L'Observatoire de l'Afrique centrale
Volume 3, numéro 47, du 25 au 31 décembre 2000
Dernière mise à jour le 26 décembre 2000

NOTA BENE : encore une fois l'Observatoire de l'Afrique centrale proteste contre tous ses sysops à la con (je mesure mes mots) qui ne cessent de changer les URL des articles parus dans les sites web de journaux comme Le Soir (Bruxelles), Libération et Le Monde (Paris). Lorsqu'un article paraît on lui attribue un URL, ensuite, on le classe dans un dossier, ou dans les archives, selon une logique variable, en lui attribuant une autre identité. Évidemment, ce 'nombrilisme' fait en sorte qu'il est souvent impossible de donner des références capables de tenir le coup plus de 24 heures. L'obsac renvoi tous ces amateurs vers la norme en la matière, le site web pour l'Afrique de la BBC, où un article possède et conserve la même identité tout au long de sa "carrière" sur les serveurs de l'entreprise. Une référence que ferait bien d'émuler la presse française et belge.

P. B.

NDLR : le présent dossier est organisé par ordre chronologique. Voir en bas de page pour les plus récents articles publiés dans la presse française (dernière mise à jour : 13 avril 2001)


Observatoire de l'Afrique centrale, 26 décembre 2000

FRANÇAFRIQUE
Ça commence à déballer sérieusement
21 décembre 2000

Jean-François Mitterand qui de toute évidence ne doit pas beaucoup sourire en ce moment, vient d'être placé en garde à vue dans une affaire qui risque à terme de dévoiler l'existence de liens intimes et coupables au sein d'une gigantesque nébuleuse reliant la françafrique, le crime organisé, la mafia russe, les filières diamantaires israëlo-russe, les ventes d'armes à l'Angola, financées sinon facilitées par de grandes sociétés pétrolières; sans mentionner quelques apparitions dans des rôles de soutien de présidents congolais et autres 'progressistes' du genre Idriss Déby, Blaise Compaoré, Charles Taylor et Omar Bongo et Co. qui faisaient et font toujours copain-copain avec ces réseaux politico-financiers gauche-droite de la France "profonde", sinon abyssale, qui entretient et s'abreuve tout à la fois aux mamelles de la corruption en Afrique et et de l'Hexagone.

Pour vraiment comprendre tous les liens et associations qui existent il vous faudra vous abonnez à la lettre mensuelle Billets d'Afrique rédigée par François-Xavier Verschave (voir le site de l'organisation SURVIE). On trouvera en effet dans le supplément du numéro 88 une magistrale synthèse sur les acteurs et les événements qui secouent présentement la classe politique française et qui risquent de connaître de sérieux rebondissement dans les semaines qui viennent - comme si les choses révélées à date n'étaient pas gravissimes.

Ajoutons que Verschave est présentement poursuivie en justice par les trois zozos que sont Bongo-Sassou et Déby-le-débile, au terme du "délit d'offense" qui ne lui laisse pas la possibilité de se défendre (because, vieil archaïsme hérité de la France d'avant la révolution qui correspond grosso modo au crime de lèse majesté et qui sert encore, au besoin, pour museler la vérité).

Bref, un mec et une organisation (SURVIE) qui s'efforce de dévoiler la magouille d'affairistes en tout genre et qui mérite un appui tangible de la part de celles et ceux qui tiennent encore à la liberté et à la vérité.

Mais auparavant vous pouvez toujours commencer par constater l'ampleur du déballage qui est en marche en réalisant que même Radio-Canada faisait une place à la nouvelle. On trouvera évidemment davantage de détails dans le quotidien parisien Libération. Libé nous offre aussi un bref 'résumé' sur le personnage de 'Papamadit'. On y retrouve également les feuilles de route de Pierre Falcone et d'Arcadi Gaydamak qui sont au centre de ce déballage, sinon de ce détournement de la République à des fins privées, comme quoi la françafrique est également un symptôme de la mondialisation.

Le scandale ne frappe pas que des personnalité associées au Parti Socialiste. Le juge Courroye est également 'tombé' sur une piste qui conduit apparemment à Charles Pasqua, l'ancien ministre de l'Intérieur qui lui est plutôt du genre à droite.

