Poursuite de Barrick Gold contre le livre
Noir Canada



On trouvera ici les documents des Éditions Écosociété concernants :





Mai 2008

Ce lancement devait avoir lieu le 11 avril, mais a été remis pour cause de menaces de poursuites judiciaires de la part de Barrick Gold qui, sans avoir lu l'ouvrage, a utilisé ses « gros bras » pour tenter d'empêcher la parution de l'ouvrage. On comprendra que la disparité des moyens financiers entre les jeunes intellectuels qui ont commis cet ouvrage et la minière géante est intimidante à souhait. Pourtant, ces derniers ont décidé d'aller de l'avant...


Les Éditions Ecosociété ont décidé de distribuer comme prévu le livre « Noir Canada : pillage, corruption et criminalité en Afrique », en dépit des menaces de poursuite de la société aurifère Barrick Gold. Il n'y aura pas de lancement, mais le livre sera disponible chez les libraires qui eux aussi tiennent bon dans cette histoire. Le jeudi 1er mai 2008, nous apprenions que la société aurifère Barrick Gold réclamait 6 millions de dollars aux éditions Écosociété. Le 5 mai, les avocats de Barrick Gold ont finalement procédé au dépôt de leur poursuite devant les tribunaux. La couverture médiatique de l'événement, entre autres à l'émission d'affaires très populaire de la radio de Radio-Canada, L'heure des comptes, fait maintenant en sorte qu'il est impossible d'ignorer les faits allégués dans l'ouvrage Noir Canada. Barrick aurait ignoré cet ouvrage que l'impact de ce dernier aurait certainement été bien moindre que le tort que la société aurifère géante canadienne se cause à elle-même, en s'en prenant à une des plus petites sociétés d'édition du Québec. Comme quoi, quand un « gros » se tire dans le pied avec un fusil à éléphant, ça fait forcément plus mal qu'un pauvre qui se flingue avec un calibre .22. Je donnerais cher pour assister au prochain CA de Barrick Gold. Il est évident que certains des directeurs de Barrick pourraient poser des questions pointues.


Le lancement devait originalement avoir lieu le 11 avril, mais a été annulé pour cause d'une poursuite-bâillon (une SLAPP, comme on dit dans le jargon) de la part de Barrick Gold qui, sans avoir lu l'ouvrage en question, a utilisé ses « gros bras » pour empêcher sa parution. On comprendra que la disparité des moyens financiers entre les jeunes intellectuels qui ont commis cet ouvrage et la minière géante est intimidante à souhait... 

Voilà pourquoi il est temps, selon plusieurs, que le gouvernement québécois adopte une loi contre les poursuites-baîllons.

À bien y penser, Barrick Gold devrait, si l'on se fie au moteur de recherche Google, poursuivre bien plus de gens, car Noir Canada n'est pas la seule publication, ou source qui allègue les faits contestés par Barrick Gold. Une recherche web sur le moteur de recherche Google, pour les mots suivants : Barrick Gold, Bulyangulu, miners, buried, Tanzania (le tout sans les virgules évidemment), donne 596 références. La même recherche limitée aux seules sources canadiennes produit 142 références. Dans les deux cas, les faits allégués sont répétés avec force détails parfois. Est-ce que Barrick Gold va poursuivre Droits et Démocratie et son président de l'époque Warren Aldman, nous en doutons... Pourtant, l'organisme de défense des droits de la personne qui fut créé et qui est financé par le Parlement canadien a diligenté une enquête en Tanzanie et il réclame, lui-aussi, la tenue d'une enquête indépendante. On pourra lire ici la version française du rapport de mission de Droit et Démocratie.


Bref, la seule façon de prouver ou de récuser définitivement les allégations concernant la mort d'une cinquantaine de mineurs tanzaniens sur le site de Bulyangulu serait par l'entremise d'une commission d'enquête indépendante. 


Pierre Bigras

 


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Posted: lundi le 28 avril 2008 at 01:38 PM
       

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