mardi le 22 avril 2008
Nouvelle offensive du FNL au Burundi
Entre la nuit de jeudi à vendredi, et ce, jusqu'au dimanche 20 avril, Bujumbura et ses environs, ainsi que quatre provinces de l'ouest du pays ont été la proie de combats entre le FNL et l'armée burundaise. Le Dimanche 20 avril 2008, l'AFP rapportait, selon des sources militaires burundaises, que le bilan des combats depuis l'offensive jeudi des Forces nationales de libération (FNL) s'est alourdi à 26 morts.
Rappelons que les négociations entre le gouvernement et ce mouvement rebelle sont dans l'impasse depuis plusieurs mois, et ce, en dépit de la médiation sud-africaine et des pressions internationales. Il faut reconnaître que les deux parties en présence (CNDD-FDD et FNL) ne montrent aucun signe de volonté politique d'en arriver à une solution pacifique, dans ce conflit armé qui remonte au final à 1993 et qui a fait plus de 300.000 morts. Soulignons aussi que les deux belligérants actuels étaient à l'époque des alliés qui combattaient ensemble contre une armée jugée monoethnique.
Bien qu'ayant été pendant quelques années des alliés de circonstance contre les gouvernements burundais successifs entre 1993 et 2003, les deux groupes se vouent une haine viscérale. Même pendant la période où ils combattaient tous les deux dans le maquis, jamais ils n'ont sérieusement songé à unifier leurs forces et à mener des opérations à partir d'un même territoire. Cet antagonisme remonte même à la création du CNDD-FDD en 1993, lors du départ des "radicaux" du FRODEBU qui à l'époque avaient fui au Zaïre après l'assassinat du président Ndadaye. Quant à lui, le FNL (PALIPEHUTU-FNL) a été créé dix ans plus tôt et a comme base les réfugiés burundais installés en Tanzanie. Ce pays soutient politiquement depuis longtemps ce mouvement rebelle. Le PALIPEHUTU se considère comme le véritable représentant des Hutus burundais qui ne s'est jamais "compromis" dans le partage du pouvoir avec les Tutsis. C'est pour cette raison qu'il n'a jamais accepté d'être inclus dans le processus de négociations d'Arusha, sur le même pied d'égalité que le FRODEBU et le CNDD-FDD. C'est essentiellement à cause de cet antécédent historique que les négociations en cours sont bloquées avec le gouvernement CNDD-FDD.
Rappelons que les négociations qui étaient en cours avaient pour but l'intégration du FNL dans les différentes institutions du pays. Mais le problème qui se pose tient au fait qu'on ne peut changer actuellement les quotas ethniques prévus par la constitution dans l'armée et l'administration publique, ni le nombre de sièges au parlement. Bref, on ne laissait d'autres choix au FNL que de s'intégrer dans la formule prévue par les Accords d'Arusha, alors qu'il avait rejeté ce processus. Un autre élément important qui explique ce blocage tient au fait que le FNL se considère comme le principal représentant du "peuple hutu" et s'imagine très mal, en conséquence comment il accepterait de rejoindre un gouvernement dirigé par Pierre Nkunrunziza du CNDD-FDD, dont il ne reconnaît pas le leadership ethnique.
Il y a sans doute trois raisons principales derrière la nouvelle offensive générale des FNL. Premièrement, le gouvernement en place de Pierre Nkurunziza est très affaibli et le FNL cherche par cette offensive militaire à soutirer davantage de concessions du régime. Deuxièmement, le mouvement rebelle cherche à démontrer au peuple burundais qu'il dispose encore d'une capacité militaire capable de faire vaciller le gouvernement et qu'il demeure donc un acteur qui compte dans le paysage politique burundais, surtout parce qu'il y a des élections qui se pointent à l'horizon. Troisièmement, le FNL dispose encore de soutiens politiques régionaux (Tanzanie et RDC) et n'a donc aucun intérêt à rejoindre le gouvernement chancelant de Bujumbura. Dans le contexte actuel, rejoindre le gouvernement signifierait la perte de son bras militaire dont il ne peut se passer dans la perspective des prochaines élections. En effet, il faut se souvenir que la victoire électorale du CNDD-FDD face au FRODEBU s'explique par le fait que le premier menaçait de retourner en brousse s'il était défait aux urnes. Les Burundais, las de la guerre, ont donc voté pour le CNDD-FDD. Le FNL entend sans doute faire de même dans deux ans pour assurer sa place au pouvoir.
Wait and See
La rédaction
On trouvera ici quelques liens utiles (qu'il faudra copier/coller dans la fenêtre de navigation de votre fureteur internet) vers des informations de sources burundaises et africaines :
http://www.burundi-quotidien.com/
http://www.arib.info/flash-info.htm
http://www.monde-diplomatique.fr/recherche?s=Burundi
http://www.reliefweb.int/rw/dbc.nsf/doc104?OpenForm&rc=1&cc=bdi
http://www.radiookapi.net/index.php?i=53&a=18223
http://www.radiookapi.net/index.php?i=53&a=18224
http://www.rfi.fr/actufr/articles/100/article_65176.asp
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