Ce qui embête un peu Pasqua c'est que Phillippe De Villiers son ancien bras droit (sic) a promis de collaborer avec les juges d'instruction qui instruisent le volet, disons pasquaesque de cette affaire, mis à jour de manière aussi inattendu que le volet 'papamadit'. Tout cela pour vous dire que le juge Courroye s'approche de Pasqua...

Les deux hommes ne sont pas tendres l'un envers l'autre, le premier accusant le second de délation, alors que De Villiers se présente comme le 'Mister Clean' qui veut faire de la politique dans la transparence et non pas dans la magouille des financement occultes et de l'enrichissement par la bande (ou grâce à la bande...au sens de gang!). Quiqu'il en soit dans l'édition du 4 janvier de Libé on apprend que "le 10 janvier, Philippe de Villiers, député de Vendée et ex-vice-président du RPF, est attendu au pôle financier du palais de justice pour y être entendu à titre de témoin dans l'affaire Falcone. Le juge Philippe Courroye a décidé de le convoquer après avoir tenté, en vain, début décembre, de retrouver trace des contributions du marchand d'armes dans les comptes du Rassemblement pour la France (RPF). Le clan Pasqua apparaît avec récurrence dans le dossier de vente d'armements conclu par Falcone et la firme slovaque ZTS avec les autorités angolaises."

Le 1e janvier 2001, le système juridique français rejoingnait la majorité des pays occidentaux en matière de présomption d'innocence. La barre s'élevait donc d'un cran pour justifier le maintient en détention de Jean-Christophe Mitterand. La Cour d'Appel lui octroyait finalement le 3 janvier une remise en liberté, conditionnelle au versement d'une caution de près d'un million de dollars US.

Par Principe, nous dit son frère Gilbert (à droite), il ne veut pas (et ne peut pas) payer la caution. Il restera donc en prison...

Mais attention, il semblerait que le juge Courroye (ci-dessous à gauche) qui est chargé de l'instruction de l'affaire ait fait une toute petite erreur de date dans un des document déposé à la cour, ce qui faisait dire à Me Campichi Versini, l'avocat de 'Papamadit' qu'il s'agissait d'un faux document en écriture.

Qu'à cela ne tienne, selon Libération le fisc français qui va à son tour s'emparer de l'affaire reprendra la où le juge d'instruction a fait un faux pas et Jean-Christophe qui sortira sans doute de prison n'en sera pas pour autant sorti du bois...


ADDITIONNEL
22 décembre 2000 au 21 janvier 2001

Dans Le Soir de Bruxelles : « Angolagate » : l'invité surprise (rien de moins que l'Abbé Pierre qui dès 1996 avait été mis au courrant par deux évêques zaïrois des activités de Papamadit...)

Le Monde brosse le grand portrait des hommes de «l'Angolagate»
13 janvier 2001

Un suicidé accidentel ?
Le Monde
10 janvier 2001

Thierry Imbot, ancien membre des services spéciaux français, ce consultant international a été rémunéré par la société Brenco, spécialisée dans le commerce d'armes.Il est mort, le 10 octobre à Paris, dans des conditions que la brigade criminelle a qualifiées d'accidentelles. Accident, accident, lisez, il en restera toujours quelque chose...

Ventes d´armes à l´Angola : le PDG de la Sofremi accuse Pierre Falcone
Le Monde
NOTA BENE : le lien ci-dessus renvoi au dossier complet du Monde en date du 30 janvier 2001
9 janvier 2001


le nouveau "Mister Clean" de la Sofremi, Henri Hurand, affirme que ses prédécesseurs roulaient carosse mais côté business c'était pas les "gros chars" (NDLR : expression québécoise qui signifie, grosso modo que ça ne valait pas grand chose; dans le contexte, c'est également un jeu de mots...). Les commissions payées aux intermédiaires étaient faramineuses (lire, entre autres à Pierre Falcone); ce qui leur permettait "d'arroser" tout le monde, y compris Jean-Christophe Mitterand : "qui ne brillait pas particulièrement dans la profession", selon un journaliste de Radio-Canada, Léo Kalinda qui a rencontré l'intéressé au Togo à l'époque où "Papamadit" y était correspondant pour l'AFP - .

Mais prison ou pas, hier, le 8 janvier, date anniversiaire de la mort de François Mitterand, les retrouvailles du premier cercle on eu lieu quand même. L'avocat et la famille ayant convaincu l'intéressé de cracher une partie de son magot pour sortir de prison, l'ambiance était moins sombre qu'elle aurait pu l'être.

