jeudi le 01 janvier 2009
La Première Grande Guerre africaine de 1998-2004 n'aurait fait que 183 000 morts!
Nous n'avons pas encore terminé la lecture de cette analyse qui, pour sobre, n'en est pas moins une véritable bombe lancée sur le glacis de la guerre psychologique qui domine à présent le conflit dans l'est du Congo-Kinshasa.
Peu importe les motivations derrière l'étude originale de l'IRC, et celles qui ont suivi, concernant la surmortalité dans l'est de la RDC, il n'en demeurait pas moins qu'elles ont ensuite été opérationnalisées à des fins diamétralement opposées à celles que poursuivaient cette ONG américaine de défense des réfugiés dans les zones de conflits.
Citons les auteurs de cette nouvelle étude belge : « En effet, un argument utilisé par les tenants de l’affirmation “Quatre millions de morts” pour justifier la valeur élevée de ses estimations est que les morts “dus à la guerre” trouvent pour l'essentiel leur origine dans des faits non militaires et non liés directement au conflit armé; ce seraient les conséquences de la désorganisation sociale, de l'arrêt des cultures, de la disparition des infrastructures de santé, etc. découlant directement de la guerre. Or, l'analyse de la mortalité montre que les espérances de vie ont commencé à décliner vingt ans avant les conflits et, bien plus, ont presque cessé de se dégrader, sans pour autant reprendre leur amélioration, bien avant le début des conflits. Donc, si nous adhérons volontiers à l'hypothèse d'une détérioration de la situation sanitaire et nutritionnelle, sa chronologie indique qu'on doit l'imputer d'abord à la dégradation du développement liée à l'effondrement progressif du régime, à la fois bien antérieure à la guerre et bien plus aiguë avant celle-ci. Cela exclut radicalement de l'imputer aux situations de guerre. »
Et de poursuivre : (...) « Donc, en suivant le raisonnement des tenants de l’affirmation “Quatre millions de morts”, s’il n’y avait pas eu de troubles, il y aurait eu dans la population quatre millions de morts de moins que ceux reconstitués. On a donc testé des niveaux d’espérance de vie (et les probabilités de décès qui en découlent) pour parvenir à un nombre de décès de 7 679 821 – 4 000 000 soit environ 3 680 000 décès. On obtient ce résultat à condition de programmer une espérance de vie de 60 ans entre 1998 et 2004 alors qu’en dehors de ces dates, elle stagne aux environs de 42 ans. Burlesque comme on le voit au tableau 1 et à la figure 7.
On objectera que si le cumul des décès entre 1984 et 2005 est validé, il se pourrait qu’il y ait eu moins de décès avant 1998 et plus à partir de cette date. Mais alors l’espérance de vie hors de la période 1998-2004 aurait été plus élevée et il eût quand même fallu la faire bondir vigoureusement pour éponger les quatre millions de morts. Cette objection de type “calendaire” ne peut donc être retenue.
L’inanité de l’affirmation selon laquelle il y aurait quatre millions de morts en RDC est tellement visible qu’on pourrait en rester là et renvoyer les protagonistes des “Quatre millions de morts” à leurs fantasmes ou… à leurs mensonges rentables.
Nous allons cependant franchir un pas de plus et tenter une estimation sensée du nombre de morts causés ces années-là du fait des troubles. »
(...)«Il y aurait alors moins de deux cent mille morts! Mais nous ne voudrions pas déforcer notre démonstration par des considérations difficilement quantifiables.
Ainsi donc, l’approche dynamique de l’évolution de la population du Congo nous a permis d’affirmer, par des méthodes uniquement quantitatives et adossées à des observations extrêmement robustes de détruire complètement les affirmations délirantes et malheureusement universellement reprises, selon lesquelles les troubles au Congo auraient entraîné quatre millions (ou plus) de victimes. »
Le fin mot de l'histoire, c'est que de trois ou quatre ou même cinq millions de morts causés directement ou indirectement (surtout indirectement) par la Première Grande Guerre africaine, on passe brutalement au chiffre de 183.000 décès. Cela représente 16 fois moins de morts! Une broutille (sic)!
Cela représente aussi un peu moins de 20 % des victimes du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, qui plus est sur une période de temps de 6 ans, plutôt que sur une période de 4 mois!
Nous reviendrons avec une analyse détaillée au cours de la semaine qui vient.
P. B.
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