Combats au Nord-Kivu: la grande base de Rumangabo tombe entre les mains du CNDP!
ADDITIONNEL - 10 octobre 2008
Le CNDP évacue Rumangabo après négociation avec Doss


Selon les observations obtenues de sources diverses, les forces du CNDP occupent en ce moment la grande base militaire de Rumangabo qui servait, entre autres, de centre de brassage dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité en RDC. Toujours selon les mêmes sources (Radio Okapi, Kivu Peace org, etc.), les combats auraient commencé très tôt le 8 octobre 2008, par des pilonnages d'artillerie de la part des FARDC sur les positions du CNDP à Nkokwe, Rugari, Ngugu, Kabaya et Bukima. La réplique des forces de Laurent Nkunda n'aura pas tardé. En effet, non seulement dans un premier temps le CNDP aura-t-il réussi à neutraliser les positions à partir desquelles les FARDC pilonnaient ses arrières, mais de plus, cette contre-offensive s'est poursuivie jusqu'à la prise de la base militaire de Rumangabo d'où la coalition FARDC, FDLR et autres Maï-Maï a été chassée.

Si en décembre 2007 il avait été question d'une véritable déroute des FARDC après la reprise de Mushake par les forces du général Nkunda, la chute de la grande base de Rumangabo  est un coup extrêmement dur à encaisser pour Kinshasa. Non seulement cette base était un centre de brassage, mais aussi, et surtout, ce fut et demeure la seule grande base militaire opérationnelle du Grand Kivu. On peut imaginer que les hommes de Laurent Nkunda se sont de nouveau retrouvés dans une caverne d'Ali Baba où ils ont trouvé de quoi s'approvisionner en armes et en munitions pour poursuivre leur combat contre le régime de Kinshasa. Car c'est bien maintenant de cela qu’il s'agit. Rappelons qu'en 1996, les Kadogo de l'AFDL, encadrés par les "Afande" de Kigali et de Kampala, s'y étaient également "approvisionnés" en armes et en munitions, avant de continuer sur le chemin qui éventuellement les conduira à pied jusqu'à Kinshasa.

La chute de la base de Rumangabo, en plus de représenter une perte énorme en termes de matériels et de capacité opérationnelle, représente un dur coup pour le moral des troupes et des dirigeants militaires et politiques de la RDC. On peut même se demander pourquoi les MI-24/MI-35 des casques bleus indiens ne sont pas intervenus pour stopper l'avance des forces du CNDP. Sans doute que la présence de Rwandais des FDLR aux côtés des FARDC expliquerait le refus de s'impliquer de la part de la MONUC (à ce sujet voir le dernier topo de C. Braeckman). Il se peut aussi que l'avertissement servi par le CNDP à la MONUC ait porté fruit. La tournure subséquente des événements nous dira ce qu'il faut en penser. Mais, ce qui est d'hors et déjà acquis demeure la cuisante défaite, du même ordre que celle de Mushake en décembre 2007, que le CNDP vient encore d'infliger  au président Joseph Kabila. 

Pendant ce temps, à Kinshasa, l'hystérie nationaliste semble gagner l'ensemble de la presse kinoise. On retrouve donc de pleines pages d'amalgames pêle-mêle à partir de déclarations du président Kagame et de Laurent Nkunda, auxquelles on fait dire n'importe quoi et son contraire, pourvu qu'y soit étayé la thèse d'une nouvelle invasion du Congo-K par le Petit Rwanda; avec parfois en prime un complot international pour s'emparer des richesses naturelles du Congo... N'empêche que c'est encore une fois parce qu'on a joué avec le feu qu'on s'est brûlé les doigts. 

Reste à savoir si le CNDP a la capacité de reproduire l'exploit de l'AFDL de Mzee Kabila, ou du RCD version originale. En tout cas, on aura noté que de général de brigade, Nkunda s'est déjà promu général-major; le même grade que le président  Mzee Kabila avait octroyé à son fils Joseph Kabila, qui lui, n'avait aucune formation militaire appropriée pour justifier un tel grade. On connaît les bons résultats ultérieurement obtenus par le général-major Joseph Kabila, entre autres lors de la bataille de Pweto, véritable débâcle qui avait révélé la présence massive des combattants de l'ALIR dans les rangs des FAC (maintenant FARDC). 

Finalement, le président Kabila, après avoir joué et perdu sur le terrain militaire, déplace maintenant le combat vers le conseil de sécurité... En dernière heure le jeudi 9 octobre, nous apprenions que l'envoyé spécial du président Kagame dans la région des Grands Lacs, M. Richard Sezibera, niait toute présence de militaires rwandais en RDC, ainsi que tout appui au CNDP. 

Pendant ce temps les places boursières du monde entier poursuivaient leur dégringolade. La bourse russe a, à ce jour, perdu 60% de sa capitalisation, le Dow Jones, qui a perdu 40%  de sa valeur depuis 1 an, ne fait guère mieux. La panique s'installe au coeur du système capitaliste. Ça ne présage rien de bon du côté des appuis occidentaux, financiers et autres dont bénéficiaient le régime Kabila... On saura en fin d’après-midi (heure de Washington) si les directeurs des banques centrales du G7 vont s'entendre sur un plan pour stopper l'hémorragie entraînée par cette crise mondiale du crédit.

Le 10 octobre, le porte-parole du CNDP, Bertrand Bisimbwa, déclarait : « Le CNDP a décidé sur demande de monsieur Alan Doss de se retirer de la base de Rumangabo et pour qu’elle puisse la laisser entre les mains de la Monuc pour qu’elle assure la sécurité dans ce lieu-là. Il s’agit là, encore une fois, de la volonté du CNDP de vouloir démontrer réellement qu’il est engagé pour la paix. Je crois que c’est une concession assez importante. Le CNDP pense que le gouvernement congolais pourra finalement arrêter ses offensives et pourra choisir la voie pacifique pour faire la paix. Les conditions que le CNDP a données, c’est que le gouvernement puisse s’engager dans la voie de la paix, que le gouvernement fasse signe de bonne foi. Que ce genre d’attaques ne puisse plus jamais se répéter. Nous avons expliqué ça à tout le monde. Nous voulons que les congolais puissent finalement voir en ce geste du CNDP, sa détermination à ramener la paix à l’Est de la République Démocratique du Congo. »

Selon Radio France Internationale « L'Onu dispose d'informations persistantes, qui font état de la présence en RDC d'environ 400 soldats rwandais, au côté des rebelles de Laurent Nkunda. Mais ces informations n'ont pas été définitivement confirmées. Il ne fait en revanche aucun doute, pour l'Onu, que le Rwanda est impliqué. L'Onu confirme aussi que l'armée rwandaise a massé près de 2 000 hommes à la frontière avec la RDC. Dans ce contexte, la Monuc veut muscler sa présence en RDC, mais les moyens manquent.

COMMENTAIRE : ainsi 400 militaires rwandais et quelques 4.000 hommes de troupe du CNDP suffiraient, selon l'ONU ici cité par RFI, pour mettre à genoux plus de 20.000 militaires des FARDC. Tant que la RDC aura besoin de béquilles onusiennes ou autres

Wait and See...

La rédaction


Posted: mercredi le 08 octobre 2008 at 04:19 PM
       

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