Kouchner au Rwanda. Démentis sous forme de témoignage.
Ce
lundi 28 janvier 2008 plusieurs journaux font état de la visite
du ministre des affaires français au Rwanda. Bernard
Kouchner parle de la <<faute politique>> de son pays. Je ne
suis pas d'accord avec de point de vue. Voici pourquoi.
Le
mardi 19 juillet 1994 de 8h30 à 10h30 je me trouvais sur
la base militaire française de Kavumu (côté
Zairois du lac Kivu). J'ai observé plusieurs rotations
d'hélicoptère Super Puma. En descendaient des commandos
armés de pistolets-mitrailleurs Heckler & Kock
équipé de modérateur de son (silencieux) et
de fusils d'assaut (type M16 à canon lourd) avec lunette
(de la marque ACOG 1 x 4 ou d'une autre marque semblable)
et de lance-grenades de 40mm. Ces commandos, sans insignes, qui
rentraient avaient une barbe de 2 ou 3 jours, leurs
cartouchières étaient en partie vide. Ils rentraient du
combat. D’autre commando pareillement équipé
ont traversés - devant moi - le tarmac au pas de
gymnastique pour embarquer. Il partait au combat au Rwanda (vu la
direction prise par les hélico.)
Vers 10H00, je
suis parti en compagnie de 3 de ces commandos à bord d'un
Super Puma. J'ai atterri environ 20mn plus tard sur la base de Kamembe
au Rwanda (Zone Turquoise à côté de Cyangugu). J'ai
attendu environ une heure avant de quitter la base avec un
détachement du 2ème REI (Légion
étrangère) de 14 hommes commandé par le capitaine
X . Alors que nous roulions lentement le long de la piste
d'aviation en plein coeur de cette base française
entourée de barbelés, de nids de mitrailleuses, de
positions de mortiers, etc... nous sommes passées a
côté de six cadavres hommes, femmes, enfants. Le
sang suintait encore de larges blessures, à la gorge
notamment. Les flaques de sang par terre n'étaient pas
sèches. Le petit convois dans lequel j'avais pris place (3
véhicules, je me trouvais à l'arrière d'une jeep
P4), n'a pas ralenti, pas de remarques du chauffeur ou du capitaine X
qui commandait le détachement et qui était assis devant
moi. Une fois en dehors de la base, à
proximité et plus loin aussi, j'ai vu à
plusieurs reprises des cadavres (frais ou en
décomposition) sur et en bordures de route. L'armée
française avait accepté ''d'extraire'' des membres de ma
belle famille qui se trouvait survivre à Nyarushishi (un camp).
Nous ne sommes pas allés au camp car le capitaine X m'a
dit que ses véhicules armés de mitrailleuses (en calibre
7.62 mm et 12.7 mm) devait aller en appui feu de militaires
français en opération dans les environs.
Je
conclus de ces faits, que j'ai personnellement vécu sur le
terrain, que : Un mois après le déclenchement de la
pseudo opération humanitaire Turquoise, l'armée
française menait de nombreuses opérations de
commando à l'intérieur du Rwanda. Ces commandos
étaient équipés d'armes de ''coup de main'' faites
pour tuer discrètement des personnes. L'armée
française tuait même à l'intérieur de sa
base de Kamembe. (Vu la maigreur, la pauvreté et la
saleté des cadavres encore chauds que j'ai vus, il s'agissait
très certainement de Tutsi qui avait réussi à
survivre, jusque là, à plusieurs mois de
génocide). Des massacres se déroulaient à
proximité de la base française de Kamembe.
Malgré les besoins criant je n'ai vu aucun stock
d'approvisionnement pour des civils, ni moyen de transport, ni
distribution de vivres ou d'autres approvisionnements
humanitaires.
Lors d'un voyage ultérieur dans la
région je me suis trouvé dans l'avion avec un
monsieur qui était colonel dans l'armée belge. Je luis ai
demandé pourquoi l'armée française s'était
impliquée en tuant directement de nombreux Tutsi? Il m'a
répondu que le Rwanda était la première
défaite de l'armée française en Afrique depuis la
fin de la décolonisation et que pour ce qui concernait les
massacres dont j'avais été témoins les
Français passaient leurs ''nerfs'' (De nombreuses jeunes femmes
rwandaises ont servi d'esclaves sexuelles aux soldats et officiers
français de Turquoise. Peu ont survécu pour en
témoigner (témoignage indirect).
Les
affirmations du ministre des affaires étrangères
français sont mensongères. L'armée
française a commis de nombreux crimes au Rwanda. J'en
été personnellement témoin sur le terrain en 1994.
La France n'a pas commise une faute politique au Rwanda en 1994.
La France a mené au Rwanda de 1990 à 1994 une guerre
très importante stratégiquement (Il y a au Rwanda, les
sources du Nil et du Congo, du pétrole et du gaz (hydrocarbure
présent également dans les pays voisins) des nappes d'eau
fossile comme dans le Sahara, sans parler des véritables mines
d'or et de divers autre minerais présent au Congo voisin. Ce
petit pays est facilement contrôlable (bien plus que le Kenya).
C'est une base stratégique de première importance.
L'armée francaise a perdu cette guerre. Cette guerre c'est
déroulée au vu, au su et au détriment de tout un
peuple. Elle est faussement considérée comme
secrète pour deux raisons. Car les officiels français ont
toujours nié l'avoir menée, même quand elle se
déroulait sur le terrain. Secondement, la presse ne fait pas son
travail d'information et entretien un écran de fumée sur
ces faits. (On peut légitimement ce demander si nous vivons
encore sous le régime de la liberté des journalistes de
publier et commenter la réalité de l'actualité.
C'est plutôt un régime de liberté
éditoriale. Editeurs qui sont tous peu ou prou lié au
complexe militaro-industriel qui est le véritable commanditaire
de cette guerre.)
Pour terminer il faut que je rapporte un autre
témoignage (indirect celui-là). Avant ma
déposition devant la commissions Mucyo, je suis retourné
à Kamembe (aéroport de Cyangugu) avec des officiels
rwandais. Un autre témoin nous a montrés une sorte
de piscine qui devait être initialement une réserve d'eau
pour la défense incendie. Il nous dit que les français
jetaient des Tutsi dans la sorte de piscine les mains attachées
dans le dos (Elle était vide, sans eau). Après 24 ou 48
heures quant il y en avait trop, il les mettait dans un
hélicoptère et allait les jeter dans le lac Kivu (Une
fois la nuit tombée.). Il y avait des Rwandais occupant des
fonctions officielles importantes, nous étions
littéralement pétrifiés. Je n'ai absolument aucun
doute quant à la véracité du
témoignage. D'autres faits semblables (des Tutsi
jetés depuis des hélicoptères militaires
français) m'ont également été
rapporté lorsque je me trouvais au Rwanda en juin 2007. Ils se
sont déroulés au dessus de la forêt de Nyungwe.
En
rapport avec ces événements M. Kouchner dit :
<<J’y étais>>. Il y était pour faire
quoi ? Le général Dallaire, commandant des forces de
l’ONU au Rwanda - dans son livre ‘’J’ai
serré la main du diable’’ - nous apprends que
M. Kouchner n’avait rien compris à la situation.
Qu’il se préoccupait d’obtenir un cessez-le-feu, ce
qui aurait offert un champ encore plus large aux tueurs pour accomplir
le génocide. Et ça ce n'est pas moi qui le dit mais le
général Roméo Dallaire.