JEUNES POUR LA PAIX ET LE PROGRES COMMUNAUTAIRE, J.P.P.CO / KADUTU/SUD-KIVU

 

L'Observatoire de l'Afrique centrale

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J.P.P. CO / KADUTU

" JEUNES POUR LA PAIX ET LE PROGRES COMMUNAUTAIRE 

KADUTU/SUD-KIVU

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Le 25 février 2000

 

LES JEUNES DE KADUTU REPONDENT AUX BANYAMULENGE

 

En vue d'éclairer nos partenaires, surtout ceux du Nord, et pour rétablir la vérité sur la situation qui prévaut à Bukavu,

Nous, membres de l'Association " Jeunes pour la Paix et le Progrès communautaire " apportons un démenti formel à certains éléments de la " réaction de la communauté des Banyamulenge au sujet de la situation qui prévaut chez-nous " et leur lettre du 19 février 2000 intitulée : " Le cri d'un Peuple ".

 

En effet, c'est avec tristesse que nous avons appris que les deux méchantes et calomnieuses lettres des Banyamulenge sont multipliées en grande quantité en Europe et circulent dans le monde entier. Cela pour trois raisons :

  • Faire croire à l'opinion internationale que les Tutsis sont particulièrement menacés dans la Province du Sud-Kivu, et surtout dans les communes de Kadutu et Bagira, alors que c'est eux qui dirigent ici.
  • Ensuite, créer auprès des Tutsis du monde entier (ceux du Rwanda, du Burundi, de l'Ouganda, de l'Ethiopie, de la Somalie, d'Egypte) un sentiment de révolte et de xénophobie contre le peuple congolais.
  • Enfin, masquer la division qui règne entre eux, car les extrémistes qui occupent des postes à Bukavu ne savent plus ce que veulent les modérés des FRF de Ruhimbika et les paysans d'Itombwe.

 

Par la présente, nous réaffirmons :

  • Que le peuple congolais, mieux encore les différentes ethnies peuplant les communes de Kadutu et de Bagira n'ont jamais développé en leur sein la culture de la mort. Cas exemplatif : le marché central de Kadutu reste le lieu unique d'approvisionnement pour tout le monde. Bien plus, des familles Tutsi vivent en paix à Kadutu. Le Bourgmestre-adjoint de notre commune est Tutsi et il vient au travail chaque jour en sécurité. Leurs enfants étudient dans les mêmes écoles et universités que nous, sans être inquiétés. Comment des personnes " en danger d'extermination " peuvent-elles se pavaner en ville tranquillement, prier dans des " sheetigns ", et venir à leur bureau où ils commandent et administrent ? L'anecdote du chien tué au quartier Essence est montée inutilement en épingle : ce n'était qu'un fait divers d'enfants qui jouaient avec un chien mort qu'ils avaient trouvé sur la rue.
  • Que l'hospitalité est l'une de nos valeurs ancestrales : la xénophobie et le " génocide " sont d'importation étrangère. Le terme " génocide " est actuellement dévalué et utilisé comme une marchandise pour se couvrir. Il devient la propriété d'une ethnie de manière démagogique.
  • Que c'est notre droit inaliénable de combattre pour la souveraineté du peuple congolais et l'intégrité nationale.
  • Que les Banyamulenge sont nos frères à l'instar de toutes les communautés du Sud-Kivu et qu'ils ont droit à la vie et à la protection.
  • Que s'ils se démarquent des agresseurs de leur pays le Congo ils seront en sécurité.

 

Cela étant, nous sommes d'accord avec la communauté Banyamulenge pour son regard et son constat sincère quant à la mauvaise gestion de la chose publique dont est responsable le RCD. Ils en font partie. Que les Banyamulenge cessent de servir chaque fois de " prétextes " pour les agresseurs du pays.

 

Si les Banyamulenge veulent vraiment la paix, et une paix durable, l'association J.P.P.CO les invite à :

  • Ecrire une nouvelle lettre qui réfute et donc annule la lettre du 03 février ainsi que celle du 19 février 2000 , notamment en retirant les accusations contre les Responsables des églises et de la Société Civile du Sud-Kivu ;
  • Citer les noms des cadres du RCD, de l'Armée, de la Police et de l'Administration publique du RCD qu'ils accusent d'être derrière le " mouvement de chasse aux Tutsis " ; cela pour rétablir l'équité et ne pas tromper l'opinion ;
  • Accepter qu'il y a une erreur grave et mensongère quant au nombre de personnes tuées en 1996 à Bukavu : d'abord, il y avait très peu de Banyamulenge à Bukavu à l'époque. Ensuite, des milliers de Congolais civils furent sauvagement abattus par les soldats Tutsi qui avaient investi la ville (3.000 morts !) dont Mgr. MUNZIHIRWA, Archevêque de Bukavu. Evoquer les morts d'un côté seulement c'est provoquer les parents des victimes congolaises. Enfin, le contexte de 1996 s'inscrivait dans le conflit " Hutu " - " Tutsi " de leur génocide et ne correspond en rien aux revendications sociales et de dignité humaine des congolais d'aujourd'hui. Au lieu de lancer des menaces, nous invitons les Banyamulenge à la palabre africaine. Reconnaître que les pseudonymes dont on accable les Tutsi (" mission ", " bord ") sont en réalité destinés à ceux d'entre eux qui sont armés et qu'on les lance aussi aux soldats congolais et même aux sorciers. Il s'agit d'une réponse pacifique et populaire que les autres leur donnent et qui constitue un exutoire psychologique à l'orgueil qui les caractérise et aux insultes qu'eux-mêmes (les Tutsis) profèrent à l'endroit des autres : " wajinga ", " kichuchu ", etc. (idiots, vauriens)
  • Demander pardon aux personnalités citées nommément dans leur lettre et qui seraient en droit de leur intenter un procès en diffamation, spécialement le Dr. KUYE DONDO WA MULEMERA, Président de l'Eglise du Christ au Congo et Mgr. Emmanuël KATALIKO, Archevêque de Bukavu dont le message de Noël 1999 est cité démagogiquement sans qu'ils l'aient lu.
  • Cesser de se présenter toujours en victimes alors que leur " instrumentalisation " par le Rwanda est la vraie cause de l'aversion que leur portent les autres communautés du Sud-Kivu.

 

En définitive, nous, membres de  J.P.P.CO /Kadutu, réitérons notre engagement pour la paix et la tolérance, pour la vérité et la cohabitation pacifique de toutes les ethnies du Sud-Kivu sans considération de la physionomie et cela pour les lendemains meilleurs.

 

Fait à Bukavu, le 25/02/2000

 

LES SIGNATAIRES

 

  1. Zihindula Ishamba, Chancelier J.P.P.CO / Kadutu
  2. Nkolanyi, Trésorier J.P.P.CO / Kadutu
  3. Bahati B., Coordonnateur J.P.P.CO
  4. Robert Mudundu, Animateur principal
  5. Patrick Z., Secrétaire général
  6. Claude Chuma
  7. Antoine Tshimanga, Trésorier adjoint
  8. Ilunga M., Membre
  9. Namegabe Nabani
  10. Mukulumanya Wit.
  11. Swedi Wabilenga
  12. Wemba T.
  13. Emmanuël Mulubi
  14. Lungele Bulambo
  15. Kapinga Odette
  16. Riziki Kabuya


NDLR : on trouvera ci-après des liens vers les textes auxquels se réfère le J.P.P. CO / KADUTU. On se rappeller que la lettre de la communauté Banyamulenge a été publiée pendant l'offensive «d'informations dirigées» (lire propagande) qui agitait le spectre d'un génocide appréhendé contre les Tutsis congolais au cours du mois de février. Il aurait été difficile d'expliquer comment une telle chose aurait pu se produire alors que le territoire en question est sous le contrôle effectif des troupes rwandaises et de celles des rebelles du RCD-Goma. Passons!

Nous avions donc publié le 11 février 2000 une série de textes intitulés :

Ça chauffe au Kivu...

Nous invitons nos lectrices et nos lecteurs à y retourner pour méditer sur le fait de l'émergence d'une volonté politique partagée par la majorité des Congolais qui veulent la fin de cette guerre absurde et le retrait des troupes rwandaises et ougandaises de l'est de la RDC.

Demain, publication de la position du FRF
que nous avons, semble-t-il égaré dans les méandres d'un de nos disque dur.