mardi le 04 novembre 2008
Obamarama planétaire
Mardi 4 novembre 2008, les électeurs américains se sont déplacés en nombre record (65 % et +) pour élire un président capable de réconcilier les États-Unis d'Amérique avec le reste du monde et, encore plus significativement, avec eux-mêmes.
Même avant que les résultats de la côte ouest américaine ne soient disponible, Barack Obama menait avec 207 votes du collège des Grands Électeurs. Sur le coup des 23 h (à l'heure normale de l'Est sur le continent Nord-Américain, Obama était déclaré vainqueur.
La défaite du sénateur McCain serait d'autant plus amère qu'à 4 h 30 GMT, Barack Obama menait même en Arizona qui est l'État où habite John McCain et qu'il représente au sénat depuis plus de 30 ans. Avec 2 % des urnes dépouillées à ce moment-là, M. Obama menait en Arizona par 54,9 % du vote contre 43,9 %. Nous avions écrit ces lignes au moment où la soirée était encore jeune et finalement ce sera John McCain remportera l'Arizona, mais certainement pas avec la majorité qu'il aurait aimé. Quelques minutes plus tard, McCain faisait le plein d'électeurs à l'extérieur de Salt Lake City, ville qui, comme tant d'autres urbains, avaient voté massivement pour Obama.
Si la tendance se maintient, écrivions-nous hier soir, il se pouvait que Barack Obama recueille plus de 300 votes électoraux, alors qu'il suffisait des voix de 270 des 511 Grands Électeurs du Collège électoral. Il remportait ainsi haut la main les élections présidentielles américaines. Son élection est une répudiation totale de la présidence de George Bush. Le jugement est sévère et sans appel de la part de l'électorat américain.
Ce n'est peut-être pas un raz-de-marée électoral en ce que le Congrès ne sera pas massivement démocrate, (254 démocrates contre 174 républicains) mais des bastions républicains sont tombés, comme l'État de Virginie qui leur était acquis (au niveau présidentiel) depuis 40 ans. Ce soir, la Virginie a donné ses votes électoraux à Barack Obama.
La victoire du 44e président des États-Unis d'Amérique est éclatante. Nous aimerions également souligner qu'elle prépare le terrain pour des majorités absolues à la fois au Sénat et à la Chambre des représentants du Congrès lors des prochaines élections partielles parlementaires de 2010 et des présidentielles de 2012.
Il y a cinq ans lorsque Barack Obama a annoncé sa candidature au Sénat il n'y avait pas un seul Noir qui siégeait dans la chambre haute du Congrès. Cinq ans plus tard à 4 h GMT, Barack Obama était déclaré le vainqueur par les réseaux américains. Il sera donc, ce mulâtrené à Hawai, dont le père était un Luo du Kenya et la mère une blanche, Américaine du Midwest, celui qui occupera le fauteuil de direction de la plus puissante nation sur la planète. Obama a été élevé par une mère monoparentale et des grands-parents maternels américains. Sa grand-mère américaine est décédée la veille de son élection. Sa grand-mère kényane a prié pour lui aujourd'hui devant les caméras des réseaux américains (et autres, dont Radio-Canada) qui sont débarqués au village de Kogelo au Kenya.
Obama a été élu avant tout grâce à l'argent de gens ordinaires qui ont donné 5, 10 et 20 $. Cet argent fut l'argent des masses laborieuses, tout autant, sinon plus que l'argent de riches démocrates. De petits montants qui en sont venus à constituer un trésor de guerre impressionnant qui lui a permis de remporter la bataille contre l'argent des riches, des marchands de canons, des industrielles et des lobbyistes, contre un parti républicain mis à sac par les néoconservateurs de George W Bush. Sa victoire repose également sur une base démocrate renouvelée, une coalition arc-en-ciel formée d'Afro-américains, de jeunes, d'Asiatiques, de riches et de pauvres, de petits hommes d'affaires et de syndicalistes. Bref, il s'agit d'un renouveau fondamental du parti de Roosevelt et de Kennedy qui loin de trouver son inspiration dans la seule gauche du parti a été puisé chez des républicains comme Jefferson, Lincoln et même, et oui, Ronald Reagan. Mais ça, c'est une histoire un peu compliquée que nos lectrices et nos lecteurs devront creuser par eux-mêmes.
Nous conclurons donc en disant qu'un nouveau jour se lève sur les États-Unis d'Amérique qui viennent d'élire un président pour la planète. En tout cas, ce que le monde admirait depuis longtemps dans ce pays vient de reprendre le dessus. Les huit années du "Singe" ne seront plus bientôt qu'un mauvais rêve.
La rédaction
POST-SCRIPTUM : lu dans les pages numériques de Radio Okapi : l'inénarrable Vital Kamerhe déclare « Nous attendons du nouveau président américain qu’il puisse comprendre les vraies raisons et les vraies causes de cette guerre (NDLR : dans l'est du Congo). Que nous quittions le discours que nous avons entendu en son temps où les démocrates étaient au pouvoir, Bill Clinton et les autres, que pour résoudre les problèmes des Grands Lacs, le Congo est trop grand, il faut aller vers la partition du Congo. Je pense qu’il ne faut pas commettre cette erreur. » C’est la réaction de Vital Kamerhe à l’élection présidentielle américaine. Si vous voulez l'opinion de l'Obsac, nous croyons que cette déclaration de M. Kamerhe est un bel impair diplomatique. Le président élu Barack Obama n'est pas, à ce que je sache, un républicain. Bill Clinton et Hillary Clinton ont fait campagne pour lui et ils auront tous les deux leurs entrées à la Maison Blanche. Le chef de cabinet de Barack Obama sera un proche de Bill et Hillary Clinton, alors de telles déclarations à l'emporte-pièce sont extrêmement dommageables par rapport aux genres de relations futures que la RDC souhaite entretenir avec le numéro uno du système capitaliste mondial et aux attentes, justement, que ce pays entretient par rapport au géant outre-atlantique. Vivement que le président du parlement se mêle de ses affaires (parlementaires) et laisse la diplomatie à la présidence et au ministre des Affaires étrangères. Nous y reviendrons demain.
En tout cas, Obama est maintenant passé du Yes we can au Yes we did it!
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