoi au dossier complet du Monde en date
du 30 janvier 2001
9 janvier 2001

le nouveau "Mister Clean" de la Sofremi, Henri
Hurand, affirme que ses prédécesseurs roulaient
carosse mais côté business c'était pas les
"gros chars" (NDLR : expression québécoise
qui signifie, grosso modo que ça ne valait pas grand chose;
dans le contexte, c'est également un jeu de mots...).
Les commissions payées aux intermédiaires étaient
faramineuses (lire, entre autres à Pierre Falcone); ce
qui leur permettait "d'arroser" tout le monde, y compris
Jean-Christophe Mitterand : "qui ne brillait pas particulièrement
dans la profession", selon un journaliste de Radio-Canada,
Léo Kalinda qui a rencontré l'intéressé
au Togo à l'époque où "Papamadit"
y était correspondant pour l'AFP - .
Mais prison ou pas, hier, le 8 janvier,
date anniversiaire de la mort de François Mitterand, les
retrouvailles du premier cercle on eu lieu quand même.
L'avocat et la famille ayant convaincu l'intéressé
de cracher une partie de son magot pour sortir de prison, l'ambiance
était moins sombre qu'elle aurait pu l'être. 
Il fallait voir comment André
Rousselet a toisé une jeune reporter qui lui demandait
des nouvelles de Jean Christophe Mitterand. Plus doux carnassier
que ça tu meurt...

Maman y était aussi, Jack Lang, etc. Bref, toute la bande
à Dieu ...qui elle aussi fait partie de la Françafrique.
Comme Pasqua est de la même famille on peut dire : "drôle
de France", comme à une autre époque on
disait..."drôle de guerre".
Le cercle du président
disparu
Les proches de Mitterrand se sont réunis
pour les cinq ans de sa mort,
sauf un
Libération
10 janvier 2001
Ilss sont venus, ils sont tous
là. Ou presque. Les incontournables, comme le PDG d'Yves
Saint Laurent, Pierre Bergé, le président de l'institut
François-Mitterrand, Jean-Louis Bianco, le président
de la Cour des comptes, Pierre Joxe, les rescapés du «droit
d'inventaire» jospiniste tels le ministre de l'Education
nationale, Jack Lang, ou ceux de l'Economie, Laurent Fabius,
et de l'Agriculture, Jean Glavany, et la famille, avec la veuve
de l'ancien chef de l'Etat, Danielle...
Qu'exporte donc la Sofremi ?

Le genre de trucs que la sofremi aurait dû exporter se
limite à des équipements réservés
à la police, comme des menottes par exemples. Cette photo
prouve qu'elle a effectivement exportée des... menottes
vers l'Angola (sic)
Mais on a aussi
exporté plus "lourd"

Trafic d'armes vers l'Angola
: les comptes de la liste de M. Pasqua aux européennes
placés sous séquestre
Les juges soupçonnent son mouvement d'avoir
bénéficié d'un versement de 450.000 dollars.
Des peanuts...
Le Monde
6 janvier 2001
Les enjeux et le poids économique de la
France en Afrique explique en partie
pourquoi Paris n'a pas perdu la bataille politique en Afrique
centrale comme le laissait entendre la presse d'un peu partout.
Parue originalement dans le journal Les Échos,
cet article replace les pendules à l'heure et explique
en grande partie la dynamique derrière la montée
aux barricades de l'Afrique centrale francophone en faveur de
Laurent-Désiré Kabila. Retour d'ascenseur en somme...
ou à cause des sommes!
Pour entrevoir un peu comment tout se
mêle et s'entremêle dans cette françafrique
délirante, aller voir le tableau succinct brossé par SURVIE
du personnage de Paul Barril. On peut
également consulter le dossier de SURVIE sur la Françafrique aux arrêts - En fait il s'agit du portrait le plus exhaustif
des réseaux africains de la France. À l'époque
où l'ex-gendarme Barril barbouze au Rwanda Papamadit était
à l'Élisée, la France était marqué
par le syndrome de Fachoda (sic), au Rwanda elle ne voyait que
la menace anglo-saxonne et, non pas le génocide annoncé.
Barril poursuit d'ailleurs sa carrière de barbouze "privé-public"
auprès des dictateurs africains et ne craint pas de s'afficher sur l'internet. Tout comme Bob Denard qui avait un site web
à www.bobdenard.com, heureusement aujourd'hui disparu
de la toile de l'internet (erreur 404).
ire aussi "L'écurante affaire
angolaise montre que la raison d'Etat ne camoufle plus rien.
L'Afrique soumise à la raison des affaires par François-Xavier Verschave dans la
sections Rebonds de Libération.
Le dossier du journal Le Monde sur le déballage entraîné
par l'affaire du trafic d'arme en direction de l'Angola
Les états d'âme du journal l'Humanité (le 4 janvier 2001) face à l'affaire
Mitterand. On sait que le PCF auquel est associé le journal se
retrouve lui aussi devant les tribunaux
pour des histoires de financement occulte. Bref, aucun parti
politique français, ou presque (les Verts), ne semble
échapper à l'odeur de scandale qui flotte sur l'Hexagone
en ce moment... d'où la prudence du propos sans doute.
Mis en examen hier soir
(op. cit. Libé ) pour «trafic d'influence,
complicité de trafic d'armes et recel d'abus de biens
sociaux», Jean-Christophe Mitterrand ne comprend pas ce
qu'on lui reproche. ( Cf. BBC) Ciel,
en plus il est bête! Faut dire qu'il a une tête d'aristocrate...
Dans Libération aussi : L'affaire de trafic d'armes avec l'Angola
: Cinq millions pour la liberté de Mitterrand fils;
Falcone et compagnie, fournisseurs d'armes en
gros; et, Cohérence...
Le journal Le Monde
rapporte que les juges ont notamment découvert qu'il (J.-C
Mitterand) aurait perçu1,8 million de dollars du marchand
d'armes Pierre Falcone.
Dans l'Humanité,
une description un peu plus poussée des réseaux
et des hommes impliqués dans cette histoire de françafrique.
Une
dépêche de l'AFP raconte
comment de fil en aiguille, complètement "par hasard"
dit la dépêche (sic) les autorités judiciaires
sont 'tombées' sur 'Papamadit' Mitterand. On enquêtait
sur des ventes d'armes au Maroc, on se retrouve en Angola ! (si
la dépêche n'est plus disponible, cliquer ici)
La Brenco de Pierre Falcone par qui
le scandale arrive ne fait pas d'ailleur que vendre des armes
à l'Angola, elle est aussi présente dans le dossier
de la réhabilitation des chemins de fer de ce pays. (Voir
sur le très officiel site web du ministère français du Commerce
extérieur)
La cellule Afrique ce n'est pas la françafrique
mais
selon l'AFP la première avait une réputation aussi
sulfureuse que la deuxième...
L'agence
Reuters citait pour sa part les propos de l'ex-capitaine
Paul Barril, ancien patron du GIGN, qui estime que la mise en
examen et l'incarcération de Jean-Christophe Mitterrand
pour complicité dans un trafic d'armes vers l'Angola est
une "affaire d'Etat". C'est une expression qui
reviendra souvent...
"Nous ne sommes qu'au début des révélations",
souligne l'ancien chef du Groupe d'intervention de la gendarmerie
nationale (et 'barbouze-privé' en chef de la magouille
française au Rwanda d'Habyarimana) dans une entrevue au
quotidien Le Parisien, publiée samedi. (Entre
nous Barril est bien placé pour le savoir puisqu'il a
été impliqué dans pas mal de coups fourrés
sur le continent africain. D'ailleurs il n'y a qu'à lire
son livre : "L'Enquête explosive",
qui porte sur les réseaux africains de la France, Paul
Barril y évoque d'autres trafics d'armes, avec la Côte
d'Ivoire notamment. "Que ce soit avec l'Angola ou la
Côte d'Ivoire, il y a toujours eu des livraisons",
dit-il.)
Prié de dire s'il voit dans cette affaire une "affaire
d'Etat", il répond: "Bien sûr"
et précise: "Le fils de l'ancien président
de la République écroué, sous des chefs
d'accusation particulièrement graves, c'est une bombe
en Afrique. Pour la politique de la France, qui a déjà
tendance à lâcher du lest dans ce continent, c'est
une catastrophe".
"Les gens, en Afrique, ne comprennent plus rien. Et
les chefs d'Etat, eux, ont peur", poursuit-il en évoquant
le président gabonais Omar Bongo, qui "doit
trembler". "Il n'est pas près de revenir
à Paris", estime-t-il.
Voilà en fait, selon l'obsac, un très beau cadeau
de Noël pour tous celles et ceux qui en ont marre de cette
farce sinistre des discours officiels, alors que dans la pratique
des réseaux occultes détournent l'État et
commettent ce qu'il faudra bien qualifier un jour de crimes contre
l'humanité. Car quel est donc le résultat de ces
trafics, de ces discours fourchus, sinon la création d'une
douleur humaine sans borne imposée aux populations des
pays d'Afrique. 'Papamadit' est en prison et Omar Bongo ne viendra
plus à Paris... C'est très bien ainsi, mais souhaitons
avec Barril que ce ne soit qu'un début, mais pour des
raisons bien différentes des siennes... ;-)))
et
REBELOTTE
3 janvier 2001
LIEN TROUVÉ DANS
LIBERATION :
Pour en savoir un peu plus sur les
magouilles des trafiquants d'armes et la complaisance de certains
États avec ces derniers, Libération nous pointe
vers le site web d'une ONG norvégienne (nisat.org) qui suit le trafic des armes de
près
The Arms Fixers
Controlling the Brokers and Shipping Agents
By
Brian Wood and Johan Peleman
13 avril 2001
Voir aussi notre
topo sur le topo du magazine belge Le Vif
et
La dernière mise à jour
du dossier "Angolagate"
du journal Le Monde où
on peut constater que la DGSE, la DST et les Renseignements généraux
avaient des opinions bien différentes sur Arkady Gaydamak,
le personnage centrale de toute cette histoire.