Un conférence négationniste "très chaude", dixit Pierre Péan
31 mars 2008


Nous avons assisté hier à la conférence de ceux qu'on pourrait qualifier de négationnistes de l'heure du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. Comme nous l'avions prévu, la conférence intitulée "Les Médias et le Rwanda : la difficile recherche de la vérité" s'est transformée d'entrée de jeu en "rodéo" marqué par les hués des uns et les bravos des autres. On pourra d'ailleurs lire dans Golias la très pertinente description des altercations verbales entre ceux que Jean-Claude Ngabo appelle les "blanc menteurs" et les "noirs en fureur", qui représentaient la majorité de l'auditoire. 

La salle du Gésu était bondée et plusieurs personnes qui espéraient assister à la conférence ont dû faire le pied de grue dans l'entrée faute de places assises. Cette conférence, rappelons-le, était organisée par les communautés hutus rwandaise et burundaise ainsi que par les Congolais de Montréal. On comprendra donc que dès le départ la salle était polarisée entreTutsis et Hutus et leurs sympatisants respectifs. Il y avait très peu de visages blancs dans cette salle, contrairement au podium où les conférenciers et le modérateur affichaient peau blanche sans exception.


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Le théatre du Gésu, rue Bleury à Montréal, où, il y a peu de temps, Simone Veil était venu parler de son expérience de la Shoa lors du lancement par la Fondation Azrieli d'une nouvelle collection littéraire, recueils de témoignages de survivants du génocide des Juifs européens par les Nazis. Cette fois-ci, les propos qui y ont été tenus  dans l'auguste salle principale du Gésu étaient tout autre.

Les organisateurs avaient prévu la nature tendue de cette réunion, n'en déplaise à Pierre Péan qui s'est dit surpris que la conférence ait été "si chaude". En plus de leur propre service d'ordre, ils avaient demandé au service de police de Montréal d'assurer la sécurité des conférenciers et des lieux. Les mini-fourgonnettes de police identifiées "unité d'intervention" étaient  bien visibles dans le quadrilataire du centre-ville de Montréal entourant le théatre du Gésu, et des policiers étaient même déployés à l'arrière de la salle et dans l'atrium du théatre.

La première fausse note est venue du modérateur de l'événement, Normand Lester, journaliste d'enquête et pamphlétaire bien connu qui a voulu brosser un large tableau de l'état des lieux à propos du génocide des Tutsis rwandais (expression qu'il n'a cependant jamais utilisée, malgré les collibets de certaines personnes dans la salle l'enjoignant à le faire). M. Lester, plutôt que de jouer son rôle de modérateur, s'est transformé en quatrième conférencier et a surtout profité de cette tribune pour étaler son anglo-saxophobie bien connue du public. Selon Normand Lester, qui affirmait que cette conférence chercherait à "faire éclater la vérité", Bill Clinton aurait été le premier des négationnistes, lui qui avait interdit à Madeleine Albright, sa secrétaire d'État de l'époque, d'utiliser le terme génocide à la tribune de l'ONU au moment des événements de 1994 au Rwanda. On comprendra bien qu'en 2008, il est un peu facile, avec le recul, de faire ce genre d'amalgame entre l'inaction des USA et le génocide, en assimilant ce blocage du Conseil de sécurité de l'ONU avec un appui stratégique à Kagame et au FPR. Mais, cela ne tient pas compte du revirement fondamental de politique étrangère édictée par l'Exécutif étasunien au lendemain de la débâcle en 1993 des rangers et des forces spéciales US en Somalie. Lorsque survint le génocide rwandais, Bill Clinton aurait consulté les leaders démocrate et républicain de la chambre des représentants pour prendre le poulx des parlementaires sur la question d'une intervention éventuelle des États-Unis au Rwanda. La réponse fut non, car tant le sénateur Bob Dole et le président de la chambre Newt Gingrich considéraient une telle intervention comme trop risquée. Mais ça ce n'est pas l'histoire que M. Lester retient.

D'entrée de jeu, on a pu constater un changement de stratégie chez ces négationnistes. Probablement par crainte d'autres poursuites judiciaires (un procès attend Péan en septembre), les trois conférenciers présents ont eu recours à un stratagème consistant à éviter d'un côté de nier le génocide des Tutsis, mais en le niant (subtilement) de l'autre par l'affirmation de l'existence du génocide des Hutus au Rwanda et, par après, au Congo -- c'est la thèse bien connue du double génocide! On ne peut douter du génocide des Tutsis et des Hutus modérés au Rwanda en 1994 qui a fait, selon les chiffres les plus communément admis, entre 500.000 et 1.000.000 de morts. Comme dans toute guerre, il y a eu au Rwanda , entre 1990 et 1994 des victimes civiles à la suite de bavures militaires, de règlement de comptes, de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité. Mais, on ne peut pas assimiler les 30.000 à 50.000 victimes civiles qui sont attribuées à l'APR, selon diverses sources crédibles, à un génocide.

En projetant la version des faits du colonel belge Luc Marchal qui nous est apparu, en passant, tout aussi sonné que le général Dallaire, mais qui ne semble pas, lui, s'en être remis, et qui affirme que Kagame, en ordonnant le tir qui a abattu l'avion d'Habyarimana, serait responsable du déclenchement du génocide et donc, du sacrifice des "Tutsis de l'intérieur" on tente de transférer la responsabilité première du génocidede la faction "Power" du régime Habyarimana au FPR . Tout ça, toujours selon le colonel Luc Marchal, pour permettre à Kagame de prendre le pouvoir. Évidemment, on a jamais fait allusion à l'hypothèse mise de l'avant par Colette Braeckman, selon laquelle, le tir de missiles contre l'avion d'Habyarimana serait le fait de trois Français en uniformes belges (volés dans les hôtels de Kigali, peu de temps avant le 6 avril 1994). Jamais non plus a-t-on abordé la question du contrôle hermétique bien avant le 6 avril par la garde présidentielle de la colline de Masaka d'où sont partis les tirs de missiles, ni que Les habitants de la colline de Masaka, (...), sont abattus (HRW, Aucun témoin ne doit survivre, Le génocide au  Rwanda, Paris : Karthala1999, 215-217).

L'autre stratégie relevée dans le discours des conférenciers, c'est d'avoir substitué la théorie du complot Hema-Tutsi à celle du complot anglo-saxon (US et UK) pour la conquête du pré carré français en Afrique, grâce à un cheval de Troie  nommé Paul Kagame. Il y a lieu aussi de noter que tout ce qui est irréfutablement connu du génocide rwandais, par exemple à travers les écrits de Gérard Prunier, de Jean-Pierre Chrétien, de Colette Braeckman, du général Roméo Dallaire, le travail fait par la commission d'enquête de l'OUA (Maintenant UA), sans mentionner la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui créait le TPIR d'Arusha et la commission d'enquête du parlement belge et même la mission d'information du parlement français, est maintenant assimilé à "la version officielle du régime Kigali..." De l'autre côté on a bien compris qu'à force de mentir il en resterait bien quelque chose (dicton connu : mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose)

