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Selon
l'AFP l'écrivain Pierre Péan et l'éditeur de son
ouvrage consacré au Rwanda, "Noires fureurs", ont
été renvoyés devant le tribunal correctionnel de
Paris pour diffamation et provocation à la haine raciale.
La publication en novembre 2005 de cet ouvrage consacré au
Rwanda entre 1990 et 1994 avait entraîné en octobre 2006
le dépôt d'une plainte avec constitution de partie civile
de SOS Racisme pour "diffamation et incitation à la haine
raciale".
M. Péan est renvoyé devant le tribunal pour "complicité de diffamation raciale", dans 13 passages du livre, et "complicité
de provocation à la discrimination, à la violence et
à la haine raciale à l'égard d'un groupe de
personnes à raison de leur appartenance à une ethnie, en
l'espèce les Tutsis", dans 12 autres passages, selon l'ordonnance de renvoi, datée du 3 décembre, cité par l'AFP.
Claude Durand, PDG de Fayard, est quant à lui renvoyé en tant qu'éditeur de l'ouvrage.
Pour le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, le livre "reprend
de fait des présupposés de l'idéologie
génocidaire qui a conduit au drame des Tutsis essentiellement au
Rwanda".
La justice reproche notamment à Pierre Péan de reprendre
dans son ouvrage les accusations assurant que les Tutsis recourent
systématiquement au "mensonge" et à la "dissimulation".
Un des passages du livre visés par la plainte stipule ainsi que la "formation
au mensonge (des Tutsis) était observée par les premiers
Européens qui ont eu un contact prolongé avec les Tutsis".
Pierre Péan n'a pu être immédiatement joint par l'AFP.
Commentaires de l'Obsac
Avec ces accusations devant le tribunal correctionnel de Paris, Pierre
Péan se retrouve là où ses amis des services ne se
retrouvent pas. Le messager devra maintenant affronter le principe de
réalité et quitter son monde de fabulation raciste, au
risque d'alourdir la sévérité du verdict de la
justice.
Ce procès ne passera pas inaperçu, en fait il aura lieu
sous la haute surveillance des parties civiles, de groupes citoyens
comme Survie et de certains médias alternatifs, dont l'Obsac.
P. B.
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