Il fallait voir comment André Rousselet a toisé une jeune reporter qui lui demandait des nouvelles de Jean Christophe Mitterand. Plus doux carnassier que ça tu meurt...

 


Maman y était aussi, Jack Lang, etc. Bref, toute la bande à Dieu ...qui elle aussi fait partie de la Françafrique. Comme Pasqua est de la même famille on peut dire : "drôle de France", comme à une autre époque on disait..."drôle de guerre".

 

Le cercle du président disparu
Les proches de Mitterrand se sont réunis pour les cinq ans de sa mort,
sauf un

Libération
10 janvier 2001

Ilss sont venus, ils sont tous là. Ou presque. Les incontournables, comme le PDG d'Yves Saint Laurent, Pierre Bergé, le président de l'institut François-Mitterrand, Jean-Louis Bianco, le président de la Cour des comptes, Pierre Joxe, les rescapés du «droit d'inventaire» jospiniste tels le ministre de l'Education nationale, Jack Lang, ou ceux de l'Economie, Laurent Fabius, et de l'Agriculture, Jean Glavany, et la famille, avec la veuve de l'ancien chef de l'Etat, Danielle...

 


Qu'exporte donc la Sofremi ?

Le genre de trucs que la sofremi aurait dû exporter se limite à des équipements réservés à la police, comme des menottes par exemples. Cette photo prouve qu'elle a effectivement exportée des... menottes vers l'Angola (sic)

Mais on a aussi exporté plus "lourd"

Trafic d'armes vers l'Angola : les comptes de la liste de M. Pasqua aux européennes placés sous séquestre
Les juges soupçonnent son mouvement d'avoir bénéficié d'un versement de 450.000 dollars.
Des peanuts...
Le Monde
6 janvier 2001

Les enjeux et le poids économique de la France en Afrique explique en partie pourquoi Paris n'a pas perdu la bataille politique en Afrique centrale comme le laissait entendre la presse d'un peu partout. Parue originalement dans le journal Les Échos, cet article replace les pendules à l'heure et explique en grande partie la dynamique derrière la montée aux barricades de l'Afrique centrale francophone en faveur de Laurent-Désiré Kabila. Retour d'ascenseur en somme... ou à cause des sommes!

Pour entrevoir un peu comment tout se mêle et s'entremêle dans cette françafrique délirante, aller voir le tableau succinct brossé par SURVIE du personnage de Paul Barril. On peut également consulter le dossier de SURVIE sur la Françafrique aux arrêts - En fait il s'agit du portrait le plus exhaustif des réseaux africains de la France. À l'époque où l'ex-gendarme Barril barbouze au Rwanda Papamadit était à l'Élisée, la France était marqué par le syndrome de Fachoda (sic), au Rwanda elle ne voyait que la menace anglo-saxonne et, non pas le génocide annoncé. Barril poursuit d'ailleurs sa carrière de barbouze "privé-public" auprès des dictateurs africains et ne craint pas de s'afficher sur l'internet. Tout comme Bob Denard qui avait un site web à www.bobdenard.com, heureusement aujourd'hui disparu de la toile de l'internet (erreur 404).

ire aussi "L'écurante affaire angolaise montre que la raison d'Etat ne camoufle plus rien. L'Afrique soumise à la raison des affaires par François-Xavier Verschave dans la sections Rebonds de Libération.

Le dossier du journal Le Monde sur le déballage entraîné par l'affaire du trafic d'arme en direction de l'Angola

Les états d'âme du journal l'Humanité (le 4 janvier 2001) face à l'affaire Mitterand. On sait que le PCF auquel est associé le journal se retrouve lui aussi devant les tribunaux pour des histoires de financement occulte. Bref, aucun parti politique français, ou presque (les Verts), ne semble échapper à l'odeur de scandale qui flotte sur l'Hexagone en ce moment... d'où la prudence du propos sans doute.

Mis en examen hier soir (op. cit. Libé ) pour «trafic d'influence, complicité de trafic d'armes et recel d'abus de biens sociaux», Jean-Christophe Mitterrand ne comprend pas ce qu'on lui reproche. ( Cf. BBC) Ciel, en plus il est bête! Faut dire qu'il a une tête d'aristocrate...

