La "barbe à papa" de Joseph Kabila



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Récemment, nos lectrices et lecteurs ont dû s'apercevoir que le très jeune président de la Réublique démocratique du Congo, Joseph Kabila, a adopté un nouveau look avec une barbe en partie teinte en blanc pour lui donner l'apparence d'un Mzee (vieux sage africain). Évidemment, il sera difficile de convaincre les gens que cette barbiche blanche est "naturelle". Voudra-t-on nous faire croire que les lourdes responsabilités de la charge du président congolais explique cette "maturité prématurée" qui s'imprime sur son visage? Malheureusement, dans le contexte d'une civilization mondiale marquée par la tyrannie, sinon par l'hégémonie de l'image, on peut douter de la 'spontanéité' du phénomène.

Selon nous, Joseph Kabila aurait tout simplement acquiescé à une transformation stylistique de son image publique. Nous ne serions d'ailleurs pas étonné si un "styliste" françafricain était impliqué dans le makeover en question. De toute évidence, l'entourage présidentiel cherche à gommer l'image de "petit Joseph" qui lui colle à la peau depuis son arrivé surprise au pouvoir en Janvier 2001. Reste à savoir si ce bricolage, très visible à l'oeil nu, peut véritablement aider à changer l'image d'un jeune président empêtré dans des crises politico-socio-économiques sans fin apparente.

Pendant qu'on bricole l'image du président, le PPRD chercherait quant à lui à récupérer "sa primature" occupée depuis plus d'une année par le très effacé, sinon quasiment sourd et muet, Antoine Gizenga. À vrai dire, depuis quelques semaines deux motions de censure initiées par l'opposition circulent à l'Assemblée nationale. Au sein de cette même opposition il semble y avoir divergence d'opinions quant à l'opportunité d'être directement responsable de la chute du gouvernement Gizenga. Certains ténors de l'opposition demandent carrément au président Kabila de démettre Gizenga pour nommer un nouveau premier ministre, comme le lui permet la constitution du pays. Mais apparemment le président n'ose pas prendre cette initiative par peur de faire éclater la coalition hétéroclite de l'Alliance pour la majorité présidentielle (AMP) qui lui donne justement une majorité écrasante au parlement.

D'autre part, à cause de l'immobilisme et de l'âge du capitaine, on sait que depuis le début de l'année les parrains occidentaux, en commançant par les Nokos belges, exigent un changement à la tête et au sein de l'équipe gouvernementale. C'est donc face à ce dilemme que la présidence, se retrouvant entre l'arbre et l'écorce, tente de se servir de l'opposition pour écarter Gizanga de la primature, pour la confier ensuite à un baron du PPRD (les candidats les plus probables étant Kamerhe et Boshab). On comprend donc pourquoi certains membres de l'opposition, ayant deviné à l'avance la "trajectoire" de la balle, hésitent à se lancer dans une "mêlée" qui, au final, ne profiterait qu'au PPRD.

En attendant, les Congolaises et les Congolais, qui vivotent dans la pauvreté extrême, pourront toujours se nourrir d'un nouveau sujet de distraction, à savoir la sagesse prématurée de leur jeune président qui a fait son apparition du jour au lendemain sous la forme d'une jolie barbichette marquée de blanc. Quelle beau miracle de stylisme que cette barbe poivre et sel à la Van Dyke.

La rédaction


Posted: jeudi le 10 avril 2008 at 07:22 AM
       

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