mardi le 15 avril 2008
Un avion s'écrase à Goma
Il s'agit du neuvième écrasement d'avion en RDC en moins d'un an. Hier, 150 membres du PARECO et du CNDP attendaient justement un avion pour s'envoler vers Kitona pour y être incorporé dans les FARDC au terme du processus de "brassage". Est-ce que ces derniers se trouvaient dans l'avion en question? Non. Il y aurait également des habitants du quarti, il s'agissai d'un vol commercial et non pas d'un vol nolisé par les FARDC qui utilisent souvent le Boing 737 d'Hewa Bora pour transporter des troupes depuis Kinshasa. Le feu aurait fait rage pendant un bon bout de temps et les secouristes ont dû attendre avant de pouvoir s'approcher de l'endroit où l'appareil s'était écrasé.
Photo publiée sur le site web de Radio Okapi
Un peu plus tard dans la journée, on apprenait sur le site web de Radio Okapi que 94 personnes se trouvaient à bord au moment du décollage. Un panne de moteur, suivie d'une crevaison et (peut-être) d'une erreur de pilotage serait à l'origine de la catastrophe. Le pilote a en effet apparemment tenté de freiner alors qu'il avait franchi le point de non retour en terme de vitesse acquise et de distance franchie sur la piste de l'aéroport. On sait qu'à cause de défaillances au niveau de ses mesures d'entretiens déficientes Hewa Bora, comme toutes les autres lignes aériennes congolaises, est interdite de vol en Europe.
La BBC rajoutait que le manque de véhicules et une grève des médecins à Goma ont initialement ralenti les secours et les soins aux victimes.
Au cours de la soirée (heure de Kinshasa), le député Antoine Ghonda affirmait sur les ondes de la chaîne américaine CNN International que l'avion qui transportait 84 passagers devait relier Kinshasa via Kisangani. Selon lui, 5 membres d'équipage et 10 passagers auraient survécu. Approximativement 75 personnes seraient décédées dans cette accident. Antoine Ghonda a également déclaré sur la chaîne CNN qu'un problème de moteur serait à l'origine de l'écrasement (et donc, ce ne serait pas l'éclatement d'un pneu qui serait responsable de l'accident). Évidemment, comme il était à Kinshasa on ne peut blâmer le député Ghonda d'avoir exagéré le nombre de victimes. Ce qu'on peut lui reprocher, par contre, à lui et à la plupart des politiciens congolais, c'est d'avoir voulu se mettre en vedette coûte que coûte. Il nous semble que le ministre des transport et/ou le directeur de la régie aérienne de Goma auraient dû être les interlocuteurs "naturels" des médias dans le cas présent.
Les informations concernant le nombre de victimes et les circonstances de l'accident sont donc demeurées contradictoires et très limitées. Une dépêche de l'AP, relayée par Google, laissait entendre qu'une soixantaine de passagers auraient survécu à l'accident, plutôt que les 15 personnes survivantes mentionnées ci-dessus par le député Antoine Ghonda. Par contre, on pouvait dès lors craindre un alourdissement du bilan des victimes au sol dans le marché achalandé du quartier populaire de Birere.
Rappelons que depuis la dernière éruption du Nyiragongo à Goma en janvier 2002, la piste de l'aéroport international a été amputée du tiers de sa longueur originale par une coulée de lave (voir aussi cette seconde photo avec le Lac Kivu visible en arrière plan). Ce qui fait que tous les réactés moyens porteurs en partance de Goma pour Kinshasa doivent décoller "léger" de cet aéroport avec des réservoirs à moitié vide. Ensuite, ils doivent faire une escale technique à Kisangani pour prendre le carburant nécessaire pour assurer la liaison avec Kinshasa. C'est donc dans le contexte d'une piste déjà trop courte que cet avion d'Hewa Bora s'est cassé la gueule en bout de piste, après le "flame-out" apparent d'un de ses réacteurs.
Finalement, on apprendra par l'entremise d'un porte parole d'Hewa Bora, Dirk Cramer, cité par l'Associated Press, que l'équipage avait réussi à sauver la majorité des (80) passagers avec l'aide de casques bleus de la MONUC. Les victimes semblent donc être majoritairement des gens du quartier de Birere qui ont été fauchés au sol.
On trouvera ici l'explication, plutôt confuse, de Mr Aleko Thomas, directeur de la RVA et commandant (sic) de l’aéroport international de Goma.
P. B.
Add this entry to: