Attentat à la grenade à Kigali


Selon l'agence de presse Reuters un policier de faction devant le musée du génocide rwandais à Gisozi a été tué aujourd'hui par l'explosion d'une grenade lancée par un assaillant non identifié.

Selon la police, un second policier a été grièvement blessé lors de l'attentat sur ce site mémorial où reposent les restes de quelque 250.000 Rwandais massacrés à et aux abords de la capitale au printemps 1994.

Selon L'AFP, Deux hommes armés de grenades, ont été repérés par des policiers à un barrage situé à proximité du mémorial où était organisée une veillée funèbre en mémoire des victimes du génocide. On trouvera ici la version de l'agence de presse africaine PANA.

Les policiers ont poursuivi les deux hommes dont l'un a lancé une grenade, tuant un des policiers. Les deux hommes ont réussi à s'enfuir mais un suspect a été appréhendé vendredi. "Nous avons appréhendé le premier suspect suite à une information livrée à la police par la population", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police. Selon Marcel Higiro, porte-parole de la police. "Il doit s'agir de l'un de ces extrémistes qui continuent de nourrir une idéologie génocidaire". 

"Cette attaque constitue une preuve d'une idéologie génocidaire qui persiste dans le pays", et "cela prouve que la sécurité des rescapés du génocide est toujours menacée", a déclaré à l'AFP Théodore Simburudali, président d'Ibuka (Souviens-toi), une des principales organisations des rescapés.

L'attentat survient alors que le Pays des mille collines marque le coup d'envoi, il y a 14 ans, du massacre de quelque 800.000 Tutsis et modérés hutus par des milices extrémistes hutues.

Le service web de BBC-Africa rapporte qu'un deuxième incident a eu lieu. Une voiture aurait foncé sur un cortège qui commémorait le 14e anniversaire du génocide. Une personne aurait trouvé la mort et de nombreuses autres auraient été blessées. Un homme a été arrêté sur les lieux de ce qui ressemble à un attentat commis à l'aide d'une voiture.

Un deuil officiel d'une semaine est actuellement en vigueur au Rwanda, avec la mise en berne des drapeaux et la fermeture des bars et autres lieux de divertissement. Cette période de deuil est critiquée par certains membres de la majorité hutue, qui y voit la volonté du pouvoir tutsi de cultiver un sentiment de culpabilité collective dirigée contre elle.

Le président Paul Kagame, estime nécessaire de prévenir toutes éventuelles représailles dans un pays où nombre de parents de victimes vivent aujourd'hui au milieu de leurs anciens bourreaux.

Sa politique de tolérance zéro envers tout discours susceptible de diviser un peu plus la nation rwandaise est à la fois applaudie pour ses vertus "cicatrisantes" des plaies du passé et critiquée par d'autres, qui y voient le signe d'une dérive autocratique de la part du chef de l'Etat.

Le musée du génocide de Gisozi est une étape obligée pour les hôtes de marque étrangers du Rwanda. Il y a quelques semaines, le président américain George W. Bush, y avait fait étape dans le cadre d'une tournée-éclair en Afrique.


À propos du 14e anniversaire du génocide rwandais voir : 

1958-2008 : 
Communiqué de Survie le 7 avril 2008


Posted: vendredi le 11 avril 2008 at 11:51 AM
       

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