De Gucht critique les Michel, Kabila et, pour faire bonne mesure, Nkunda


Dans le quotidien Le soir de Bruxelles, le ministres des Affaires étrangères de la belgique poursuit sur sa lancée

Rédaction en ligne

mardi 18 novembre 2008, 11:47

Le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht tire à boulets rouges sur son collègue Charles Michel. Son prédécesseur et actuel commissaire européen en charge de l’aide au développement Louis Michel en prend également pour son grade, tout comme le président congolais Joseph Kabila et le chef de guerre Laurent Nkunda

Le chef de la diplomatie belge Karel De Gucht a épinglé mardi son prédécesseur, le commissaire européen Louis Michel, et son fils, le ministre de la Coopération au développement, Charles Michel, pour leur politique envers la République démocratique du Congo (RDC) et son président Joseph Kabila.

Dans une interview accordée au « Morgen », le ministre belge des Affaires étrangères réitère ses vives critiques à l'encontre de Kabila. "Que l'on parle à Kabila ou pas n'a pas d'importance, cela ne change jamais rien", explique M. De Gucht, dont des propos en mars dernier sur la corruption en RDC avaient provoqué une brutale détérioration des relations entre Kinshasa et l'ex-puissance coloniale belge.

"Je n'ai jamais été un fan de Kabila, contrairement à mon prédécesseur Louis Michel", explique M. De Gucht à propos de l'actuel commissaire européen au Développement. "Si la situation actuelle au Congo est le fruit de la politique de (Louis) Michel, cela interpelle", dit Karel De Gucht, en jugeant que la "situation n'a jamais été aussi navrante" en RDC.

M. De Gucht estime également que le chef rebelle Laurent Nkunda "craint d'être un jour inculpé pour crime contre l'humanité devant la Cour pénale internationale de La Haye", ce qui "explique pourquoi il veut tant négocier à présent".

Le ministre VLD des Affaires étrangères tire également à boulets rouges contre son homologue chargé du Développement, le libéral francophone Charles Michel, coupable à ses yeux d'avoir rencontré sans son aval le président Kabila à Kinshasa il y a une semaine."Quel a été le résultat de cette rencontre? Rien, nul, nada!", lance M. De Gucht à propos du ministre du Développement, qui avait affirmé dans le même journal que le chef de la diplomatie belge, persona non grata en RDC, ne pouvait jouer aucun rôle dans la résolution du conflit dans l'est du pays. "C'est ce que j'appelle être déloyal et le problème d'un ministre déloyal est un problème pour le Premier ministre", ajoute M. De Gucht.

Yves Leterme s'est jusqu'ici bien gardé de prendre parti dans la brouille entre M. De Gucht et son ministre du Développement.

Les Michel se gardent de commentaire

Le ministre de la Coopération Charles Michel a commenté très brièvement mardi matin des déclarations du ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht, tandis que son père, le Commissaire européen Louis Michel, s’est refusé mardi matin à tout commentaire.

Charles Michel souligne que les dirigeants du monde entier parlent au président congolais Kabila. Pour le reste, il se refuse à tout commentaire. « Je veux être un homme de solution et pas un homme qui provoque la polémique et les problèmes », dit-il.

« Je constate que le monde entier parle à Kabila et au gouvernement congolais qu’il s’agisse de Ban Ki-moon, de Bernard Kouchner, de Condoleezza Rice… Je suis certain que Barack Obama le fera aussi. Le premier ministre Yves Leterme lui a parlé et moi-même je l’ai fait. Pour le reste, je ne ferai aucun commentaire sur les déclarations de M. De Gucht. Je veux être un homme de solution et pas un homme qui crée la polémique et les problèmes », a dit le ministre Charles Michel à l’Agence Belga.

(belga, AFP)

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De Gucht s'étonne des "sensibilités différentes" sur la RDC


7S7 MISE À JOUR   Le ministre des Affaires étrangères, Karel de Gucht, a admis mardi, tout en s'en étonnant, l'existence d'une sensibilité différente chez "certains politiciens francophones" de la sienne en ce qui concerne l'attitude à tenir envers la République démocratique du Congo (RDC), alors que la crise belgo-congolaise semble s'étendre au gouvernement fédéral.

"Je trouve cela assez étrange, comme si Flamands et Wallons étaient deux peuples différents, avec des différentes ethnies", a affirmé M. de Gucht en fin d'après-midi en clôturant le 4ème congrès consacré à la politique étrangère de la Belgique organisé par l'Université catholique de Louvain (UCL, francophone) et l'université de Gand (RUG, flamande).

"Je n'ai jamais observé que l'analyse des diplomates francophones et néerlandophones (sur la situation en RDC) est différente", a ajouté le chef de la diplomatie belge, en réponse à une question. M. De Gucht (Open Vld) a expliqué qu'il rencontrait "beaucoup de gens" et recevait du courrier de la part de citoyens lui donnant raison dans son attitude envers la RDC, qui consiste à dénoncer la corruption minant le pays et à défendre "l'obligation morale" de prendre position sur ce qui se passe dans l'ancienne colonie belge.

Dans une interview publiée mardi par le journal De Morgen, il avait toutefois épinglé son prédécesseur, le commissaire européen Louis Michel, et le fils de celui-ci, le ministre de la Coopération au développement, Charles Michel (tous deux MR), pour leur politique envers la RDC et son président, Joseph Kabila. M. De Gucht juge ainsi l'approche de son collègue - libéral lui aussi - de "déloyale et inefficace" et estime que le Premier ministre Yves Leterme (CD&V) devrait prendre les mesures "appropriées" contre le "dissident" Michel - qui a effectué du 8 au 10 novembre une visite impromptue à Kinhasa, rencontrant à deux reprises M. Kabila.

"Quel a été le résultat de cette rencontre? Rien, nul, nada! ", avait raillé le chef de la diplomatie - après que M. Michel eut affirmé au même 'Morgen' que M. De Gucht, persona non grata en RDC, ne pouvait jouer aucun rôle dans la résolution du conflit dans l'est du pays. "C'est ce que j'appelle être déloyal et le problème d'un ministre déloyal est un problème pour le Premier ministre", ajoute M. De Gucht, se refusant à tout commentaire sur l'attitude prise par le chef du gouvernement dans cette affaire.

A Louvain-la-Neuve, il a campé sur ses positions, tout en réaffirmant son souhait de normalisation des relations entre Bruxelles et Kinshasa, en crise depuis six mois. Le gouvernement congolais avait en effet décidé le 23 mai de rappeler en consultation son ambassadeur en Belgique, Jean-Pierre Mutamba Tshampanga, de fermer son consulat à Anvers et de demander à la Belgique de faire de même pour ses consulats à Lubumbashi (Katanga, sud-est) et à Bukavu (Sud-Kivu, est), pour protester contre des propos tenus par M. De Gucht.

Le chef de la diplomatie belge avait provoqué la colère des dirigeants congolais en affirmant le 18 mai que la Belgique, octroyant tous domaines confondus "environ 200 millions d'euros" par an à la RDC, avait "l'obligation morale" de prendre position sur ce qui s'y passe.(belga)
18/11/08 19h42


Posted: mardi le 18 novembre 2008 at 11:58 AM
       

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