lundi le 14 décembre 2009
Quelques commentaires à propos du dernier rapport du groupe d'experts sur la RDC
Le 23 novembre dernier, le groupe d'experts mandaté par le Conseil de sécurité de l'ONU suite à la résolution 1533 (2004) concernant la République démocratique du Congo et en application du paragraphe 8 de la résolution 1587 (2008) publiait son plus récent rapport. Comme le document comporte, avec les annexes, 294 pages, nous n'avons pas encore eu le temps de le lire au complet. Néanmoins, l'idée principale qu'il faut semble-t-il retenir dans tout ça, c'est que le gouvernement congolais, à travers ses forces armées (FARDC) occupe la première place au banc des accusés.
Au départ, ce groupe d'experts devait s'occuper principalement de faire respecter l'embargo sur les armes décrété contre la RDC par le Conseil de sécurité de l'ONU. Mais on pourra constater en le lisant que ce rapport étend le champ de compétence du groupe d'experts sur d'autres sujets d'actualité, notamment les violations des droits humains dans l'est du Congo par les FARDC, les groupes armés congolais et les groupes armés étrangers (FDRL et LRA).
En ce qui concerne les FARDC, retenons essentiellement ce qui suit :
— le commandement de la 10e région militaire du Sud-Kivu est épinglé au sujet de ses connivences avec les FDLR et aussi au niveau de l'exploitation illégale des ressources minières;
— plusieurs commandants de la 8e région militaire du Nord-Kivu sont nommément accusés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, ainsi que de massacres de civils et d'exécutions sommaires de prisonniers de guerre; sans oublier l'exploitation illégale des ressources minières du Nord-Kivu.
— Il faut mentionner également la violation systématique de l'embargo sur les armes. Les annexes du rapport sont assez explicites à ce propos.
Pour ce qui est des FDLR, non seulement le rapport détaille-t-il leurs crimes contre la population congolaise, l'exploitation illégale des ressources minières, mais aussi et surtout il donne beaucoup de détails sur les réseaux d'appuis internationaux qui permettent aux combattants FDLR et à leurs dirigeants de s'assurer du maintien de conditions financières et d'approvisionnement en armes permettant la poursuite de leur "lutte".
Certains pays voisins du Congo (Burundi, Tanzanie, Zambie, Ouganda et Rwanda) sont également épinglés au passage pour différentes raisons, par exemple d'avoir facilité l'exportation de minerais congolais vers des pays occidentaux.
Bref, bonne lecture à toutes et à tous et souvenez-vous que lorsqu'il s'ait d'éducation et de santé le gouvernement de Joseph Kabila n'a pas d'argent, mais pour les armes il dépense sans compter et qui plus est en espèces sonnantes et trébuchantes.
Pendant ce temps, dans les Hauts Plateaux de l'Itombwe, c'est le language des armes qui a repris entre les FARDC et les FRF. En effet, le 22 novembre dernier plus de 2000 vaches au pâturage des éleveurs Banyamulenge ont été razziées par des Mayi Mayi Bembe dirigé par un certain Aotchi.
Après ce coup dur porté contre les éleveur et toute la communauté Banymulenge, les combattants FRF ont réussi à récupérer 400 têtes de bétail. Au moment où les combattants FRF et les éleveurs victimes de cette razzia tentaient d'organiser une opération pour récupérer l'ensemble des vaches volées, le commandemant de la 10e région militaire décidera de lancer une attaque contre les positions FRF, en pensant que ces derniers s'étaient dispersés pour poursuivre les Mayi Mayi. Ce fut une erreur, car les FRF eurent vent de la manoeuvre, revinrent précipatemment sur leurs positions défensives et surprirent les FARDC en rase campagne. Nos sources font état de plus d'une trentaine de morts chez les militaires congolais.
Ça c'était en novembre dernier. Mais la semaine passée, les combattants FRF sont passés à l'offensive à plus de 30 km de leurs propres positions en attaquant directement le QG les FARDC à Minembwe. Selon nos sources, la bataille s'est soldée par de lourdes pertes pour les forces gouvernementales. D'ailleurs les FARDC, complètement encerclés, ont dû leur salut grâce à l'intervention des blindés du groupe mobile d'intervention de la MONUC basée à Minembwe. Il faut comprendre que cette action commando contre la base principale des FARDC est une opération punitive de la part des FRF qui n'avaient pas digéré d'être empêcher de porter secours à la population qui venait de perdre une fortune sous la forme de leur bétail. On estime en effet que cette perte s'éleverait à plus de 1 million de dollars américains, (voir Radio Okapi).
La rédaction
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