La crise du capitalisme sauvage :
récession en occident,
coupure massive de l'aide au développement


Après l'effondrement de l'URSS et de son économie centralisée, dite socialiste, c'est maintenant au tour de l'Amérique du capitalisme néolibéral, dit sauvage, d'amorcer une chute vertigineuse, avec toutes les conséquences tragiques que cela entraînera, particulièrement dans les pays de la périphérie du système capitaliste. 

Cette crise économique était annoncée depuis plus de 2 ans par certains spécialistes de la finance. Elle a commencé à cause de la bulle hypothécaire américaine, favorisée par les politiques de la Banque centrale américaine dont les taux directeurs ont encouragé le développement de prêts hypothécaires dit "sub-prime" (des prêts hypothécaires à risques) consentis à n'importe qui à des conditions complètes farfelues. Mais il y a eu en parallèle la dérèglementation presque totale des marchés produits financiers dérivés où la spéculation a pu s'amplifier sans aucun garde-fou. Le résultat s'étale maintenant devant nos yeux. De crise financière, nous sommes maintenant passés à la crise tout court, ce sera la pire récession depuis la dépression des années trente.

Il est certain que les gens se demandent comment la planète va s'en sortir. La médecine de cheval proposée par le premier ministre Gordon Brown et ses pairs consiste essentiellement à réinjecter de diverses manières (prise de participations, injections de capitaux par les banques centrales, facilités accrues débloquées le FMI, etc.) des liquidités dans le système de crédit mondial qui est complètement grippé depuis plus de trois semaines maintenant. Mais les centaines de milliards déjà injectés dans la machine n'ont pas réussi à réamorcer la pompe de la finance mondiale. 

Si cette crise a déjà et aura demain encore de graves conséquences sur l'emploi en Occident, on peut se demander comment les économies de la périphérie capitaliste, le tiers-monde comme on dit, qui dépend essentiellement de ses exportations de matières premières, pourra assurer l'ordinaire de sa population dans les turbulences mondiales annoncées. Déjà, les pays occidentaux commencent à sabrer en catimini dans leurs programmes dits d'aide publique au développement (APD) et on sait que les budgets nationaux de plusieurs pays africains dépendent à plus de 50 % parfois de l'APD.

Par exemple, on vient d'apprendre que l'agence française de développement (AFD) va voir son budget 2009-2010 amputé de plus de la moitié, ce dernier passant d'un seul coup de 320 à 134 millions d'Euros. On s'imagine le désarroi dans les ministères africains qui bénéficiaient d'appuis importants dans les domaines de l'éducation de la santé et de l'agriculture. Le quotidien Libération affirme, sur la base d'un projet de télégramme diplomatique français qui devait être expédié aux ambassades françaises en Afrique (coulé par Oxfam) que « Dans la liste des 55 principaux projets qui feront les frais de ce tour de vis, on trouve par exemple des appuis à la politique de santé à Madagascar ou au Congo, ou encore des appuis à l'enseignement en République démocratique du Congo ou au Mali... » On s'imagine bien que les coupures françaises ne seront pas les seules et que tous les autres pays occidentaux ne tarderont pas à suivre l'exemple de l'ineffable Sarko. 

Pour ce qui est des cinq chantiers du président Kabila, inutile de retenir son souffle, c'est maintenant râpé, avant même d'avoir vraiment commencé. On voit mal en effet, comment la Chine qui est, ou qui sera demain, frappée de plein fouet par la chute brutale de la demande mondiale pour ses produits manufacturés, consentira à investir des dizaines de milliards de dollars pour se garantir un accès à des matières premières dont les prix sont maintenant en chute libre. D'ailleurs, les participants d'une conférence organisée vendredi à Kinshasa par l’Institut des stratégies pour les développements durables concluaient qu'une période difficile s'annonçait pour la population congolaise.

En ce qui concerne l'avenir de la MONUC en RDC, il y a très peu de chance que les Nations Unies puissent reconduire le budget éléphantesque d'un milliard US par an de cette mission. Il en est de même pour les différents programmes de réforme du secteur de la sécurité, c'est-à-dire, le brassage, la police, la formation militaire, etc., et des trucs comme le DDR, le DDRRR, et la "stabilisation" de l'est du Congo, ou encore le très célèbre "A Money Program" de (l'ex-) Abbé Malu Malu dans le Grand Kivu. Dommage que tout cela arrive au moment où le gouvernement de Kinshasa "redécouvrait" l'accord de Nairobi sur le désarmement et le rapatriement des FDLR.

Comme autres victimes collatérales, mentionnons tous ceux et celles qui mangeaient gratos au buffet de l'État. Ce dernier va aller en rapetissant et le gâteau sera beaucoup plus maigre pour tous ces ministres et sous-ministres, députés et autres "serviteurs" de l'État. On imagine que les plus féroces se réserveront les meilleurs morceaux... Le seul endroit où le beurre et l'argent du beurre ne disparaîtront pas complètement se limitera sans doute à l'administration parallèle lovée autour de Joseph Kabila. Donc, avis au propriétaires de belles villas de Goma et de Kinshasa et d'ailleurs où logent les pachas de la MONUC, des officiers supérieurs des FARDC et des ONG internationales, faites le plein pendant que ça passe, il y a quelques années de vaches maigres qui se profilent à l'horizon.

Pour ce qui concerne le commun des mortels, il ne faudra pas trop compter sur l'aide des ONG au cours des années qui viennent, car le budget de ces dernières va en effet fondre comme neige au soleil, à cause de la récession qui va frapper de plein fouet les pays occidentaux, où justement se trouvent leurs sources de financement.

La rédaction



Posted: vendredi le 24 octobre 2008 at 06:19 PM
       

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