RDC : des FARDC aux cinq chantiers encore et toujours, la déconfiture!


Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) se sont illustrées ces derniers temps sur deux terrains majeurs. Le premier est celui de l'incapacité opérationnelle face aux troupes du CNDP qui débouche invariablement sur la fuite désorganisée, parfois de brigades entières. Le deuxième a trait aux crimes commis contre la population civile par ces mêmes militaires dans les villages ou les territoires sous leur contrôle. Le scénario est toujours le même : viols, vols, assassinats gratuits, pillage des commerces et des domiciles et même des camps de personnes déplacées (ex. : le cas du camp de Kibati). D'ailleur Karel De Gutch, dans une de ses sortie dont il a le secret, demandait hier que la MONUC intervienne contre les FARDC pour protéger la population, comme elle le fait contre les différentes milices maï-maï et le CNDP quand ces derniers menacent des zones urbaines. On verra ce que ça donnera! De son côté Kinshasa récusait la proposition du gouvernement indien qui se disait prêt à renforcer ses troupes qui constituent le gros des forces de la MONUC au Kivu. Or rejetter cette offre équivaut à dire non aux 3.000 militaires supplémentaires autorisés par le CS de l'ONU.

Depuis plusieurs années déjà, l'Obsac a toujours affirmé que les FARDC (et avant eux les FAZ et de nombreuses unités des FAC), se comportaient comme toutes les autres bandes armées opérant sur le territoire congolais. Mais la communauté internationale n'a jamais cessé de pomper de l'argent dans la réforme du secteur de la sécurité, avec comme objectif de former une "armée nationale" digne de ce nom. Non seulement cet objectif a très peu de chance d'être réalisé, mais aussi, et surtout, cet argent des contribuables occidentaux n'aura servi qu'à deux choses : enrichir certains officiers supérieurs et à multiplier le nombre de brigands armés qui écument les villes et les villages congolais une fois la nuit tombée. D'ailleurs au chapitre des crimes commis contre la population, les services de sécurité du régime Kabila ne sont pas non plus en reste. 

Pour mémoire, ledit régime a été soit-disant "légitimé" par des élections "démocratiques" qui ont coûté aux contribuables occidentaux la bagatelle d'un demi-milliard de dollars US, sans oublier le milliard de dollars dépensé annuellement pour la MONUC depuis au moins 2003. Les Congolais ne pourront jamais, dans un avenir prévisible, se payer eux-mêmes de nouvelles élections et la MONUC pourrait très bien être une victime prochaine de la grande crise économique qui prend de l'ampleur au quotidien. Les paris sont même ouverts concernant les 3.000 casques bleus supplémentaires promis par le Conseil de sécurité de l'ONU. Il y a des chances (50/50) qu'ils n'arrivent jamais au Congo.

L'organisation américaine de défense des droits de la personne, Human Rights Watch, qui faisait partie des ONG et des autres acteurs politiques internationaux appuyant vigoureusement le processus démocratique au Congo-Kinshasa, et qui était particulièrement critique du CNDP (voir un de leurs rapports précédents) semble être tombée des nues, si l'on se fie à son dernier rapport concernant les violations des droits humains en RDC. 

HRW fixe même le début du dérapage du régime Kabila pendant la compagne électorale présidentielle de 2006. Sans entrer dans le détail, les statistiques avancées par HRW concernant les victimes du régime se résument en ces termes : 500 exécutions et plus de 1.000 personnes détenues, sans compter les nombreux cas de torture. Bref, on pourrait conclure cyniquement qu'il s'agit là du "premier résultat concret" du processus démocratique implanté au Congo-Kinshasa par les parrains occidentaux et régionaux du régime Kabila. 

En effet, depuis ces élections le pays n'avance pas. Aucune amélioration des conditions de vie de la population congolaise. Aucun des cinq grands chantiers (devenus les "cinq chansons"), promis par le régime n'a vraiment pris son envol. Les Chinois pensaient faire une bonne affaire, mais avec le prix des métaux de base au plus bas, on les voit mal se presser pour remplir leurs obligations en injectant des milliards dans l'économie congolaise. La crise financière n'épargne pas non plus Pékin et les immenses réserves de devises étrangères de la Chine seront mises au travail... prioritairement en Chine, pas au Congo! Il suffit de lire le ton un peu cassant qui prévaut dans Le quotidien du peuple pour se rendre compte des priorités des dirigeants chinois... (voir aussi un article du New York Times, sur le même sujet). 

Et puis, tant qu'à y être, mentionnons que selon RFI,  «la fermeture en novembre des mines de cobalt du Katanga. La livre de cobalt culminait à 50 dollars en juillet, aujourd’hui les prix avoisinent les 12 dollars.

En octobre, les importations de la Chine, essentiellement en provenance de la République démocratique du Congo, étaient encore à un niveau record. Deux fois plus importantes, en volume, que celles d’octobre 2007. Et puis, l’élan est brutalement retombé dans les premières semaines de novembre. Sur l’ensemble de l’année 2008, ses importations devraient doubler par rapport à 2007.
La crise totale, qui touche aujourd’hui tous les pays, toutes les industries, a fini par se faire sentir. Par manque de liquidités et pour améliorer les bilans comptables, les utilisateurs vont vivre sur les stocks accumulés au moins jusqu'à la fin de l'année.
C’est surtout la déroute financière qui a freiné les achats chinois. Faute de soutien bancaire, les importateurs ont annulé les contrats passés. La réaction ne s’est pas fait attendre. Les prix actuels du minerai étant en-dessous des coûts de production pratiqués en République démocratique du Congo, la plupart des compagnies ont suspendu l’extraction. Comme les mines sont récentes, les investissements ne sont pas encore amortis.»

Nous terminons cette triste chronique en mentionnant l'assassinat crapuleux d'un autre journaliste de Radio Okapi à Bukavu. Le procès pour l'assassinat du journaliste Serge Maheshe vient à peine de se terminer en queue de poisson que son collègue et ami, Didace Namujimbo, tombe sous les balles "d'assassins inconnus". Selon les informations à notre disposition, Namujimbo a été la seule victime cette fois, mais d'autres journalistes de radios locales ont également reçu des menaces de mort. On constate qu'il s'agit là d'une tentative très peu subtile d'intimidation contre les journalistes de la presse écrite et audiovisuelle basés à Bukavu.


Posted: mardi le 25 novembre 2008 at 06:12 PM
       

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