En ce qui concerne les exposés des trois conférenciers Robin Philpot, Pierre Péan et Jordi Palou-Loverdos, pour le premier il a passé son temps à reprendre des citations, hors contextes dans la plupart des cas, comme celle attribuée à Dallaire pour lui faire dire qu'il considère toujours l'écrasement de l'avion d'Habyarimana  comme un "accident". On sait que dans la version française de son livre, J'ai serré la main du diable, Dallaire raconte qu'on lui a téléphoné pour lui dire qu' «Une explosion s'est produite à l'aéroport de Kigali» (Dallaire, 2003:289). Dans les pages suivantes (:312) il raconte que le major-général Augustin Ndindiliyimana qui commandait la gendarmerie lui a dit à la fin d'une encontre avec des officies supérieurs des FAR que la «RTML avait diffusé une information disant que les Belges avait (sic) abattu l'avion présidentiel.» Bref, jamais le général Dallaire n'utilise le mot "accident" en rapport avec les événements du 6 avril 1994. Ou bien Robin Philpot n'a pas lu attentivement le livre de Dallaire, ou alors il brode une fantaisie morbide. Nous rappellerons aussi à M. Philpot et à ses collègues négationnistes les paroles que le général-major Augustin Bizimungu tint à Dallaire au cours du mois d'avril 1994 lorsqu'il annonce qu'Il n'aimait pas que la machine de propagande du FPR manipule les médias et la presse internationale, et que l'armée gouvernementale (FAR) et le gouvernement par intérim passent pour des méchants. Pourquoi n'était-il pas capable (NDLR Obsac : lui, Bizimungu) d'avoir une personne qualifié pour rapporter les horribles massacres perpétrés par le FPR derrière ses lignes, tout spécialement celui de toutes les familles des officiers de l'AGR (NDLR Obsac : dans le livre de Dallaire le sigle AGR désigne les FAR) dans la région de Byumba, y compris celle du ministre de la Défense? Bizimungu voulait être interviewé le plus vite possible, prétendant qu'il avait beaucoup à dire.» Et le général Dallaire poursuit dans une parenthèse : «(En fait, le lendemain, j'ai emmené des représentants des médias assister à une réunion, mais il (Bizimungu) s'est montré sous le jour d'un faucon et d'un seigneur de la guerre, et non comme une source d'information fiable. Il ne pouvait pas vraiment modifier l'opinion publique quant à savoir qui étaient les «bons» et les «méchants» dans cette affaire.)» On peut donc constater que depuis le tout début la stratégie n'a pas changé. Faute de trouver des interlocuteurs crédibles dans les rangs des génocidaires eux-même, on a tout simplement changé l'identité des messagers, maintenant majoritairement blancs et francophones...

Pour ce qui est de Pierre Péan, il a affirmé que son enquête, qui a conclu à l'impliquation du FPR dans la mort du président Habyarimana, reposait sur des informations recueillies dans les archives de François Mitterand à l'Élysée. On sait d'une part que le président Mitterand était le parrain et principal soutien de Juvénal Habyarimana dans sa lutte contre le FPR et, d'autre part, que les informations utilisées par Péan sortent directement des classeurs de la DGSE, notamment de la Division action éminemment présente sur le terrain au Rwanda pour contrer l'avancée du FPR. C'est un peu comme si Péan avait demandé à George Bush en 2003 de lui remettre les rapports de renseignement (de la CIA, de la DIA, de la NSA, etc.) prouvant que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive. Qu'est-ce que vous pensez qu'on lui aurait remis : des fabrications et des manipulations. C'est exactement la même chose que Péan est allé chercher à l'Élysée : un argumentaire justifiant d'une part l'appui de la France à Habyarimana et, d'autre part, des faits présentant le FPR comme étant les "Khmers noirs" de l'Afrique. 

D'ailleurs, Péan traitait déjà le FPR de ce sobriquet inventé par les militaires français au Rwanda dans un topo qu'il avait écrit dans le Vrai papier journal en octobre 2000. Intitulé "Bruguière traque le président rwandais", Péan, dans un salmigondis de grossièretés, annonçait pêle-mêle dans cet article l'accélération (sic) de l'enquête du juge Bruguière, et affirmait que Kagame et Museveni voulait s'emparer, à terme, du pétrole gabonais et que Laurent-Désiré Kabila n'était rien de moins que le principal opposant de Mobutu (re-sic). Le principal opposant de Mobutu était bel et bien Étienne Tshisekedi, Kabila n'était qu'un petit trafiquant d'or et un commerçant de poisson entre Kigoma et Dar-es-Salaam, et la conquête du pétrole gabonais par Kagame et Museveni c'est encore et toujours le complot Hema-Tutsi, sans oser le dire.


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Pierre Péan debout au lutrin pendant son "exposé"

On notera au passage que Pierre Péan a tenté de s'attirer la sympatie de la foule en affirmant être celui qui a sauvé, par des coups de fils bien placés, les cinq enfants d'Agathe Uwilingiyimana en avril 1994, que le stress causé par les menaces, suite de la publication de Noirs fureurs, Blanc menteurs, l'a conduit à l'hôpital avec un infarctus du myocarde et que sa fille a dû passer son examen de Bac sous la protection de la police, etc. etc. C'est bien connu, les français sont comme ça, n'arrêtent pas de vouloir se faire plaindre. C'est un trait culturel, particulièrement chez les parisiens. De plus, l'Obsac aimerait faire remarquer que les 4 enfants d'Agathe Uwilingiyimana ont été évacué de l'édifice du PNUD à Kigali vers l'hôtel Mille colline par un observateur sénégalais de la MINUAR, le capitaine Diagne Mbaye (Dallaire, 2003:317-318). Se peut-il que Péan ait facilité leur évacuation par l'Opération Amaryllis? C'est possible. Mais sans le courage du capitaine Mbaye qui a évacué les quatre enfants de Mme Agathe vers l'hôtel des Mille Collines, en les cachant sous une pile de vêtements dans sa voiture pour les mettre en sécurité, le coup de fil et les contacts à l'Élysée de Péan n'auraient servi à rien.

En ce qui a trait à l'avocat espagnol Jordi Palou-Loverdos, son exposé a décrit l'installation à Barcelone d'un juge d'instruction espagnol dont le bureau a commencé à recueillir de l'information sur les crimes commis par le FPR au Rwanda et au Congo-Kinshasa. On notera que les informations proviennent en grande partie des mêmes sources utilisées par Bruguière et Péan. Le procureur espagnol qui mène cette enquête, allègue dans le préambule du document qui constitue le fondement sur lequel ont été émis les mandats contre 40 officiers supérieurs de l'Armée rwandaise, que dès la fin des années 1980, Kagame et Museveni s'étaient entendus pour tuer le plus grand nombre possible de Hutus et pour conquérir l'ensemble du Congo-Kinshasa. En d'autres mots, il s'agit, encore une fois, d'un complot Hema-Tutsi qui refuse de dire son nom. Soulignons ici que le juge espagnol n'a jamais mené de commission rogatoire au Rwanda, ni même mené d'enquête sur le terrain avant de lancer les mandats d'arrêt internationaux en question.

Au cours de la scéance de questions, M. Palou-Loverdos, en réponse à la question de savoir justement pourquoi le juge espagnol n'avait pas mené de commission rogatoire au Rwanda, a répondu qu'il s'agissait d'une enquête ouverte (sic). Nous ne croyions pas que la justice canadienne, britannique ou même américaine lanceraient des mandats d'arrêt avant qu'une enquête soit terminée, quand même! Il faut dire qu'en Espagne, on a pas encore terminé de digérer l'héritage du franquisme et de son catholicisme consort. Il faut dire également que dans ce pays un simple juge peut bannir arbitrairement un parti politique indépendantiste (basque, en l'occurence et qui existait depuis les années trente -- si, si, ça s'est fait récemment!). L'Obsac se demande ce qu'en pense l'indépendantiste Robin Philpot? Bref, la justice espagnole est peut-être encore teintée par un relent moyenâgeux de l'Inquisition.

