jeudi le 13 novembre 2008
Ruzibiza l'affirme, j'ai tout inventé, et les Français ont tout gobé
Le régime de Kigali sait où je suis et comment je m'y suis rendu. Je voulais savoir à quel point les politiciens français haïssait les Tusis rwandais et jusqu'où ils voulaient aller contre notre gouvernement.
Surprenant n'est-ce pas. Comme opération embrouille on aura rarement fait mieux. Nous n'en disons pas plus. Nos lecteurs et nos lectrices pourront juger par eux-mêmes.
On pourra trouver ici dans les pages webs de Les nouvelles de Kigali à Bruxelles, l'entrevue accordée par Abdul Ruzibiza à la radio rwandaise Contact FM de Kigali.
Attachez vos ceintures!
Voici notre traduction du compte-rendu publié dans le quotidien gouvernemental New Times de Kigali :
“Les accusations sont basées sur une histoire qui a été montée (une arnaque) par nul autre que moi (Ruzibiza)... et par les témoins auxquels ils (les Français) ont parlé par l'entremise de mes services et je sais comment tout ça a été planifié depuis le début, “a affirmé Ruzibiza en exclusivité à la Radio Contact FM, mardi soir.
Selon le ministre de la Justice, Tharcisse Karugarama, Ruzibiza est le troisième témoin à s'être rétracté, après Deus Kagiraneza et Emmanuel Ruzigana, ce qui peut potentiellement miner grandement la cause du juge français.
Ruzibiza affirme que sa rencontre avec le juge Jean Louis Bruguière, fut organisée grâce à des membres des FDLR qui étaient en contact avec l'Ambassade française à Kampala.
“Je fus mis en contact avec lui (Bruguière) par l'entremise de l'ambassade de France à Kampala et toutes les communications ont été assurées par le leadership des FDLR,” affirme Ruzibiza.
Il ajoute qu'avant sa rencontre avec Bruguière, il a rencontré un policier qui travaillait pour la présidence française à Paris qui lui fut présenté à l'époque sous le nom de Pierre Payebien NDLR Obsac : c'est ce qu'on pourrait qualifier de nom de terrain "inspiré").
“Ce policier a rédigé le document et l'a remis au juge qui l'a signé et (ensuite) je l'ai signé à mon tour... Je n'ai jamais parlé à Bruguière. Même au cours des 30 minutes que nous avons passées ensemble, nous n'avons jamais, si mes souvenirs sont exacts, échangé plus que cinq mots," affirme Ruzibiza.
"Toute cette histoire fut montée par moi et je suis prêt à en assumer les toutes les conséquences," rajoute Ruzibiza
Ruzibiza qui dit avoir suivi de près les machinations du gouvernement français dans ses efforts pour discréditer le gouvernement rwandais, rajoute que Kabuye est victime de ces machinations.
Avec huit autres officiers supérieurs de l'Armée patriotique rwandaise (APR), une force militaire qui a évincé le gouvernement génocidaire, Kabuye est accusée par le juge français d'avoir participé à l'attentat contre l'avion qui transportait l'ex-président (sic) Juvenal Habyarimana.
"Elle ne s'est jamais trouvée près du terrain des opérations et son arrestation est absurde... Elle est seulement une victime," affirme Ruzibiza qui a fui le pays il y a plus de huit ans.
Il (Ruzibiza) remet également en question les compétences de Bruguière en tant que juge, affirmant que ce dernier est un politicien qui est à l'heure actuelle conseiller du président Nicolas Sarkozy.
De plus, il remet en question la légitimité des mandats d'arrestation qui ont été lancés pour la mort de l'équipage de militaires français qui était aux commandes du Falcon 50 de Habyarimana.
"Que faisait un équipage militaire dans un aéronef civil? Leur présence était en-soi illégitime. Ces gens n'étaient que des mercenaires," affirme Ruzibiza, qui fut également un membre de l'APR durant la lutte de libération de 1990-1994.
"Ceci fait en sorte que l'ensemble du dossier est sujet à caution, comme nous l'avons toujours soutenu et ceci démontre à quel point cette cause est dangereuse," affirme Karugarama, qui est également le procureur général du Rwanda. Ce dernier rajoutait que, depuis le début, tout cela a été fabriqué pour servir les intérêts français.
Concernant la légalité d'une rétractation de témoignage, Athanase Rutabingwa, un avocat, a déclaré qu'une telle rétractation est admissible en cour, affirmant que cela va dans le sens des intérêts de la personne qui est accusée.
Les mandats d'arrestation qui ont été produits sur la base du principe de juridiction universelle ont été vigoureusement contestés par différents partis, à la fois au niveau national et international. Ils semblent être un abus du droit international.
Kabuye a été arrêtée dimanche à l'aéroport de Francfort alors qu'elle arrivait (en Allemagne) pour préparer une visite présidentielle. Elle a depuis demandé à être extradée en France pour plaider son innocence.
PB
Add this entry to: