Procès de Pierre Péan pour incitation à la haine raciale


Le procès de Pierre Péan vient de commencer à Paris. Comme le souligne le journaliste Christophe Ayad, Il suffirait de remplacer Tutsi par Juif pour imaginer le tollé qu’aurait provoqué à sa sortie, en novembre 2005, le livre de Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs (Fayard), consacré au génocide de 1994 au Rwanda, où l'auteur affirmait que « La culture du mensonge et de la dissimulation domine toutes les autres chez les Tutsis, et dans une moindre part, par imprégnation, chez les Hutus. » (L'article complet)

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Rwanda: accusé de négationnisme, Pierre Péan craque au 2e jour de son procès

PARIS (AFP) — L'écrivain-enquêteur français Pierre Péan, poursuivi en justice pour son livre sur le génocide rwandais, a fondu en larmes, mercredi, au deuxième jour de son procès, après qu'un des témoins l'eut comparé à un négationniste.

C'est l'intervention de l'ancien président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), Benjamin Abtan, qui a déstabilisé le prévenu qui depuis mardi répond devant le tribunal de Paris de diffamation et d'incitation à la haine raciale pour son ouvrage sur le Rwanda "Noires fureurs, blancs menteurs", publié en novembre 2005 chez Fayard.

Evoquant des rescapés du génocide rwandais qu'il a rencontrés, M. Abtan a affirmé qu'ils "étaient saisis de peur à l'évocation" du nom de Pierre Péan, "une émotion qui dans les références qui sont les miennes ne peuvent que me rappeler l'effet du nom Faurisson sur les rescapés de la Shoah".

Condamné à de nombreuses reprises par la justice française, le négationniste Robert Faurisson conteste depuis plus de 30 ans la réalité de l'Holocauste.

Ayant tenté de remplacer le mot "tutsi" par "juif" dans l'ouvrage de Pierre Péan, l'ancien président de l'UEJF a avoué mercredi n'avoir pu s'empêcher de faire le lien avec Mein Kampf d'Hitler.

Tout en dénonçant "un amalgame intolérable", Pierre Péan a alors fondu en larmes, tandis que le président Philippe Jean-Draeher a suspendu les débats, afin de calmer les esprits.

Après la suspension de séance, le défilé des témoins a repris. Après l'ancien ministre de la Coopération, Bernard Debré, venu soutenir Pierre Péan, devait venir témoigner l'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères Hubert Védrine.

La publication de cet ouvrage de Pierre Péan consacré au génocide rwandais --qui en 1994 a fait selon l'ONU 800.000 morts, essentiellement issus de la minorité tutsie-- avait entraîné en octobre 2006 le dépôt d'une plainte de l'association SOS Racisme.

L'association et le ministère public reprochent à l'écrivain d'affirmer que les Tutsis recourent systématiquement au "mensonge" et à la "dissimulation".

Le procès doit s'achever jeudi soir et la décision être mise en délibéré.

Le génocide rwandais au coeur d'un procès contre Pierre Péan à Paris

PARIS - La justice française se penche depuis mardi, et ce jusqu'à jeudi, sur le génocide rwandais, à l'occasion du procès à Paris de l'écrivain Pierre Péan, poursuivi pour diffamation et incitation à la haine raciale pour son ouvrage sur le Rwanda "Noires fureurs, blancs menteurs".

La publication chez Fayard en novembre 2005 de ce livre consacré au génocide rwandais --qui en 1994 a fait selon l'ONU 800.000 morts, essentiellement issus de la minorité tutsie-- avait entraîné en octobre 2006 le dépôt d'une plainte de l'association SOS Racisme.

Au coeur de la polémique: le "mensonge" des Tutsis. L'association et le ministère public reprochent en effet à Pierre Péan d'affirmer que les Tutsis recourent systématiquement au "mensonge" et à la "dissimulation", auxquels ils seraient formés "dès leur plus tendre enfance".

"Enquêter sur le Rwanda relève du pari impossible tant le mensonge et la dissimulation ont été élevés par les vainqueurs au rang des arts majeurs", observe ainsi l'écrivain dans son ouvrage.

Le président de SOS Racisme Dominique Sopo, à l'origine de la plainte, a réfuté mardi tout téléguidage de Kigali, soulignant le caractère "particulièrement grave" des propos de l'écrivain, étant donné "le crédit" dont il est habituellement gratifié.

Pour Pierre Péan, cette plainte de SOS Racisme est une réelle "flétrissure". "Depuis trois ans, je suis traîné dans la boue. Au mieux, je suis traité de raciste, au pire de négationniste. Tout ça est insupportable et d'ailleurs je ne l'ai pas supporté. Deux mois après ma mise en examen, j'ai eu une crise cardiaque", a-t-il raconté aux magistrats de la 17e chambre.

"A 67 ans, j'aurais pété les plombs pour d'un seul coup nourrir une haine inexpugnable à l'égard des Tutsis? Cela n'a aucun sens", a-t-il argué.

"Indigné et consterné", l'éditeur Claude Durand, de son côté, a critiqué l'attitude de SOS Racisme, qui soudain se retourne contre deux hommes qui ont derrière eux "un demi-siècle de combat contre la discrimination". C'est comme des soldats qui recevraient "des balles dans le dos tirées dans leur propre camp".

Pris à parti sur son absence d'enquête au Rwanda, Pierre Péan a rétorqué ne pas y être allé "volontairement", car il "considère que le régime rwandais est une dictature sanguinaire": "à quoi sert d'aller interroger des témoins alors qu'ils ont peur de leur parole?"

Selon le journaliste et écrivain, "cette culture du mensonge" est au Rwanda, tant chez les Hutus que chez les Tutsis, "quelque chose de totalement ordinaire et fondamental".

Appelé à témoigner, l'historien belge Filip Reyntjens a lui-même confirmé qu'il s'agissait d'"un phénomène historique" qui "aujourd'hui a atteint l'entièreté des Rwandais".

D'ici à jeudi soir, une trentaine de témoins --historiens, universitaires, hommes politiques tels le député Bernard Debré ou l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine-- se relaieront à la barre. La décision sera alors mise en délibéré.

(©AFP / 23 septembre 2008 18h32)

NDLR Obsac : On notera que Filip Reyntjens est venu confirmer l'existence de cette culture du mensonge à partir de laquelle Péan a brodé tout son argumentaire contre les Tutsis en général et contre le FPR et Kagame en particulier. Soit,  il y a même des gens qui affirment que les Burundais sont encore plus indéchiffrables que les Rwandais. Mais on ne voit pas en quoi cela fait du FPR des Kmers Noirs, ni comment cela pourrait justifier la thèse du double génocide. Bref, même si Péan s'est laissé prendre à son propre jeu de pamphlétaire sans véritablement réaliser la portée de ses écrits, il n'en mérite pas moins d'être sanctionné par la justice française. Il ne peut certainement pas aIléguer qu'il s'agit d'une "erreur de jeunesse" (sic). En fait, il ne fait pas de doute que cet ouvrage qui l'a conduit devant la 17e Chambre correctionnelle, représente sans doute sa dernière cartouche en tant que journaliste d'enquête et pamphlétaire. Tout le monde constate que Péan a définitivement perdu la main, que ce livre est une baudruche qui fut jugée à sa juste valeur par celles et ceux qui en ont fait la critique, généralement négative, au moment de son lancement. 


Posted: mercredi le 24 septembre 2008 at 06:22 PM
       

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