Volume 11, Numéro 1 du 1er janvier au 31 mars 2008
NÉGATIONNISTES
Noires fureurs : Pierre Péan et son éditeur renvoyés devant le tribuna
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3 janvier 2008

Selon l'AFP l'écrivain Pierre Péan et l'éditeur de son ouvrage consacré au Rwanda, "Noires fureurs", ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris pour diffamation et provocation à la haine raciale.

La publication en novembre 2005 de cet ouvrage consacré au Rwanda entre 1990 et 1994 avait entraîné en octobre 2006 le dépôt d'une plainte avec constitution de partie civile de SOS Racisme pour "diffamation et incitation à la haine raciale".

M. Péan est renvoyé devant le tribunal pour "complicité de diffamation raciale", dans 13 passages du livre, et "complicité de provocation à la discrimination, à la violence et à la haine raciale à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une ethnie, en l'espèce les Tutsis", dans 12 autres passages, selon l'ordonnance de renvoi, datée du 3 décembre, cité par l'AFP.

Claude Durand, PDG de Fayard, est quant à lui renvoyé en tant qu'éditeur de l'ouvrage.

Pour le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, le livre "reprend de fait des présupposés de l'idéologie génocidaire qui a conduit au drame des Tutsis essentiellement au Rwanda".

La justice reproche notamment à Pierre Péan de reprendre dans son ouvrage les accusations assurant que les Tutsis recourent systématiquement au "mensonge" et à la "dissimulation".

Un des passages du livre visés par la plainte stipule ainsi que la "formation au mensonge (des Tutsis) était observée par les premiers Européens qui ont eu un contact prolongé avec les Tutsis".

Pierre Péan n'a pu être immédiatement joint par l'AFP.

Commentaires de l'Obsac
Avec ces accusations devant le tribunal correctionnel de Paris, Pierre Péan se retrouve là où ses amis des services ne se retrouvent pas. Le messager devra maintenant affronter le principe de réalité et quitter son monde de fabulation raciste, au risque d'alourdir la sévérité du verdict de la justice.

Ce procès ne passera pas inaperçu, en fait il aura lieu sous la haute surveillance des parties civiles, de groupes citoyens comme Survie et de certains médias alternatifs, dont l'Obsac.

P. B.