Défait aux urnes, Kibaki s'arroge la victoire par la violence


Le président sortant Mwai Kibaki refuse de reconnaître sa défaite électorale et après avoir exercé des pressions sur la commission électorale, a fait publier des résultats qui sont maintenant dénoncés par à peu près tous les observateurs internationaux. Même les États-Unis sont revenus sur leur déclaration initiale de félicitations au président sortant. Son opposant Raila Odinga refuse de reconnaître la victoire de Kibaki et menace d'organiser une marche d'un million de personnes demain à Nairobi. Les derniers rapports font état de plus de 300 morts dans les affrontements entre les forces de l'ordre et les partisants de Raila Odinga. Ces lendemains électoraux catastrophiques ont des répercussions sur les pays voisins qui sont privés de l'acheminement normal des marchandises et en particuliers des produits pétroliers à partir du port de Mombasa. Mercredi à Kampala, les stations d'essence étaient déjà à sec. Au Burundi, la pénurie se fait également sentir et l'aéroport international de Bujumbura est presque à court de kérosène pour avion. Comme les approvisionnement de la Monuc proviennent aussi de Mombasa, on peut s'attendre à un ralentissement des vols d'hélicoptères  et de déplacement de blindés. On peut même se demander, si la situation perdure au Kénya, si la date du 6 janvier pour la conférence de paix de Goma, ne pourrait pas à nouveau être repoussée... faute de carburant!

P. B.

Voir aussi The Standard : Save our beloved country. Un urgent appel pour sauver les meubles.
The Daily Nation lance lui aussi un appel sous le même titre : Save our beloved country
La description d'un journaliste du quotidien britannique 
The Guardian ne laisse rien à l'imagination. Si on est pas au bord du génocide, on nage déjà en plein nettoyage ethnique.
Deux textes de Gérard Prunier, 
le premier qui remonte à 1997 dans Le Monde Diplomatique et le second publié récemment dans Libération décrivent de manière très juste la dynamique politique et économique sous-jacente à l'explosion de violence après la fraude électorale des présidentielles de décembre.


Posted: mercredi le 02 janvier 2008 at 03:29 PM
       

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