Guerre sur les Hauts Plateaux de l’Itombwe : viols et assassinats commis par les FARDC


Depuis le début de l’année 2010 les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), dans le cadre de l’Opération Amani Leo et sur ordre du président Joseph Kabila, ont déployé environ 5000 militaires, sur les Hauts plateaux de l’Itombwe avec pour objectif de neutraliser une fois pour toutes les quelque 200 combattants des FRF.

Rappelons que l'Opération Amani Leo a été lancée, officiellement, pour combattre les FDLR et non pas les groupes armés congolais. Non seulement cette opération est détournée à des fins politiques et criminelles, mais il est invraisemblable de voir comment le gouvernement laisse les FDLR continuer à massacrer les gens un peu partout au Sud et au Nord-Kivu pendant qu’il engage un corps expéditionnaire de 5000 militaires pour neutraliser 200 anciens militaires Banyamulenge, qui se sont repliés sur les Hauts plateaux pour s'interposer entre la population locale et les anciens miliciens interahamwe arrivés au Congo après le génocide des Tutsis rwandais en 1994. Tout ce que ces hommes en armes des FRF font, c'est de protéger la population locale contre les FDLR et leurs alliés Mayi-Mayi. Ils ne posent certainement pas de problèmes d'ordre public, ni de sécurité nationale.

Comme nous l’avons déjà indiqué dans notre dernier article du 2 février, les troupes des FARDC ont subi de très lourdes pertes (en vies humaines et en armes et munitions) lors de récents combats contre des éléments FRF dans plusieurs localités, notamment à Kamombo et à Kirumba. La population civile des villages touchés par les affrontements a dû fuir les lieux et elle se retrouve maintenant cantonnée, sans assistance humanitaire, dans les deux villages de Mikalati et Kabara. En plus, la population a été menacée par les FARDC qui ont manifestement laissé entendre que si les combattants des FRF s'en prennent encore à eux, ils se vengeraient sur les civils.

Après avoir subi ces pertes et incapable de localiser les éléments des FRF dans un endroit précis, les FARDC se sont, comme c’est leur habitude, mis à commettre des actes de viol. Selon les informations obtenues auprès d'ONG locales et de voyageurs en provenance des Hauts Plateaux, plusieurs femmes ont été violées et 6 d’entre elles ont été par la suite abattues afin de dissimiler les viols déjà commis. En fait, comme les victimes étaient en très mauvais état après avoir été violées, les militaires des FARDC ont décidé de les achever pour ensuite prétendre qu’elles avaient été victimes des balles perdues. Or, il appert que les lieux où ces crimes ont été commis n’ont jamais été, jusque ici, le lieu d’affrontements entre les FARDC et les FRF.

Confrontés à ces actes barbares dénoncés par la population, les FARDC ont dû dépêcher sur les Hauts Plateaux une forte délégation conduite par le général-major Amisi (alias Tango Four) qui est censée mener des enquêtes sur ces cas de viols et l'assassinat d'une de ces femmes victimes de crimes sexuels. En plus du général Amisi, la délégation était composée des officiers supérieurs suivants : les colonels Kayimbi, Makenga, Mitabu, Manga et Kalume. On apprend que cette délégation a ramené 5 militaires (dont deux commandants de troupes) suspectés d’être les auteurs de ces viols et assassinats. Le général Amisi a aussi présenté publiquement des excuses à la population civile au nom de l’armée, après une visite auprès de plusieurs victimes de ces viols, ainsi qu’un passage au cimetière où on lui a montré les tombes de 6 femmes assassinées : une Munyamulenge (dans le village de Mikalati), quatre Bembe (une mère et ses trois filles dans le village deMikenke), et une Munyindu (dans le village de Kangwe). Radio Okapi a apparemment suivi la délégation, dont les déplacements dans les Hauts-Plateau étaient assurées par la MONUC, puisqu'on retrouvait sur leur site web un reportage sur la zone de Minembwe.

Ce qui est étonnant dans tout ça, c'est que tous ces événements se passent au vu et au su de la MONUC qui prétend être là pour protéger la population civile. Non seulement elle ne protège pas les populations Banyamulenge, Bambembe et Banyindu, victimes des exactions, mais aussi, et surtout, la Mission des Nations Unies au Congo ravitaille régulièrement en armes, munitions et rations les troupes des FARDC responsables de ces crimes.

La Rédaction


Posted: jeudi le 25 février 2010 at 02:19 PM
       

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