lundi le 07 décembre 2009
Nouvelle rébellion, vieux acteurs
Pour le moment les informations demeurent fragmentaires, nous nous contenterons donc de reproduire ici quelques articles parus dans les médias congolais. Ainsi le 7 décembre Le Palmares, titrait :
Après les révélations de la Monuc: Une main noire derrière l’insurrection de l’Équateur
(7sur7.cd 07/12/2009)
La situation qui prévaut à Dongo date d'assez longtemps. Dès les premiers signaux d'alerte, Kinshasa avait cru utile de dépêcher, il y a environ un an, une section de la Police d'intervention rapide en vue de rétablir l'ordre. Après un calme de surface ainsi que la suspension de quelques administratifs, on croyait le dossier clos dans la capitale. Il n'en était rien malheureusement. Le feu continuait à couver. Il vient d'éclater dans des proportions inattendues. En effet, comme le porte-parole de la Monuc a eu à le souligner, le gouvernement central n'avait pas pris toute la mesure de la situation à Dongo. Celui-ci s'était laissé prendre au piège de la thèse apparente : les affrontements interethniques. Alors qu’à bien regarder les choses en face, on se trouve devant une forme d'insurrection qui tantôt décline son identité, tantôt préfère se dérober.
Des sources non encore confirmées officiellement font étant de la chute de la localité de Iibenge, frontalière de la RCA. De leur côté, les insurgés ne cachent pas leur ambition de progresser et de gagner du terrain. Le tout, avancent-ils, dans le but de contraindre le gouvernement central à la négociation politique. Aussi promettent-ils la chute de Gemena, de Mbandaka etc. Décidément, l'aventure du CNDP avec Laurent Nkunda a fait des émules. Comme là-bas à l'Est, des populations fuient les affrontements qui ont éclaté depuis le 30 octobre dernier Le HCR a affirmé mercredi 02 décembre que le nombre de réfugiés originaires de Dongo au Congo/Brazzaville avait augmenté de plus de 10 mille en trois jours. Actuellement, on dénombre 54 mille réfugiés. À ce nombre s'ajoute 38 mille déplacés internes. Face à l'ampleur de la situation, le gouvernement central s'est finalement resaisi. Il prend désormais la crise de Dongo à sa juste hauteur. Le porte-parole du gouvernement central l'a fait savoir plus clairement. Il a dit que l'exécutif mettrait tout en branle pour faire entendre raison aux insurgés.
Mais si jamais ils ne revenaient pas à des meilleurs sentiments. L'usage de la force est incontournable. Lui emboîtant le pas, un autre membre du gouvernement, membre du précarré, a affirmé jeudi qu'il existe une réelle situation de tension à Dongo. Cet officiel a, par ailleurs, poursuivi en révélant que cette situation nécessite une attention particulière des autorités congolaises. Il faut éviter que cela perdure, a conclu ce membre du gouvernement.
Au-delà des mots
La vérité, c'est que tous les experts en haut lieu soupçonnent une manipulation étrangère en terre congolaise. Un des voisins à l'Ouest serait le bras d'appui de l'agitation armée qui sévit en ce moment à l'Équateur. On en veut pour preuve la témérité des assaillants qui n'ont pas hésité à s'en prendre à un hélicoptère de la Monuc. On en veut surtout pour preuve, le toupet des insurgés qui promettent un croche-pied au gouvernement central. Il y a presque 3 ans, quelque chose d'aussi frêle d'aussi innocent et presque inoffensif avait commencé à l'Est, la petite aventure de Kitchanga avec Nkunda Batware avait fini par se révéler sous son vrai jour. Elle n'était qu'un arbre qui cachait mal la forêt. À l'Est, if devient presque impossible d'animer des mouvements insurrectionnels. La stigmatisation unanime des FDLR comme force négative, ne permet plus à aucune autre aventure militaire de s'exprimer.
La Communauté internationale devient intransigeante sur la question. Mais à l'Ouest, le terrain est encore vierge. L'industrie du crime organisé, qui refuse de mourir vient de changer de champ d'expérimentation.
Pour sa part, comme à son habitude, le dernier article de Radio Okapi était plus circonspect :
Inquiétude ce lundi à Gemena, chef- lieu du sud Ubangi.
À l’origine de cette situation, la rumeur de l'arrivée des agresseurs baptisés Mouvement de Libération Indépendante des Alliés, dans la ville. Plusieurs habitants auraient commencé à quitter la ville par précaution, rapporte radiookapi.net
Le marché de la cité désert, à Dongo
Plusieurs habitants joints ce lundi à Gemena affirment que la cité entière est dans l’émoi. À peine quelques services ont ouvert les portes. La plupart des marchés, shops et écoles ont été désertés dès l’avant-midi. De nombreux habitants ont déjà quitté la ville pour s’abriter, notamment vers Gbadolite mais aussi vers les villages environnants. Le mouvement s’est poursuivi dans la soirée par motos et surtout par vélos ainsi qu’a pied, selon les moyens du bord. Plusieurs responsables, indiquent des sources, avaient déjà évacué pendant le week-end, leurs familles par vols affrétés par le gouvernement sur Kinshasa. Des agences et ONG internationales ont également réduit leurs mouvements. Sur le terrain, plusieurs sources indiquent que les agresseurs seraient à une soixantaine de kilomètres de Gemena, sur la route de Bowase.
La population est calme, selon Guy Inenge
Pour sa part, le gouverneur intérimaire Guy Inenge, reconnaît la surchauffe ce lundi à Gemena. Il estime plutôt qu’il y a plus de peur que de mal, car l’ennemi qui pratique la guérilla attaque d’abord par des rumeurs pour pousser la population à vider les localités, avant que les assaillants ne viennent les occuper. Toutefois, renchérit Guy Inenge, la situation reste sous contrôle du gouvernement : « Les autorités de la police ne sont pas à Gemena. Mais les autorités sont au niveau de l’endroit où ils s’étaient repliés pour éviter un carnage humain inutile étant donné que ces insurgés utilisent les femmes et les enfants. Leur méthode, c’est la rumeur et l’intoxication…toutes les autorités militaires, politiques et administratives de Gmena sont sur place. »
Le gouverneur intérimaire de l’Équateur déclare, par ailleurs, que la population est calme, mais traumatisée suite à d’autres guerres successives qu’il y a eu dans cette région ces dernières années. « La population, qui est suffisamment appauvrie, peut-elle encore attendre subir les affres de la guerre ? », a répondu Guy Inenge à la question de savoir pourquoi la population fuyait Gemena.
Copyright Radio Okapi
Add this entry to: