Rodéo révisionniste à Montréal


 Au théatre du Gésu le 29 mars prochain à 13 h30, aura lieu une conférence qui sera modérée par Normand Lester, anciennement de Radio-Canada, co-auteur avec Philpot d'un ouvrage sur le scandale des commandites impliquant des fonctionnaires et des proches du parti libéral du Canada. On les félicitent d'ailleurs pour cet ouvrage, mais pas pour les deux livres de M. Philpot sur les "massacres" rwandais de 1994 (sic).

Selon le communiqué publié par CNW Telbec la conférence est organisée (une semaine avant le 14e anniversaire du génocide rwandais, le 6 avril) par Les Editions les Intouchables en collaboration avec des ressortissants des communautés de la région des Grands Lacs africains. (qui eux organisent une autre conférence intitulée, Les conséquences du conflit Rwandais en République démocratique du Congo et les violations des droits humains). Selon nous, il se pourrait bien que ces deux salles soient clairement divisées en deux camps bien définis. De la houle il y aura... Ou alors ce sera un rodéo!

Seront donc réunis, dans un premier temps, sur le plateau du célèbre théatre montréalais :


  • Pierre Péan, écrivain et journaliste enquêteur français, auteur du livre Noires fureurs, blancs menteurs et de plus de 20 livres importants
  • Jordi Palou-Loverdos, avocat espagnol du Forum international pour la Vérité et la Justice en Afrique des Grands Lacs, organisme à l'origine de la plainte ayant abouti aux 40 mandats d'arrêts (récemment émis par la justice espagnol) contre d'actuels et d'anciens dirigeants du Rwanda
  • Peter Verlinden, journaliste de la VRT télévision belge (en néerlandais), spécialisé depuis 1992 dans la région de l'Afrique des Grands Lacs et auteur d'un livre sur le Québec en néerlandais.
  • Robin Philpot, écrivain québécois, auteur de deux livres sur le Rwanda.

Ça c'est le communiqué officiel. Ce qu'on ni retrouve pas c'est Philpot, candidat défait du Parti Québécois aux dernières élections provinciales qui a du faire face, à son corp défendant, à ses propres écrits sur le génocide rwandais pendant la dernière campagne électoral au Québec. On ne dit pas non plus que Pierre Péan est spécialisé dans l'allumage de contre-feux, entre autres grâce à ses contacts dans certaines officines française de droite. En ce qui concerne Jordi Palou-Loverdos, on pourrait le qualifier de militant espagnol d'une nouvelle sainte inquisition, dont la lubie principale est le complot Hema-Tutsi, dans sa version juridico-ibérico-parano et Peter Verlinden, un journaliste dont on a pas beaucoup entendu parler de ce côté-ci de l'Atlantique (remarquez qu'en Belgique on ne doit pas tellement connaître Normand Lester...)


L'agence Presse Canadienne résume assez justement la chose dans le texte suivant :


MONTREAL - Des auteurs accusés de minimiser l'importance du génocide au Rwanda et d'en nier l'existence présenteront leur version des événements dans le cadre d'une conférence à Montréal, à la fin du mois, tout juste avant le 14e anniversaire des massacres.


Un spécialiste des droits de la personne et survivant du génocide affirme que cette conférence est une insulte, tant en raison de la date choisie pour sa présentation que parce qu'elle vise à minimiser la souffrance des Rwandais de l'ethnie des Tutsis.


"Pour les survivants et les victimes, je trouve inacceptable de nier la réalité", a déclaré Callixte Kabayiza, président de l'Association des parents et amis des victimes du génocide au Rwanda.


M. Kabayiza, résidant de Montréal qui a fui le pays africain alors que les massacres y avaient lieu, a affirmé que la conférence semblait avoir été organisée pour voler la vedette aux événements prévus afin de souligner la mémoire des victimes.


Intitulée "Les médias et le Rwanda: la difficile recherche de la vérité", la conférence aura lieu le 29 mars.


Quatre hommes qui mettent en doute la version officielle du génocide rwandais doivent alors prendre la parole.


La conférence débutera alors que les Rwandais se préparent à souligner le 14e anniversaire du génocide d'une durée de 100 jours dans le cadre duquel des milices appuyées par les Hutus ont procédé au massacre de Tutsis et de Hutus modérés, en 1994, tuant entre 800 000 et un million de Rwandais.


L'auteur et journaliste français Pierre Péan, l'avocat espagnol Jordi Palou-Loverdos, le journaliste belge Peter Verlinden et l'auteur canadien Robin Philpot doivent tous prendre part à la conférence.


Pierre Péan et son éditeur font face à des accusations de diffamation raciale et de provocation en France en raison de la publication en 2005 d'un ouvrage sur le génocide rwandais.


Dans son livre, ayant pour titre "Noires fureurs, Blancs menteurs", Pierre Péan avance que les Tutsis ont orchestré un contre-génocide de Hutus. La majeure partie de la communauté internationale a depuis longtemps accepté la version voulant que les Tutsis aient été la cible principale des massacres.


Peter Verlinden s'est quant à lui s'est vu refuser un visa de visiteur par le Rwanda, le gouvernement de ce pays estimant qu'il a nié l'existence du génocide dans ses reportages télévisés.


Quant à Robin Philpot, qui est l'auteur de quelques ouvrages sur le Rwanda, dont l'un s'intitule "Ça ne s'est pas passé comme ça à Kigali", il estime qu'il est très important, étant donné l'ampleur des massacres, d'en discuter.


M. Philpot, qui a été candidat du Parti québécois en 2007, rejette l'accusation selon laquelle il ait nié qu'un holocauste ait eu lieu au Rwanda, mais il considère que la version officielle des événements est mensongère.


"Je n'ai pas nié que des crimes aient été perpétrés", mais les massacres ont été le fait de toutes les parties, dit-il.


L'éditeur de M. Philpot, Les Editions les Intouchables, est l'un des organisateurs de la conférence. (fin de la dépêche PC)


On sait que Robin Philpot, un peu coïncé par un article du journal La Presse et par un reportage de Radio-Canada, avait fini par marmonner du bout des lèvres qu'il n'avait jamais nié le génocide rwandais. M. Philpot a un joli coup de patins, mais on sentait bien que c'était pour la galerie et qu'il lui fallait contrôler les dommages causés à sa campagne électorale et l'ombre qu'il jetait sur son parti. Un souverainiste qui avait porté plainte contre La Presse et Radio-Canada avait été débouté par le Conseil de Presse du Québec.


Tout ça pour vous dire qu'on se verra au Gésu (et le lendemain au 66 René-Lévesque), si on a rien d'autre à faire ces deux jours-là.


Pierre Bigras


Posted: jeudi le 13 mars 2008 at 09:58 AM
       

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