Les troupes de l'UA se préparent à reprendre l'île rebelle d'Anjouan dans les Comores 


 Selon le journaliste Emmanuel Goujon de l'AFP, deux navires, avec à leur bord environ 200 soldats, ont quitté dans la  nuit de dimanche à lundi le port de Fomboni, capitale de l'île comorienne de  Mohéli où les contingents africains sont cantonnés, a-t-on appris de sources  portuaires. Le but de l'opération militaire, maintenant imminente, est la reprise de l'île d'Anjouan aux mains du colonel dissident Mohammed Bacar. 

Trois autres navires s'apprétaient à quitter Fomboni dans la journée pour faire route vers Anjouan. En tout 1.500 soldats de l'UA, principalement tanzaniens et soudanais sont arrivés sur l'île de Mohoni, située non loin de l'île d'anjouan, au cours des derniers mois, en préparation de cette opération en appui au gouvernement fédéral des Comores. Le gouvernement fédéral contribuerait 400 militaires, ce qui fait un total combiné de près de 1.800 soldats qui se préparent à affronter les 300 hommes armés dont disposent le colonel Bacar.

Le vice-président des Comores, Idi Nadhoim, affirmait que s'il ne fuyait pas, le colonel Bacar serait arrêté et jugé devant les tribunaux pour trahison, usurpation de pouvoir, torture et crimes de guerre.

L'Union africaine (UA) a décidé de soutenir militairement le gouvernement de l'Union des Comores pour démettre le colonel Mohamed Bacar, président de l'île d'Anjouan depuis mars 2002, mais dont la réélection en juin  2007 n'a été reconnue ni par l'Union des Comores, ni par l'UA. Depuis, l'homme fort d'Anjouan refuse d'organiser un nouveau scrutin et semble vouloir se maintenir au pouvoir à tout prix.


L'opération, également soutenue par la France qui a transporté les troupes  africaines jusqu'aux Comores, a été préparée après des mois de médiation, notamment de l'UA, qui s'était avérée vaine, conduisant à l'exaspération de l'Etat fédéral comorien.


Évidemment, l'affaire ne date pas d'hier. Nos lectrices et lecteurs peuvent aller faire un tour sur Afrique express pour un résumé des événements entourant la montée et la chute (prochaine) de l'ancien chef de la gendarmerie d'Anjouan, Mohammed Bacar qui a pris le pouvoir en 2001 à la suite d'un  coup d'état.



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Réagissant lundi au lancement de cette opération, le ministre anjouanais de  la Coopération, Mohamed Abdou Madi, l'un des adjoints de M. Bacar, a affirmé  que ses forces étaient "prêtes" à affronter les troupes de l'UA et de l'Union des Comores. "Nous avons appris le mouvement des troupes de l'UA et des soldats du  président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi par la radio. Maintenant  on attend", a réagi le ministre auprès de l'AFP à Mutsamudu, capitale  d'Anjouan, où la situation était calme lundi à la mi-journée.


"Nous avons mis en place la stratégie de ceux qui sont les plus faibles.  Ils ont décidé de tuer mais ça ne nous bloque pas. On s'est déjà organisé. Nos  éléments sont prêts et ça va marcher", a-t-il ajouté. "Ils n'ont qu'à faire leur bain de sang puisqu'ils ont décidé ainsi", a-t-il en outre lancé.


Aucune tension n'était perceptible lundi à la mi-journée à Mutsamudu. Les  commerces étaient ouverts comme à l'accoutumée et les pêcheurs ont pris la mer  comme chaque jour, a constaté un journaliste de l'AFP.


Jeudi, le colonel Bacar s'était dit "inquiet" mais toujours "déterminé"  après l'arrivée de plusieurs centaines de soldats de l'UA la semaine dernière à  Mohéli. "Je suis toujours déterminé à défendre Anjouan, même si cela m'inquiète que des gens soient prêts à venir tirer sur les Anjouanais", avait-il affirmé à  l'AFP.


Qu'est-ce qu'il y a à rajouter à cette saga qui ne représente que le dernier chapitre dans la courte histoire tortueuse des Comores, parfois qualifiés de pays le plus instable du monde... Et pour cause, Mayotte qui se trouve non loin de là demeure à ce jour territoire français, qui n'a de cesse d'être le grain de sable dans la vie politique des Comores. Le mercenaire Bob Denard y est intervenu à trois reprise en 1975, 1978 et 1995 (date d'une intervention ratée qui marquera la fin de sa vie active de mercenaire). Denard s'était même installé à demeure aux Comores et c'est là qu'il a "inventé" la Garde Présidentielle (ou la Garde Prétorienne). Cette G.P. qui fera ensuite recette un peu partout en Afrique au grand malheur des populations et de la démocratie africaines.


P. B.


Posted: lundi le 24 mars 2008 at 09:02 AM
       

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