mardi le 02 juin 2009
Après l'opération Umoja Wetu : c'est le déluge FDLR dans l'est
Comme nous l'avions prédit à trois reprises déjà, la fin de l'opération militaire rwando-congolaise contre les FDLR dans le Nord-Kivu n'a pas débouché sur la paix tant attendue dans cette région. Au contraire, les miliciens hutus rwandais issus du génocide des Tutsis de 1994 au Rwanda, connus actuellement sous le nom de FDLR, ont repris leurs sinistres activités contre la population civile dans le Nord et le Sud-Kivu. En effet, depuis plusieurs semaines maintenant, il ne se passe pas une journée sans que les médias fassent état de nouvelles attaques contre les villageois de ces deux provinces.
L'opération Kimia, conduite par les FARDC avec l'appui de la MONUC, qui devait débuter au Sud-Kivu n'a toujours pas démarré, alors que les attaques et les exactions des FDLR redoublent d'intensité. Certaines ONG ont même tenté de dissuader le gouvernement congolais de lancer cette opération militaire, parce qu'elles craignent justement que les FDLR exercent ensuite des représailles contre la population du Sud-Kivu, comme c'est le cas en ce moment au Nord-Kivu à la suite de l'opération Umoja Wetu. Or, même si l'opération Kimia n'a pas encore eu lieu, les FDLR ne se gênent pas pour augmenter le nombre et l'intensité de leurs attaques meurtrières contre la population villageoise.
La vraie question qui se pose, compte tenu de la situation alarmante dans les deux provinces du Kivu, est de savoir quelle forme prendra maintenant la coopération rwando-congolaise. Il est assez clair que les FARDC, même appuyées par les blindés et les hélicoptères de la MONUC, ne pourront pas démanteler les bases des FDLR. D'ailleurs, certains éléments des FARDC continuent encore à faire du Business as usual avec leurs copains FDLR. Dans ce contexte, toute solution militaire efficace contre les FDLR implique le retour en territoire congolais des forces armées rwandaises pour une durée beaucoup plus longue, sinon indéterminée. Même l'ICG, hier hostile à tout intervention rwandaise, recommande maintenant dans son dernier rapport sur la situation dans l'est du Congo, l'utilisation des forces spéciales rwandaises pour appuyer les FARDC dans leur traque des FDLR et la destruction de leurs bases en territoire congolais. On comprendra ici que la donne diplomatique a changé dans certaines chancelleries occidentales... en commençant bien entendu par Paris!
Cette perspective d'une intervention rwandaise risque pourtant de causer quelques remous dans certains cercles politiques de la capitale congolaise. Avec la mise à l'écart de Vital Kamerhe au perchoir de l'Assemblée nationale et son remplacement par Évariste Boshab, le président Joseph Kabila a tenté de resserrer son contrôle sur le parlement, d'où était partie la fronde contre l'intervention militaire rwandaise aux côtés des FARDC en janvier dernier. Évidemment, tout risque politique n'est pas exclu pour Kabila. D'ailleurs, la journaliste belge Colette Braeckman, affectueusement appelée « Mama Colette » par ses amis de Kinshasa, a récemment décrit un complot en préparation par les FDLR contre le président Joseph Kabila, qui n'est pas sans nous rappeler certaines des histoires de complots qu'elle brodait déjà à l'époque de Mzee Kabila père. Il faut dire que ses sources au sein de l'ANR (entre autres) et dans l'entourage de Joseph sont nombreuses et qu'elles savent, ces sources, se raconter des histoires qui font peur en puisant dans leur propre paranoïa.
En parlant de paranoïa, nous voulons ici faire mention d'un brûlot que nous n'avions pas daigné aborder jusqu'ici. Il s'agit de la sortie dans les pages du quotidien Le Potentiel d'un texte non signé qui attaquait l'Institut Pole de Goma sur le ton des complots Hima-Tutsi dont serait victime le Zaïre (depuis la Conférence souveraine... au moins) et surtout la RDC, depuis la guerre dite de l'AFDL (96-98) et ensuite de la Première Grande Guerre africaine (1998-2003). Ce texte, maintenant introuvable sur le site du Potentiel n'en poursuit pas moins sa carrière corrosive sur le site web de AllAfrica.com. Le Potentiel heureusement a accordé à l'Institut Pole un droit de réponse dans ses propres pages. Malheureusement, la rédaction s'est ensuite crue autorisée à faire un commentaire qui, selon notre propre lecture, soulève des doutes sur la "congolité" (sic) de Pole Institute. Ce n'est pas comme ça qu'on fera avancer une nécessaire et définitive réconciliation nationale.
Pendant que les FDLR font parler la poudre dans l'est, les troupes angolaises sont de nouveau en excursion au Bas-Congo. Pour combien de temps, Inch Allah!
Par ailleurs, les négociations entre Kinshasa et le FMI sont toujours au point mort à cause des contrats chinois prévoyant le troc de travaux publics contre des ressources minières. Comme le constatait radio Okapi : En cause, les garanties sur plusieurs paramètres que les Congolais devraient présenter pour que le financement chinois ne soit pas un endettement. Première garantie, sur les infrastructures, selon le principe de (sic) FMI, comment faire en sorte que les 300 millions de dollars déjà perçus par le gouvernement auprès des Chinois ne soient pas un endettement supplémentaire? Quel partenaire serait garant de ces investissements? Deuxième garantie porte sur les investissements, notamment dans les secteurs miniers. Le petit tour du directeur du FMI à Kinshasa n'y a rien changé. En attendant, le pays ne peut obtenir le soulagement tant attendu de sa dette extérieure au terme du programme de « Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance » du FM qui lui permettrait de respirer un peu vis-à-vis de ses créanciers internationaux, dont la Banque Mondiale. Cet empêchement, dans le cas de la RDC, équivaut à priver un patient atteint d'une maladie chronique du traitement qui pourrait rendre sa vie plus fonctionnelle. Rappelons que la mission du FMI en RDC à la fin du premier trimestre de 2009 soulignait déjà dans son rapport du 1er avril que : La mission attend la finalisation de l’accord de coopération Sino-Congolais afin d’en évaluer les implications sur la viabilité de la dette et l’allègement de la dette. En d'autres mots, entre ce rapport et la visite de Dominique Strauss-Kahn, n'a pas encore été en mesure de finaliser ladite entente Sino-Congolaise. De toute manière, on ne sait pas vraiment où sont passés les 300 millions de dollars que la Chine aurait déjà avancés au gouvernement congolais.
Il y a d'autres trucs, mais pour le moment c'est suffisant...
La rédaction
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