Une question est soulevée et elle interpelle tous les Congolais 


L'association Survie France pose aujourd'hui la question suivante La RDC doit-elle seulement nous rapporter?

Il peut nous sembler que le simple de fait de poser la question équivaudrait à y répondre. Seulement, voilà, ce n'est pas aussi simple que ça. Surtout dans un monde qui, depuis le 11 septembre 2001 s'est trouvé entraîné dans une guerre sans fin contre le terrorisme d'une petite bande de fondamentalistes qui pouvaient parfaitement être maîtrisés sans les dérapages effarants embrassés de manière honteuse par les États-Unis d'Amérique. On peut espérer que cet épisode sera bientôt derrière nous, que les officines du pouvoir seront rappelées à l'ordre avec le départ de George W. Bush et surtout celle du vice-président Dick Cheney, éminence grise derrière le trône, sans doute le vice-président américain le plus puissant de l'histoire qui a transformé la charge honorifique de ce poste en point de bascule pour les néo-conservateurs au sein de l'administration américaine.

Tout ce qui précède se veut une bien timide introduction à la problématique du pouvoir en RDC par rapport aux rapports de forces qui s'exerce, en cette période de crise économique reliée à la conjoncture du pic pétrolier et d'un début d'accession de plus de la moitié de l'humanité au consumérisme occidental.

C'est donc entre l'arbre des anciennes puissances coloniales et l'écorce de la Chine et de l'Inde que se retrouve aujourd'hui la RDC, d'où la question de Survie France, La RDC doit-elle seulement nous rapporter?

Poser la question c'est donc y répondre. C'est à cela qu'est condamnée la RDC, à moins que...

Qui sait? En attendant, on trouvera à l'URL suivant le communiqué de cette ONG française engagé dans la lutte contre l'impunité des dictateurs africains associés à ce qu'il est convenu d'appeler la Françafrique.

COMMUNIQUÉ DE SURVIE

16 juillet 2008. La RDC doit-elle seulement nous rapporter ? Communiqué de Survie 

Dans les relations avec la République Démocratique du Congo, il ne faut pas oublier la question essentielle d’une population livrée sans défense à l’impuissance gouvernementale et aux exactions des armées ethniques, pour ne s’occuper que des liens d’affaires comme seul horizon politique.

Aujourd’hui 16 juillet 2008, le président de la République française Nicolas Sarkozy, reçoit en visite d’Etat le président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila.

A cette occasion, Survie tient à rappeler à la situation précaire que vit l’immense majorité des soixante trois millions d’habitants de ce pays et celle, particulièrement insupportable au regard des droits de l’Homme, que subissent ceux des provinces du Nord et du Sud Kivu. Depuis cinquante ans jusqu’à maintenant, le sort du Congo a été voué au chaos, à la dictature, aux guerres ethniques, en même temps qu’au pillage de ses richesses qui était la cause principale de ses maux.

Les Congolais ont payé un prix exorbitant, en nombre de victimes, en paupérisation, pour l’enchaînement qui les a menés de l’odieuse dictature de Mobutu aux guerres civiles qui depuis quinze ans sont la conséquence du génocide perpétré au Rwanda voisin.

L’assassinat de Laurent Désiré Kabila, tombeur de Mobutu, jamais élucidé mais pour lequel des inculpés ont été condamnés sans preuves, dont plusieurs sont toujours détenus dans des conditions inhumaines, l’arrivée au pouvoir de son fils Joseph Kabila, sous l’égide des puissances occidentales, qui n’a guère amélioré le sort des populations, marquent les épisodes de la rivalité des appétits des puissances locales et mondiales à l’égard de l’exploitation des richesses du Congo.

Nous demandons que cette course aux richesses du Congo ne se fasse pas sur le dos des populations, dans l’indifférence hypocrite de la communauté internationale à l’égard des innombrables victimes qui aujourd’hui encore payent le prix du cynisme des grandes puissances. Avant de se préoccuper de savoir qui aura accès au grand bradage des ressources congolaises, le devoir des Etats qui prétendent se fonder sur le respect des droits de l’Homme est de se préoccuper en priorité de la sécurité des Congolais et du respect de leurs droits selon les conventions fondant l’existence de l’ONU et des organismes chargés de poursuivre les crimes contre l’humanité.

Nicolas Sarkozy représentant à la fois les intérêts de la France et de l’Europe, en restera-t-il aux ambitions coloniales au mépris des enjeux de civilisation ?


Posted: mercredi le 16 juillet 2008 at 05:32 PM
       

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