Au terme de ce rodéo négationniste, et au-delà de l'insulte à la mémoire des victimes, il y a un manque flagrant de respect envers les États africains. Avec des dossiers judiciaires d'une si piètre qualité et à forts relents politiques, la France et l'Espagne se permettent d'émettre des mandats d'arrestation internationaux qui ciblent des officiers supérieurs des Forces de défense du Rwanda. Il y a là une arrogance néocolonialiste où la politique de la canonière à été remplacée par celle du mandat d'arrêt. Par chance le ridicule ne tue pas, car les mandats de Bruguière sont royalement ignorés par tous les pays du monde, comme ce sera le cas des mandats espagnols. On peut se demander si de telles accusations, aussi mal ficelées et documentées que celles-là, pourraient être lancées contre des officiers supérieurs d'un pays occidental par des pays africains ou asiatiques. L'Obsac en doute. Mais soulignons que les militaires occidentaux (USA au premier chef) ont commis et commettent encore beaucoup de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité dans les pays en développement (ex : Iraq, Afghanistan et Somalie aujourd'hui, l'Algérie, Madagascar, Cameroun pendant la période des indépendances, Vietnam, etc., etc.). Ce n'est pas pour rien que les USA ont refusé d'adhérer à la convention créant la CPI.

Comme le faisait remarquer André Joyal et Luc-Normand Tellier dans un article d'opinion publié dans le journal Le Devoir où ils démontaient l'argumentaire de Philpot : 

Toute chose a nécessairement une origine ou une cause. Le général Dallaire, le premier, reconnaît que, sans l'invasion des forces du FPR quelques années avant le génocide et sans l'attentat contre l'avion du président, le génocide n'aurait pas eu lieu. On peut tout aussi bien dire que l'avènement au pouvoir d'Hitler, l'holocauste et la Seconde guerre mondiale n'auraient pas eu lieu si le traité de Versailles de 1918 n'avait pas été si revanchard à l'endroit de l'Allemagne... M. Philpot part de ce type de constatation pour insinuer que les vrais responsables des massacres rwandais sont les dirigeants du FPR et non les criminels qui les ont perpétrés. Autant dire que le responsable de l'holocauste n'est pas Hitler, mais bien Clémenceau et ceux qui ont imposé le traité de Versailles...

Bref, cette théorie du double génocide est une façon vicieuse de nier le génocide des Tutsis rwandais en 1994. 

Prenons un autre conflit, autrement plus meurtrier comme exemple de dynamique post-conflictuelle. Il est certain que personne au sein des forces alliées n'aurait permis que des Allemands évoquent la thèse d'un double génocide (équivalent) qui aurait eu lieu pendant la deuxième guerre mondiale : celui des juifs dans les camps de la mort et celui des populations civiles allemandes décimées sous les bombes incendiaires des bombardiers stratégiques britanniques et américains. Ce n'est qu'aujourd'hui, dans un livre comme Der Brandt (Le feu), qu'un historien allemand respecté, Jörg Friedrich, qui a passé la plus grande partie de sa carrière d'universitaire à décrire les horreurs des camps de la mort et à démonter les rouages du régime nazi, s'est finalement permis d'écrire un ouvrage où il souligne la nature criminelle du bombardement incendiaire de Dresde et de l'ensemble de la campagne de bombardement stratégique contre les populations des villes allemandes. 

Ces crimes-là sont d'un tout autre ordre de grandeur par rapport à ceux du FPR. Plus de  60 ans et 2, sinon 3 générations d'Allemands nous séparent des événements de la deuxième guerre mondiale. Au Rwanda à peine 14 ans se sont écoulés. Il faut aujourd'hui travailler sur la mémoire du génocide et la douleur de toutes les victimes, pour que leurs enfants et leurs petits enfants soient un jour capables d'écrire l'histoire de cette période en toute honnêteté, à travers ce "choc des idées" évoqué par M. Lester. Après avoir rencontré au Rwanda en 2003 des survivants et des personnes nouvellement libérées qui devaient être jugées par les tribunaux Gacaca, il nous a semblé évident que le Rwanda avait encore un long bout de chemin à parcourir avant de guérir les plaies encore béantes laissées par les événements de 1994.

Des conférences comme celle-ci, qui prétendent "rechercher" la vérité, ne font en fait que jeter de l'huile sur le feu. Le feu de la haine n'est plus attisé ici par Kangura ou par la RTLM, il l'est par des Blancs (menteurs) qui ont décidé de communiquer "leur vérité".

La rédaction


Posted: dimanche le 30 mars 2008 at 09:40 PM
       

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