Dans Libération aussi : L'affaire de trafic d'armes avec l'Angola : Cinq millions pour la liberté de Mitterrand fils;
Falcone et compagnie, fournisseurs d'armes en gros; et, Cohérence...

Le journal Le Monde rapporte que les juges ont notamment découvert qu'il (J.-C Mitterand) aurait perçu1,8 million de dollars du marchand d'armes Pierre Falcone.

Dans l'Humanité, une description un peu plus poussée des réseaux et des hommes impliqués dans cette histoire de françafrique.

Une dépêche de l'AFP raconte comment de fil en aiguille, complètement "par hasard" dit la dépêche (sic) les autorités judiciaires sont 'tombées' sur 'Papamadit' Mitterand. On enquêtait sur des ventes d'armes au Maroc, on se retrouve en Angola ! (si la dépêche n'est plus disponible, cliquer ici)

La Brenco de Pierre Falcone par qui le scandale arrive ne fait pas d'ailleur que vendre des armes à l'Angola, elle est aussi présente dans le dossier de la réhabilitation des chemins de fer de ce pays. (Voir sur le très officiel site web du ministère français du Commerce extérieur)

La cellule Afrique ce n'est pas la françafrique mais selon l'AFP la première avait une réputation aussi sulfureuse que la deuxième...

L'agence Reuters citait pour sa part les propos de l'ex-capitaine Paul Barril, ancien patron du GIGN, qui estime que la mise en examen et l'incarcération de Jean-Christophe Mitterrand pour complicité dans un trafic d'armes vers l'Angola est une "affaire d'Etat". C'est une expression qui reviendra souvent...

"Nous ne sommes qu'au début des révélations", souligne l'ancien chef du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (et 'barbouze-privé' en chef de la magouille française au Rwanda d'Habyarimana) dans une entrevue au quotidien Le Parisien, publiée samedi. (Entre nous Barril est bien placé pour le savoir puisqu'il a été impliqué dans pas mal de coups fourrés sur le continent africain. D'ailleurs il n'y a qu'à lire son livre : "L'Enquête explosive", qui porte sur les réseaux africains de la France, Paul Barril y évoque d'autres trafics d'armes, avec la Côte d'Ivoire notamment. "Que ce soit avec l'Angola ou la Côte d'Ivoire, il y a toujours eu des livraisons", dit-il.)

Prié de dire s'il voit dans cette affaire une "affaire d'Etat", il répond: "Bien sûr" et précise: "Le fils de l'ancien président de la République écroué, sous des chefs d'accusation particulièrement graves, c'est une bombe en Afrique. Pour la politique de la France, qui a déjà tendance à lâcher du lest dans ce continent, c'est une catastrophe".

"Les gens, en Afrique, ne comprennent plus rien. Et les chefs d'Etat, eux, ont peur", poursuit-il en évoquant le président gabonais Omar Bongo, qui "doit trembler". "Il n'est pas près de revenir à Paris", estime-t-il.

Voilà en fait, selon l'obsac, un très beau cadeau de Noël pour tous celles et ceux qui en ont marre de cette farce sinistre des discours officiels, alors que dans la pratique des réseaux occultes détournent l'État et commettent ce qu'il faudra bien qualifier un jour de crimes contre l'humanité. Car quel est donc le résultat de ces trafics, de ces discours fourchus, sinon la création d'une douleur humaine sans borne imposée aux populations des pays d'Afrique. 'Papamadit' est en prison et Omar Bongo ne viendra plus à Paris... C'est très bien ainsi, mais souhaitons avec Barril que ce ne soit qu'un début, mais pour des raisons bien différentes des siennes... ;-)))

et
REBELOTTE

3 janvier 2001


LIEN TROUVÉ DANS
LIBERATION :

Pour en savoir un peu plus sur les magouilles des trafiquants d'armes et la complaisance de certains États avec ces derniers, Libération nous pointe vers le site web d'une ONG norvégienne (nisat.org) qui suit le trafic des armes de près
The Arms Fixers
Controlling the Brokers and Shipping Agents

By
Brian Wood and Johan Peleman

13 avril 2001
Voir aussi notre topo sur le topo du magazine belge Le Vif

et

La dernière mise à jour du dossier "Angolagate" du journal Le Monde où on peut constater que la DGSE, la DST et les Renseignements généraux avaient des opinions bien différentes sur Arkady Gaydamak, le personnage centrale de toute cette histoire.